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Vers l'abandon des privilèges ? le roi Macron annonce-t-il une nouvelle nuit du 4 août 89 ?   par Jean LEVY
Vers l'abandon des privilèges ? le roi Macron annonce-t-il une nouvelle nuit du 4 août 89 ?   par Jean LEVY

Dénonçant un capitalisme «fou» et une démocratie «déréglée», le roi Macron appelle à une «refondation» : 

"On produit nous-mêmes des inégalités qu'on ne sait plus réguler "

"Ce modèle s'est enrayé, parce que la démocratie s'est déréglée,   parce que le capitalisme s'est déréglé et est devenu fou" ​​​​​​​

Vers l'abandon des privilèges ? le roi Macron annonce-t-il une nouvelle nuit du 4 août 89 ?   par Jean LEVY

par Jean LEVY

 

Ainsi, le roi Macron n'en décolère pas : les riches sont de plus en plus riches en volant de plus en plus les pauvres.

Va-t-il pointer du doigt les malfaisants qui ont permis aux actionnaires de ne plus payer l'impôt richesse, privant ainsi l'Etat de ressources qui, aujourd'hui, lui font défaut ?

Et stigmatiser les misérables qui liquidé les biens nationaux pour les fourguer gratis au privé, sabordant ainsi nos services publics dont les Français ont tant besoin ?

Et dénoncer également les détenteurs du capital qui se goinfrent  de dividendes, toujours plus élevés de trimestre en trimestre ?

"Il faut changer tout ça, et vite !' : c'est le message adressé à la population par l'ancien associé -gérant de la banque Rothschild.

Le roi Macron évoque, dans les termes de notre époque,  une nouvelle nuit du 4 août où la finance abandonnerait, dans la joie, tous ses privilèges. Mais comme les banques et les buildings des multinationales ne brûlent pas comme les chateaux des nantis en 1789, c'est un véritable hara-kiri des possédants que paraît souhaiter l'hôte de l'Elysée.  

Qui pourrait le croire ?

C'est pourtant dans cet esprit que le Président a reçu les chefs de grandes entreprises pour que ceux-ci initient le mouvement. Comme nous en informe Le Monde, daté du 24 août, le PDG de Danone *, "Il est tant que les entreprises prennent plus sérieusement leur part". (Et ce n'est pas de leurs profits qu'il est question...) Et celui-ci d'ajouter : "On ne peut plus accepter la gestion d'une entreprise à la Milton Friedman ( un économiste US ultralibéral) avec pour seule ambition d'augmenter ses profits au bénéfice de ses seuls actionnaires".

C'est beau, on dirait du Macron.

Et le PDG de Danone de préciser ses propos : 

"Ce n'est pas par idéologie, mais par réalisme".

Le quotidien du soir ajoute que "le PDG de JP Morgan Chase et du Business  Roundtable (BRT), Jamie Dimon, qui rassemble 188 patrons américains, a exprimé le 19 août, aux Etats-Unis, la volonté des grandes entreprises du pays de revoir, justement,leur doctrine historique et de s'ouvrir davantage à l'ensemble de la société, ce n'est pas un hasard.

De la part de firmes qui rassemblent 3,5 millions de salariés et font 1000 milliards de dollars de chiffre d'affaire, comme le précise Le Monde, cette prise de position est proprement "révolutionnaire". Elle fait penser aux "Animaux malades de la peste",  la fable de notre bon La Fontaine, dont il est bon quatre siècles plus tard d'en rappeler les derniers vers où le Roi des animaux propose à ses sujets le moyen de faire face à la peste : 

Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
 
 

Jean de La Fontaine nous prévient donc : la justice royale - comme celle des financiers de notre époque - est "blanche ou noire" selon notre classe.

Cependant,  les propos que tiennent aujourd'hui Macron et patrons nous permettent de mesurer la peur fondamentale qu'ils ont d'une opinion publique en pleine mutation.

En effet, il y a  peu d'années encore, le besoin de changer de politique s'exprimait par un changement de gouvernement, un parti chassant l'autre de quinquennat en quinquennat. Gauche et droite étant démonétisées dans l'opinion, il fallait changer.

Et ce fut l'élection d'Emmanuel Macron.

Très rapidement, les conditions de l'accession de celui-ci au pouvoir, les mesures prises par lui en faveur exclusive des possédants, ont fait du nouveau Président, pour une part considérable de l'opinion, le "président des riches".

La notion de classes sociales,  avec leurs contradictions d'intérêt, est répparu brutalement dans le débat public.

Le mouvement  des gilets jaunes, qui a surgi des profondeurs de la Nation en novembre 2018, en a été le révélateur. Et depuis le pouvoir vacille. 

Comme la monarchie en 1789.

Macron en vient à singer Louis XVI : il se coiffe virtuellement du bonnet rouge. Pour gagner du temps.

Pour combien de temps ?

 

Tag(s) : #Macron

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