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Cette semaine, nous avons fait un pas de géant vers la transformation de notre vénérable institution parlementaire en succursale du divan rouge de Michel Drucker. Avec l’invitation de Greta Thunberg à s’exprimer devant les parlementaires volontaires, un pas symbolique a été franchi qui n’aurait jamais  dû l’être. Car comment demander aux Français de conserver le moindre respect envers l’institution parlementaire si les parlementaires eux-mêmes la discréditent avec des comportements de midinette ?

Qui est Greta Thunberg ? C’est une adolescente malade. Une adolescente obsédée par le changement climatique au point d’imposer à ses parents des changements dans leurs habitudes alimentaires ou dans les modes de transport qu’ils empruntent. Dans un autre contexte, on la qualifierait « d’enfant tyrannique », et on enverrait Super-nanny au secours de ses parents en détresse. Mais il paraît que si c’est fait pour la bonne cause, cela cesse d’être une pathologie pour devenir une qualité.

Il est tout à fait louable que les parlementaires cherchent à se faire une opinion sur les questions liées au réchauffement climatique – ou d’ailleurs à n’importe quelle question complexe – et qu’à cette fin ils entendent ce qu’ont à dire ceux qui ont sérieusement travaillé la question : les scientifiques d’abord, mais aussi les philosophes, les sociologues, les représentants des différentes catégories de citoyens. Mais pourquoi inviter Greta Thunberg ? Qu’est-ce qu’elle a à dire de nouveau, d’original, d’intéressant, de représentatif ?

La réponse est : rien. Greta Thunberg n’est ni une scientifique, ni une philosophe, ni une sociologue. Tout son travail de connaissance se limite à avoir lu le rapport du GIEC – sans avoir aucun instrument intellectuel pour juger de sa qualité – et à le brandir dans les meetings comme si c’était le graal. Et malgré son utilisation répétitive du « nous les enfants » dans chacune de ses interventions, personne ne l’a jamais mandaté pour parler au nom des enfants ou de qui que ce soit d’autre (1). Elle n’a donc rien à dire qui puisse éclairer les représentants du peuple français et les débats parlementaires.

Alors, pourquoi l’inviter ?

Parce qu’elle est célèbre, parce qu’elle fait le buzz. Invitez un scientifique, et personne ne viendra l’écouter. Invitez une célébrité, et tout le monde voudra en être. Dans le cirque qu’est devenu notre système politico-médiatique, la célébrité permet tout, justifie tout. Et ceux qui ont invité Thunberg – le député Mathieu Orphelin, un ancien de Greenpeace passé par le macronisme pour ne pas le nommer – cèdent à la mode publicitaire qui veut qu’un discours ne vaut dans l’opinion que s’il est porté par une célébrité. Un doute cruel me taraude tout de même.

Pourquoi ne pas avoir invité Nabila ? N’avons nous pas suffisamment de célébrités névrosées chez nous pour devoir en importer de Suède ?

Ce qui nous amène à une deuxième question : qu’à fait Greta Thunberg pour devenir célèbre ? Elle a séché les cours tous les vendredis pour s’asseoir devant le parlement suédois avec une pancarte (2).

Et ça suffit ?

Oui, dans le monde de facebook de whatsapp, c’est très largement suffisant. Avoir 16 ans et un handicap, ça aide aussi, puisque l’enfant et le handicapé sont les deux grands intouchables dans notre société. Dans une société traversée par le discours victimiste, Greta Thunberg est la victime par excellence : victime de la maladie, victime des méchants adultes qui « ruinent son avenir ». Elle a tout ce qu’il faut pour qu’un grand avenir médiatique s’offre à elle. Cela étant dit, son discours n’a pas l’air très efficace : les députés qui ont écouté son sermon sont ensuite allés à l’hémicycle et voté le CETA, comme autrefois le bon bourgeois communiait à l’église avant d’aller passer un après-midi coquin à la maison close.

Ce que je trouve effrayant c’est de voir nos députés aller comme des moutons se faire sermonner par une adolescente qui finalement ne fait que débiter ce qu’elle a lu dans un rapport. N’ont-ils même pas un sursaut de fierté, un minimum de conscience de la dignité de leur fonction ?

Descartes

(1) Une illustration parmi d’autres de cette prétention à représenter à elle seule l’opinion « des enfants » : « De nombreuses personnes, politiques, chefs d’entreprise, journalistes, disent qu’ils ne sont pas d’accord avec ce que nous disons. Ils disent que nous, les enfants, nous exagérons, nous sommes des alarmistes ». Notez l’usage du « nous » : Greta Thunberg prétend  clairement que ses opinion sont celles « des enfants » (discours prononcé le 23 juillet 2019 à l’Assemblée nationale). Vous un voulez une autre illustration ? « C’est bien la charge que vous laissez aux enfants : nous devenons les affreux qui avons à dire ces choses très désagréables aux gens parce que personne d’autre ne veut le faire, ou n’ose le faire, (…) et simplement parce que nous citons ces chiffres, ces faits scientifiques, nous sommes l’objet de haine et de menaces. »

(2) Cette affaire de grève scolaire a donné d’ailleurs lieu à un échange assez amusant lors de la conférence à l’Assemblée nationale. A une député qui notait que l’éducation était trop importante pour se permettre de sécher les cours, l’une des jeunes accompagnant Thunberg à répondu qu’elle avait obtenu le bac avec mention très bien. Ce qui pose une intéressante question : à quoi bon payer des professeurs pour faire cours le vendredi, si on peut parfaitement obtenir une mention très bien sans aller en cours ce jour-là ?

Tag(s) : #Société, #Assemblée Nationale
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