Mardi 1 juillet 2008

Le Président s’est octroyé, lundi, une heure de grande écoute, de 19 à 20 heures sur France 3, pour faire la ‘pub’ de l’Europe, celle de sa politique, la sienne propre. Il s’agissait sans doute d’un ‘supplément’ à la campagne de promotion personnelle qui va coûter au budget la coquette somme de 4 millions d’euros…

Hier donc, Nicolas Sarkozy a tenté de reprendre la main pour reconquérir l’audience perdue depuis un an.

Tout, dans sa façon de s’exprimer, de présenter les choses, était calculé dans cette perspective. Il reprenait avec virtuosité, les accents d’un Tintin naïf, plein de ce faux bon sens, qui « déteste les tabous », parle « vrai ». Pourtant, à l’écouter, on ne pouvait s’empêcher d’évoquer le bonimenteur qui joue au bonneteau, déplaçant les cartes de telle manière que le gogo qui se laisse prendre croit à la fausse évidence du choix proposé.

L’exercice auquel s’est prêté le Président de la République, visait à « vendre » les oripeaux d’une Europe en perdition, présentée dans un nouvel emballage – « l’Europe qui protège » - conscient de la méfiance que procurait, aux Français l’Union européenne, telle qu’elle se présente aujourd’hui.

Pour réussir la démonstration, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à émettre des critiques vis-à-vis des choix de l’UE et de sa Commission, faisant siennes les revendications de couches de la population, victimes des oukases européens.

Il n’a pas manqué de défendre la baisse de la TVA à 5% sur la restauration, sur les produits audio, au nom du bon sens. « Pourquoi ce taux est-il appliqué sur les livres et non sur les CD et les DVD ? ». « Les pêcheurs doivent pouvoir vivre de leur pêche », oubliant sa verte réplique aux marins de Guilvinec. Et d’insister sur la nécessité d’une « fiscalité européenne commune » pour éviter le dumping.

Et aux questions précises des journalistes qui l’interviewaient, « Croyez-vous pouvoir convaincre les autres membres de L’Union ? », Sarkozy, prudent, se limite alors d’évoquer « l’avancement » des dossiers litigieux. Et non leur règlement.

Sarkozy, fidèle à sa tactique, s’est identifié aux craintes populaires pour s’en faire le héraut auprès de ses homologues. Mais il rejette vite les revendications sociales. Pas question d’imposer un ‘Smic européen’, qui, « face aux disparités entre les pays, ne pourrait être que d’un montant inférieur au nôtre ». De toute façon, il affirme que ‘le social’ est du seul ressort national, citant la Sécurité sociale, les retraites. « Voyez-vous le montant de vos pensions fixées par de Etats étrangers ? », oubliant que les « réformes » en cours (âge de départ, réduction des déficits…), résultent des orientations prises par l’Union européenne, à travers ses traités de Barcelone, d’Amsterdam ou d’ailleurs.

Nicolas Sarkozy s’est fait, en permanence, le défenseur de la construction européenne. Président, au nom de la France, l’UE durant le second semestre 2008, il vise à modifier, non sa politique, mais la perception que les Français ont d’elle. Et de prétendre que le traité de Lisbonne, ratifié par nombre de Parlements, dont en premier celui de la France, est légitime. Il a simplement « oublié » que celui de l’Irlande s’était prononcé à 95% en sa faveur, décision jugée « illégitime » par le peuple irlandais. Et que s’il a décidé de recourir, en France, à la voie parlementaire, c’est, selon ses propres dires, du fait qu’un référendum populaire aurait rejeté le traité !

Il a également défendu sa politique d’émigration, non sans évoquer « qu’il avait un cœur » et qu’il traitait ce problème, dans l’intérêt national et avec un souci humanitaire constant. C’était faire peu de cas de la manière dont les sans-papiers sont traités, aussi bien dans les centres de rétention (entassés sans hygiène dans des locaux vétustes), et lors de leur rapatriement aérien, menottés et gardés comme des criminels. Sarkozy a prôné une politique commune de l’Union, en la matière, en rappelant que la détention peut aller jusqu’à deux ans en Allemagne, et demeure illimitée en Grande-Bretagne. Ce qui n’augure rien de bon, en cas d’harmonisation…

En clair, le président de la République, en utilisant sans vergogne la télé publique pour sa propagande, s’était donné pour tâche, de réhabiliter l’idée européenne à la sauce sarkozienne, et de se donner le rôle du maître queue, plein de bon sens, sensible à l’opinion publique, qui tout dépendait de lui, nous mijoterait une Europe à la carte, dont chacun se pourlécherait les babines.

Mais c’est oublier que notre «chef  cuisinier » dépend d’une chaîne et qu’il n’est là que pour satisfaire ses employeurs. Ceux-ci possèdent des 5 étoiles aux MacDo, avec des menus « à la carte » répondant à chacune des clientèles.

C’est tout l’art de Nicolas Sarkozy de faire prendre un Quick pour le Fouquet’s.

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

LETTRE AUX AMIS DU PLAN B

 

Nous devons maintenant attendre trois mois pour déguster, à nouveau, LE PLAN B !

L’été va paraître long, sans cette médecine forte, pour affronter, du matin au soir, à la radio, à la télé et dans les journaux, la machinerie médiatique qui, quotidiennement, nous fait hurler.

A chaque numéro, le plaisir est intense de lire, noir sur blanc, exactement ce que nous pensons, : un sentiment de colère, sans cesse renouvelé, le matin, à l’écoute de France Inter, à midi, de France Culture, le soir des infos d’Arte et de France 2 .

Plus, pour couronner le tout, la lecture du Monde.

Chacun mesure le degré d’exaspération dans lequel on peut, dans ces conditions, se trouver.

On comprend « la haine » ressentie dans « les quartiers », comme on aime, dans ces médias, nommer la banlieue ouvrière.

C’est dire la joie gourmande qui vous saisit quand le marchand de journaux vous tend le numéro de PLAN B, qui vient de paraître. Sa lecture – on déguste page après page – réconforte.

Enfin, tous ces petits marquis des médias sont déculottés et vivement bastonnés, pendus aux réverbères « sardons ».

Un peu d’air pur ravigote.

Nous sommes vengés !

Merci au PLAN B !

Avec toutes mes amitiés, et au mois d’octobre …

 

Jean LEVY

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

Sarcelles : les apprentis sorciers du communautarisme
Par Bernard Lanra, citoyen sarcellois républicain. 
Dimanche 22 Juin 2008Source : http://www.communautarisme.net 
 
Le député maire de Sarcelles, François Pupponi, successeur de Dominique Strauss-Kahn, porte-parole auto-proclamé de la banlieue, veut faire de sa villeun laboratoire vivant de la France de demain. Ils se garde pourtant bien defaire la promotion de certaines de ses recettes, des plus nauséeuses pour toutrépublicain qui se respecte. Dans une ville « communautarisée », selon ses propres termes, la réaffirmation des principes républicains devrait d'autant plus être de rigueur. C'est le contraire qui est pratiqué. L'exemple le plus édifiant et le plus scandaleux est celui de la « liste bleue », intégrée en grande pompe à la majorité municipale.

Petit retour historique. 

2001, dans une communauté juive inquiète de la recrudescence de l'antisémitisme, quelques personnalités locales ont la brillante idée de monter une liste communautaire aux élections municipales : la liste bleue. Ils tentent au préalable une négociation avec DSK et Pupponi selon les termes suivants. La communauté juive représente une partie importante de la classe
moyenne d'une ville en voie de paupérisation, elle doit à ce titre contrôler les compétences municipales clés. Le bon sens l'emporte à l'époque, la demande est jugée irrecevable et la négociation échoue. La liste bleue se constitue donc et se présente devant les électeurs. 45 colistiers triés sur des critères religieux, sinistre première. Le but
affiché : mettre la liste de gauche en ballottage et négocier entre les deux tours. DSK qualifiera pendant la campagne cette liste de « honte pour la république » (1). Malgré un score plus qu'honorable : 13,54%, le " front communautaire juif " ne parvient pas à ses fins, la liste Pupponi-DSK est réélue au premier tour avec 58% des voix. Les républicains et les laïcs sont soulagés… pas pour longtemps, car la partie n'est pas terminée, la liste bleue revient à la charge. Au lieu d'enterrer cet honteux épisode, Pupponi reprend le dialogue avec Gérard Uzan, chef de file de la liste bleue, qui siège en compagnie de deux colistiers au conseil municipal. La tactique de Pupponi, validée par DSK, est simple : cette alliance amène les voix d'une majorité de la communauté juive, de moins en moins encline à voter à gauche. En l'échange de son
soutien aux candidats socialistes locaux, la liste bleue intègre la majorité municipale. Peu importe si cette tactique conduit à faire reconnaître et valider institutionnellement le  communautarisme le plus intégral, seul le résultat compte. Devant les premiers signes d'alliance, certains communistes, partenaires des socialistes locaux, se rebiffent en distribuant un tract peu reluisant intitulé « le baiser de Judas »… Ils finirontpourtant par avaler la couleuvre, qui aura considérablement grossi entre les deux élections municipales. 
 
2007, DSK est en difficulté aux législatives face à Sylvie Noachovitch. Entre les deux tours, on sollicite la liste bleue, qui signe un tract et le distribue à dessein, aux abords de la synagogue et dans les boîtes aux lettres sur lesquelles est inscrit un patronyme juif… DSK est réélu avant
de s'envoler pour le FMI. 2008, élections municipales, la liste bleue réclame son dû. Pupponi paie rubis sur l'ongle en intégrant trois anciens de la liste bleue sur sa liste, délégations clés à l'appui. Gérard Uzan aura en charge l'action sociale, Fabienne Sroussi le logement, Charles Souffir le développement économique via la vice-présidence de la communauté d'agglomération. Voyant les portefeuilles principaux leur échapper, les partenaires de Pupponi, médusés, n'osent pas désavouer leur chef, tandis que l'opposition hésite à dénoncer cette alliance, les accusations d'antisémitismes peuvent fuser à tout moment. 

Pourtant, il y en aurait à redire. La liste bleue a constitué son propre groupe au conseil municipal. Fabienne Sroussi, juive pratiquante, porte la perruque et ne serre pas la main des hommes, ce qui est son droit, du moins tant qu'elle n'est pas élue. Car la laïcité en France prohibe tout signe religieux ostentatoire chez les représentants de l'Etat et interditque l'on traite différemment les citoyens. Mais à Sarcelles, en plus de ne pas pouvoir vous loger dignement, crise du logement oblige, si vous êtes un homme, vous n'aurez même pas droit à une poignée de main de la part de l'élue de référence.

De son côté, Charles Souffir, ancien Sarcellois habitant aujourd'hui Neuilly sur Seine, arbore la kippa en toutes circonstances. Riche entrepreneur, il possède à Sarcelles un immeuble, le Francilien, où il loge, contre loyers, des services municipaux. Un conseiller municipal qui fait des affaires avec sa propre municipalité, quoi de plus normal ? Après tout, l'emprunt pour financer la construction de son immeuble a été garanti par la communauté d'agglomération du Val de France, dont il est aujourd'hui le vice-président. En charge du développement économique, il peut peser dans les décisions d'implantations d'entreprises avec lesquelles, peut être, « travaillera-t-il ».
Le communautarisme se double ici d'un mélange des genres sur lequel la justice ne saurait tarder à se pencher. 
Enfin, à l'action sociale, Gérard Uzan, est un médecin respecté mais un politicien illuminé. Déjà colistier de DSK en 1990, il s'était alors rendu coupable de la plus odieuse des diffamations envers le maire RPR de l'époque en déclarant "en souvenir des six millions de nos frères morts" dans les camps, nous n'avons pas le droit de voter pour Raymond Lamontagne. Ce dernier, décoré comme résistant , portera plainte et la justice condamnera Gérard Uzan . Les associations de déportés auraient pu en faire autant : instrumentaliser la mémoire de la Shoah pour diffamer un adversaire politique, quelle horreur…! 

Aujourd'hui Pupponi, réélu à 69%, peut être fier de lui. Il n'a jamais perdu une élection. Il a, de plus, fait d'une pierre trois coups, bafouant tout à la fois les règles élémentaires de la laïcité, de la probité et du respect de la dignité des personnes. Il a ouvert la boîte de pandore du communautarisme politique en montrant la voie aux intégristes de tous bords : « pesez électoralement et vous obtiendrez tout ce que vous voudrez ».
Et dire que cet apprenti sorcier veut faire de Sarcelles un laboratoire de la France de demain.
 
Au secours ! 
 
1) Le Parisien, Edition Val d'Oise, 4 mars 2008.
2) Raymond Lamontagne est ancien officier de la 1ère armée de Lattre de
Tassigny.
3) Jugement du Tribunal de Pontoise du 9 mars 1990 condamnant Gérard Uzan
pour diffamation publique à 10 000 francs d'amende et 1 franc de dommages
et intérêts. 
 
 
 

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Vendredi 27 juin 2008

COMITE VALMY    PRCF     RCR    CRGG

ARC REPUBLICAIN DE PROGRES

Samedi  21 juin des représentants du Comité Valmy, du Pôle de Renaissance Communiste en France, du Rassemblement des Citoyens pour la République et du Collectif Républicain de la Gauche Gaulliste se sont rencontrés et ont décidé de se coordonner pour la réalisation d’actions communes et la recherche d’une alliance durable, dans un rassemblement républicain, patriotique et de progrès social à construire, que nous nommons: Arc Républicain de Progrès.

Cette rencontre à été rendue possible à partir des convergences qui existent entre nos organisations :

  • En premier lieu sur l'accord existant quant au programme du Conseil National de la Résistance, qui demeure l'énonciation la plus limpide des principes du régime politique et social que nous voulons aujourd'hui pour la France, et dont nous souhaitons la réactualisation, dans la perspective d’une politique alternative conforme à l’intérêt du  peuple et de la nation, de la reconquête de leur souveraineté.
  • En second lieu sur la nécessité de s'affranchir de l'Union Européenne irréformable, de défaire les traités européens supranationaux en les remplaçant, par des traités de coopération, rendant leur liberté aux Etats et aux nations, et qui permettraient également de rompre avec les politiques néo-libérales qui leur furent imposées. Les volontés populaires exprimées lors des référendums français, néerlandais et irlandais doivent être respectées, les peuples ne veulent plus de ce système fédéral.
  • Mais aussi sur le fait que notre combat s’inscrit dans un contexte international de lutte pour l'indépendance des Nations et des peuples souverains, pour la paix et dans un monde multipolaire, contre tous les impérialismes et en premier lieu, contre celui des USA et la globalisation néo-libérale qu'il orchestre, contre tous les agissements qui visent à provoquer des chocs de civilisations.

Il est prévu que d’autres organisations et des personnalités soient invitées à rejoindre ce rassemblement qui a naturellement vocation à s’élargir car il s’inscrit dans une démarche de Résistance et d’union du peuple Français autour de la Nation et de la République. Une perspective de rassemblement populaire que nous considérons comme étant majoritaire.

Pour le Comité Valmy : Claude Beaulieu    info@comite-valmy.org

Pour le PRCF : Georges Gastaud

Pour le RCR : François Bunner

Pour le CRGG : Gilles Bachelier

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

Un Texte publié par El Diablo...

L
e militant communiste lit l' « Humanité ». C'est le journal de son parti et il y recherche les nouvelles ou les commentaires susceptibles de conforter sa foi dans les idées qui fondent son engagement. Le 3 juin dernier son journal s'ouvre sur une grande page noire annonçant la mort d'un grand couturier. Sans le laisser complètement indifférent, l'événement ne le plonge pas dans l'affliction qui met en effervescence la rédaction du journal. Il tourne les pages et un certain agacement le gagne quand, pour dépasser un sujet qui ne le passionne pas, il doit en franchir cinq entièrement remplies de faits et gestes du personnage disparu. Il sait qu'il fabriquait des robes qu'on lui a montrées à la télé, mais d'une telle excentricité qu'aucune personne de son entourage ne se risquerait à les porter. Ce Monsieur était un artisan du paraître et de l'inutile. Mais le paraître et l'inutile font parfois rêver les dames, et il est important de les laisser aller à leur rêve, ou à leur nostalgie quand le prince des vanités disparaît.
Mais tout de même cinq pages !
Bon, et le communisme dans tout ça ? Rien dans ce numéro ni dans les suivants jusqu'au 6 juin. A cette date un grand article est consacré à un discours de M.G. Buffet à propos du prochain congrès. Notre ami militant, qui a lu et entendu cent fois les mêmes propos, sait qu'une opposition se dessine au sein du Parti et il voudrait bien en savoir davantage. Il a entendu parler du Maire de Vénissieux, André Gerin, qui présente sa candidature au secrétariat général du Parti. Pas un mot dans son journal. Pas un mot non plus de la contestation regroupée autour de la section de Paris 15e. Il faut attendre la fin de l'article pour lire des extraits de « Libération », apparemment mieux renseignée que l'«Humanité», au sujet des seules oppositions de Hue et de Gayssot.
Bientôt il n'achètera plus l'Huma !

Georges, militant du PCF, Section de Béziers

 

source : « blog pcf béziers »

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Vendredi 27 juin 2008

Un des maîtres de la cuisine française, propriétaire de restaurants huppés dans le monde entier (à Paris, New York, Tokyo, Hongkong, et bien sûr à Monaco) le sieur Ducasse a décidé de se faire la malle pour s’installer en territoire monégasque, afin d’y prendre la nationalité.
Le prince du dit lieu a acquiescé, fier de compter parmi ses sujets, une telle personnalité, très riche de surcroît, ce qui ne gâche rien.
Cet « expatrié » va ainsi être totalement dégrevé d’impôts. Au lieu de payer en France, 50% des somptueux profits qu’il réalise, il va, sur la grande Bleue, garder tout pour lui.
Cette situation inquiète nombre de députés UMP.
Pas du point de vue moral, certes. C’est l’aspect fiscal qui désole ces « élus du peuple ». Ils ne sont pas choqués le moins du monde par la fuite de capitaux qui pénalise le budget français. Non, ce qui les chagrine, c’est le lourd montant des impôts que les détenteurs de la fortune doivent payer dans l’hexagone.
Et l’un de ces députés de déclarer, tout gonflé de son commentaire, lancé comme une maxime: « Les pauvres de France ont besoin des riches de France ».
Une vraie phrase de noble, en 1788, parlant de la « roture ».
C’est l’expression d’un même mépris vis-à-vis de la « valetaille » et des « manants ».

En fait, monsieur Ducasse et ses congénères, qui placent leurs revenus hors du territoire national, sont des « déserteurs » économiques. Ils trahissent leur pays pour intérêt personnel, sans songer un seul instant au budget national, à la France, tout simplement.
Et leurs amis politiques, qui les transforment en martyrs, dénoncent dans la même tirade, les « faux chômeurs », qui encombrent les ANPE, les « faux malades » qui mettent la Sécurité sociale en danger, les « smicards », jamais satisfaits !

Telle est la morale du Dieu-fric et de ses adorateurs.

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Mercredi 25 juin 2008

Ces jours derniers, médias et politiques, à l’unisson, dénoncent avec vigueur « l’agression à caractère antisémite, d’un jeune juif, à Paris ». Avant même le début de l’enquête, le jugement public était rendu : « le jeune homme portait une kipa », donc l’agression ne pouvait avoir, comme motivation, que « l’antisémitisme ».
Seule, la police était, dès l’origine, plus circonspecte.
Mais cette réserve, n’a pas calmé les hauts cris, frisant l’hystérie, des journaux, de la radio, de la télé. Nicolas Sarkozy, qui n’est jamais en reste dans ces sortes d’affaires, a exprimé « sa profonde indignation » devant cette « agression ignoble » et a demandé un « châtiment sévère » des coupables. En représentation en Israël, et sans attendre davantage d’informations, il en a profité pour stigmatiser les auteurs des violences subies « par cette pauvre victime, qui sortait simplement d’une synagogue ».
Au fil des heures, on apprenait que, Rudy, la « pauvre victime » en question, avait été condamné par deux fois, la première pour une histoire de vol à l’arraché, la seconde, pour « coups et blessures (avec détention d’arme) », donnés lors d’une manifestation sioniste en faveur de la libération du soldat israélien détenu par les Palestiniens. Et aujourd’hui, on apprenait que Rudy serait membre du Betar, une formation d’extrême droite juive, formée au combat…
Cette information accréditerait la thèse de la confrontation entre ce que les médias appellent « des bandes communautaires ». De tels affrontements se produiraient, nombreux, dans le XIXe arrondissement, depuis quelque temps, spécialement au sein des Buttes-Chaumont. D’ailleurs, si l’on en croit Le Monde, daté du 24 juin, une heure après « l’agression », « la police a placé en garde à vue cinq jeunes résidents du quartier. Ils n’ont pas été reconnus par les témoins, mais leur garde à vue a été prolongée de 24 heures. Selon le parquet de Paris, saisi de l’affaire, ces cinq jeunes n’ont pas participé au tabassage de Rudy ».
Des Noirs et des maghrébins, bien sûr, car comme le précise le quotidien du soir :
« Les témoins n’ont rien entendu, rien compris. Ils ont juste vu une quinzaine de jeunes hommes d’origine africaine et nord-africaine s’acharner sur le jeune homme ».
 
On mesure, à l’aune de « l’indignation » médiatique ainsi décrite, les effets de cette campagne. L’objectif, est d’alimenter le ressentiment populaire contre ces fauteurs de troubles, issus de l’immigration, pour stigmatiser cette population et justifier la politique de répression sauvage contre les « sans papiers ».
C’est la même méthode qui a toujours été employée au cours du dernier siècle contre « les étrangers" : faire peur, en s’emparant d’un fait divers relayé massivement par la presse, et appeler à sévir contre eux.
Mais nous ne sommes plus dans les années trente. De nos jours, on ne peut plus impunément dénoncer « la racaille », « la vermine », qui « envahissent nos cités ».
S’en prendre aux « Juifs »n’est plus de saison : Hitler est passé par là. Israël, devenu notre « alliée » contre le monde arabo-islamique, a droit à toutes nos prévenances.
Restent les Maghrébins, les Africains (qu’on ne désigne pas en tant que ressortissants d’un Etat : Algériens, Marocains), mais comme des peuplades exotiques, même quand ils sont citoyens français.
De toutes façons, cette population est « dangereuse » du fait qu’elle est pauvre.
Peut-on envisager des « pauvres » qui s’organisent pour se défendre ?
Nous voici revenus au point de départ.
Si des « bandes communautaires » se défient et se bagarrent, c’est que le « communautarisme » est encouragé au plus haut niveau de l’Etat.
Et pourquoi l'enquête ne s'oriente-t-elle pas "des deux côtés", du côté "juif" comme du côté "africain", puiqu'il y a eu, nous dt-on,  volonté d'affrontement de part et d'autre ?
 
Au lieu de rechercher un creuset commun au sein de la Nation, de valoriser celle-ci avec toutes ses composantes d’origines diverses, le pouvoir du Capital divise, oppose, crée des barrières artificielles. A nous d’unir, de rassembler, de faire agir ensemble tous ceux qui subissent la loi de l’Argent, pour bâtir une société nouvelle, pour faire du bonheur une idée neuve dans le monde.

par Jean Lévy publié dans : Social
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Mardi 24 juin 2008
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du monde, je fais appel à la conscience des dirigeants et citoyens pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour".
Evo MORALES AYMA
Président de la République de Bolivie
11 juin 2008
Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'habitants partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive retour".

Ce texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papier, quelqu'ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, en masse, sans visa, ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.
Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'Union européenne.

Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7 % du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 pc de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliard de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d'oeuvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos Etats, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières. Il est regrettable que le projet de "directive retour" complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque Etat ou groupe d'Etats puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains.

La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion - ou "éloignement" selon le terme de la directive. Dix-huit mois ! Sans procès, ni justice ! Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce : "1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays." Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.
Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la "liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements arbitraires ?
Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou) de signer un "Accord d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les Etats-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs.

Je demande, dans ce cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ? Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques. Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'Union européenne.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour". Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration" comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du temps des colonies.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du monde, je fais appel à la conscience des dirigeants et citoyens pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour".
Evo MORALES AYMA
Président de la République de Bolivie
11 juin 2008
Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'habitants partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite "directive retour".

Ce texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papier, quelqu'ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, en masse, sans visa, ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.
Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'Union européenne.

Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7 % du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 pc de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliard de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d'oeuvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos Etats, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières. Il est regrettable que le projet de "directive retour" complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque Etat ou groupe d'Etats puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains.

La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papier jusqu'à 18 mois avant leur expulsion - ou "éloignement" selon le terme de la directive. Dix-huit mois ! Sans procès, ni justice ! Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce : "1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays." Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.
Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la "liberté de circuler", la protection contre les emprisonnements arbitraires ?
Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou) de signer un "Accord d'association" qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les Etats-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la "protection juridique", on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs.

Je demande, dans ce cas : où est la "sécurité juridique" pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ? Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques. Dans ces conditions, si cette "directive retour" devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'Union européenne.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la "directive retour". Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte. J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos "politiques d'intégration" comme vous avez échoué avec votre supposée "mission civilisatrice" du temps des colonies.
par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
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Mardi 24 juin 2008

Un incendie a ravagé dimanche le Centre de rétention de Vincennes. Les deux bâtiments ont été détruits et les 250 internés, répartis dans d’autres centres.

Au-delà des conditions d’hébergement et de l’humiliation quotidienne infligée aux prisonniers (peut-on utiliser un autre terme pour désigner des hommes détenus sous garde policière, surveillés par un mirador et des fils barbelés ?), le fait même d’être privé de liberté, sans jugement, avec pour seul « délit » pour la seule raison d’être « sans papiers », remplit d’amertume et de colère cette population.

Etre « sans papiers » est-il un crime ?

Ceux qui en sont dépourvus sont-ils des « délinquants » ?

Si ces gens sont privés de titres de séjour, la seule responsabilité en incombe à la puissance publique. Celle-ci leur refuse les pièces nécessaires pour justifier leur présence sur notre sol. « La chasse à l’homme » est menée par le chasseur, pas par le gibier.

Pourquoi cette politique de rejet et de stigmatisation d’êtres humains qui cherchent dans notre pays les moyens de leur survie ?

Il faut avoir vu à la télévision le déploiement de forces de police, casquées, bottées, en tenue de combat, pour évacuer les sans-papiers vers d’autres centres.

On aurait cru assister à une scène de guerre civile, menée  contre un  « ennemi », des hommes, dépourvus de tout,  qui cherchent simplement du travail.

« La France ne peut pas subvenir à la misère du monde », répondent en chœur les hypocrites qui font les lois.

Au cours des trois Républiques, de la Troisième à la Cinquième, la politique d’émigration a évolué d’une manière identique.

A chaque moment de notre histoire où le besoin massif de main-d’œuvre s’est fait sentir, patronat et gouvernements ont ouvert largement nos frontières aux travailleurs étrangers ou colonisés. Ce fut le cas pendant la Première guerre mondiale pour remplacer les mobilisés et, après l’armistice de 1918, pour la reconstruction du pays dévasté. De même, en 1945, pour des motifs semblables.

Ces travailleurs, qui ont massivement, participé par deux fois à la reconstruction de la France, logeaient alors dans des bidonvilles, relégués loin des centres urbains. Ils étaient alors corvéables à merci.

Mais dans les périodes de crise économique, telles celles des années 1890, des années trente, et des années 1980, les immigrés sont devenus des « indésirables », que la grande presse, à l’époque qualifiait de « métèques », « la lie de la terre » pouvait-on lire, qui « prenait le travail des Français et mangeait leur pain ». Et les campagnes de haine, étaient fortement tintées, avant la Seconde guerre mondiale, d’antisémitisme virulent, qui annonçait les persécutions du gouvernement de Vichy.

Contre les « étrangers » se développaient parallèlement des législations restrictives et des mesures policières. Le premier camp de concentration fut ouvert, en Lozère, en janvier 1939, par le gouvernement « républicain » d’Edouard Daladier.

Aujourd’hui, où l’antiracisme est devenu un credo incontournable, la xénophobie s’affiché sous des habits sociétaux. La délinquance au quotidien est encore dénoncée comme émanant en priorité des populations immigrées d’origine maghrébine et africaine, des « quartiers sensibles », mais le thème essentiel est social :

« Nous ne pouvons, sans réagir, accepter de recevoir sur notre sol, le flux migratoire des populations pauvres de la planète, en cette période de chômage massif ».

Et d’ajouter, comme dans le passé, que cette politique restrictive vise, « à protéger le travail des salariés français ».

Peut-on être plus hypocrite, quand on connaît l’attitude des patrons qui embauchent à taux réduit des travailleurs sans papiers, pour leur imposer des salaires illégaux et des conditions de travail proches de l’esclavage ?

D’autre part, la pratique généralisée des « délocalisations » des entreprises, n’est-elle pas un appel à une« main d’œuvre étrangère »à bas prix, hors du territoire national, pour réduire les coûts de production ?

 

L’éradication du chômage n’est pas liée à une réduction du nombre de salariés étrangers sur notre sol. Elle n’est pas fonction non plus de cadeaux offerts aux patrons pour qu’ils embauchent. Ce n’est pas en triturant les statistiques, en répartissant le chômage sur un plus grand nombre de personnes par le biais du temps partiel (en vérité du « chômage partiel »), que l’on s’orientera vers le plein emploi.

Celui-ci demeure lié à une politique visant à la satisfaction des besoins essentiels de la population et non à la recherche du profit maximum, avec le gâchis monstre que l’on connaît.

Cette politique de ré industrialisation  mobiliserait des millions de sans-emploi, Français et immigrés, tellement la demande, dans tous les secteurs, est immense.

 

 

par Jean Lévy publié dans : Social
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Lundi 23 juin 2008

 

 


Selon un sondage, si les Français étaient consultés par référendum sur le traité de Lisbonne, leur réponse serait négative à 53%. Cette information n’a pas été largement diffusée par les médias. Chacun comprend les raisons de cette « prudence ». De même, le refus opposé par Nicolas Sarkozy à une consultation des citoyens résulte de cette crainte : un nouveau rejet par la France du texte qui devrait remplacer le projet de constitution créerait une crise sans issue de la construction européenne. D’ailleurs, avec beaucoup de cynisme, le président de la République n’a pas caché la motivation du choix du recours à la voie parlementaires pour ratifier le traité.
Au-delà du déni de démocratie que constitue cette attitude, celle-ci reflète le désarroi de l’élite dirigeante, en divorce total avec l’opinion publique, qui veut imposer par tous les moyens une politique désavouée par la Nation.

Cette situation n’est pas propre à notre pays.
Tous les autres Etats de l’Union européenne, conscients de la rupture entre leurs peuples et les gouvernements, ont également choisi la voie parlementaire de ratification. Mais si, de cette manière, celle-ci a toutes les chances d’être obtenue « mécaniquement », l’hostilité populaire grandissante réduit largement les effets du traité sur les évènements, avec le risque de le rendre caduc.

Quelles sont, dans ces conditions, les perspectives ouvertes aux dizaines de millions de citoyens qui refusent d’être dépossédés de leur souveraineté ?

Faut-il appeler, comme n’a pas manqué de le faire, Marie-George Buffet (au nom du PCF ?) à « Reconstruire l’Europe » ?
Au moment où les peuples rejettent en bloc la notion même de « construction européenne », synonyme pour eux d’asservissement social et politique, la visée de la dirigeante communiste est à contre-courant du sentiment populaire.

 

A ce sujet, la déclaration de l’économiste Jacques Nikonoff et de Michèle Dessene, porte-paroles du Mouvement Politique d’Education Populaire (M’PEP) est intéressante :

« Une « autre Europe », avec ou non une constitution européenne au contenu progressiste, est rigoureusement impossible dans le cadre politique et idéologique actuel de l’Union européenne.

La plupart des dirigeants de la gauche doivent comprendre que le mythe européen est arrivé à son terme, ce dont témoignent particulièrement les trois référendums où le « NON » l’a emporté.

Il faut que toute la gauche s’y fasse et le reconnaisse : l’Union européenne actuelle n’est pas un cadre aménageable. Elle est à déconstruire pour que les peuples réapprennent à disposer d’eux-mêmes tout en retrouvant les voies de la solidarité internationale. L’idée même d’une « autre Europe » est devenue obsolète dès lors que l’oligarchie rejette la démocratie. Elle est en train de bâillonner les peuples d’Europe, elle est un garrot, un nœud coulant qui étouffe l’espoir. Cette Europe ne sera jamais sociale, ni démocratique, ni féministe, ni écologique.

La grande perspective qui s’offre aujourd’hui, enthousiasmante, passe donc par la sortie de l’Union européenne et la construction d’une Europe à la carte, ou à géométrie variable, fondée notamment sur les principes de la Charte de La Havane. C’est plus démocratique, efficace, réaliste et sérieux ! ».

Cette position permet d’engager un débat fructueux.
A chacun d’apporter son opinion, ses critiques, ses propositions.

 

 

par Jean Lévy publié dans : Europe
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