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Les généraux Aussaresses et MassuLes militaires impliqués dans l'assassinat de Maurice Audin et de bien d'autres
Les généraux Aussaresses et MassuLes militaires impliqués dans l'assassinat de Maurice Audin et de bien d'autres

Les généraux Aussaresses et MassuLes militaires impliqués dans l'assassinat de Maurice Audin et de bien d'autres

UN PEU D'HISTOIRE...

Comme prévu, la décision - justifiée - d'Emmanuel Macron a fait la Une de tous les médias. Acte de courage politique ? Certes, mais la repentance présidentielle n'affecte en rien sa propre responsabilité, les faits incriminés datant de plus de soixante ans. Il n'a fait que lever en partie le voile pudique tendu depuis les événements sur les responsabilités des gouvernements précédant le sien. Nous ne bouderons pas pourtant le geste du locataire de l'Elysée que ses prédécesseurs n'avaient pas fait. 

Cependant, il reste des zones d'ombre dans ce drame.

Quelles sont ces autorités qui à l'époque, ont  décrété les fameux 'pouvoirs spéciaux" qui ont permis de couvrir officiellement les crimes légalisés, telle la torture généralisée, les villages brûlés au napalm, les représailles de masse contre la population civile ?

L'armée avait 'carte blanche', mais qui lui adonnée ?

Mars 1956

  • le Gouvernement du socialiste Guy Mollet demande et obtient le vote* des pouvoirs spéciaux : « Le gouvernement disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire ».
  •  
  • * Y compris des députés communistes, ceux-ci croyant par leur vote, permettre la négociation avec le FLN, comme l'avait promis Guy Mollet lors de la campagne  électorale, précédant les élections du 2 janvier 1956.
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  • France : le président du Conseil, Guy Mollet cosigne avec le ministre de la Défense, Bourgès-Maunoury, celui de la Justice, François Mitterrand, et socialiste Robert Lacoste — gouverneur général de l'Algérie — un décret relatif à l'application de la justice militaire en Algérie. Ce décret donne les pleins pouvoirs à l'armée, qui va pouvoir utiliser la torture à large échelle contre tous ceux qu'elle soupçonne d'aider le FLN. 250 000 hommes supplémentaires sont envoyés en Algérie afin d'assurer le « quadrillage » de la population que Robert Lacoste réclamait depuis son arrivée en Algérie.

Reste le crime dont a été victime Maurice Audin, le nom de ses donneurs d'ordre et celui des exécutants. Certes, ils ne sont plus de ce monde, mais faut-il pour autant continuer à en faire, tel le général Massu,  des héros ?

 Selon L'Humanité du 8 janvier 2014, "Maurice Audin a bien été exécuté avec « la couverture pleine et entière du pouvoir politique », comme le confessa du bout des lèvres le funeste général Aussaresses, avant sa mort en 2013. Se fondant sur les témoignages du général Aussaresses, recueilli juste avant la mort de celui qui avait avoué la torture durant la guerre d'Algérie, ainsi que d'un de ses sous-officiers, Jean-Charles Deniau explique que le général Massu a donné l'ordre à ses hommes d'exécuter Maurice Audin. Celui-ci a été emmené dans les environs d'Alger, poignardé et enterré là.

Un enregistrement diffusé sur France Info des aveux du général Aussaresses sur son lit de mort confirme sa participation au meurtre, exécuté "au couteau, pour faire croire à la responsbilité des Arabes". 

Selon L'Opinion,  dès 1957, les militaires soupçonnent en effet les politiques de vouloir «leur faire un enfant dans le dos», c'est-à-dire de négocier avec le FLN alors qu'on leur demande de le combattre. La tentation est grande d'éliminer ceux qui pourraient devenir demain les interlocuteurs du pouvoir. Les militaires n'y résistent pas. Le commandant Aussaresses sera, au sens propre, l'exécuteur de cette politique. On lui confiera, au passage, les prisonniers trop amochés par la torture pour être remis dans le circuit civil. Dans les années qui suivront la guerre d'Algérie,

Aussaresses se vantera ­ en privé ­ d'avoir alors abattu deux figures du FLN: Larbi Ben M'hidi, le «Jean Moulin» algérien, dont une des grandes avenues d'Alger porte aujourd'hui le nom, et l'avocat Ali Boumendjel, défenestré après un interrogatoire très sévère.

Comment Aussaresses et son équipe s'y prenaient-ils? Les prisonniers étaient achevés à l'arme blanche ou au pistolet, puis déposés dans un charnier à 30 km de la ville. D'autres, embarqués dans des hélicoptères, étaient jetés dans la rade d'Alger. Certains finissaient coulés dans du béton. Aussaresses dit avoir abattu lui-même vingt-quatre personnes. Quel sens peut avoir un tel chiffre alors que la mission de son «escadron de la mort» fut d'en éliminer plusieurs milliers? 

Ces "états de service",  connus à l'époque, ne vont pas freiner l'ascension dans la hierarchie militaire du commandant Aussaresses, qui sera promu ultérieurement, général...

Quand et par qui ? 

 

Tag(s) : #Histoire, #Politique française

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