Vendredi 23 mai 2008

La démonstration est faite : la mobilisation sociale, essentiellement sous forme de manifestations, a été réalisée par "les gros bataillons de la CGT", pour reprendre l'expression des médias, en particulier  à Paris. Ils représentaient plus de 80% des participants au défilé; la CFDT (autour d'un millier de participants), FO, l'UNSA, SUD, la CFTC et la CGC groupaient moins de 10.000 personnes.
Quelles observations peut-on tirer de cette journée ?
D'abord, un grand dynamisme dans le cortège cégétiste, particulièrement dense et sonore, des mots d'ordre de lutte visant au "Tous ensemble", une volonté de poursuivre le combat. Si les mots d'ordre concernant les retraites étaient les plus scandés, ceux concernant le pouvoir d'achat traduisaient, tant pour les 'actifs' que pour les retraités, le malvivre d'une grande partie de la population. Le 22 mai n'était qu'un jalon dans un combat que chacun compte bien continuer.
Certes, les grèves les arrêts de travail ont été limités. Les transports (essentiellement à la SNCF et dans les transports urbains, en province), l'EDF, le Gaz de France, les installations portuaires, mais aussi des entreprises industrielles, ont fourni le plus fort contingent de grévistes. Encore très minoritaires, ceux-ci ont montré le chemin de l'unité dans l'action. Regrettons encore, qu'aucun mot d'ordre n'ai visé le "service minimum", et l'atteinte au droit de grève, constitué par l'obligation de se déclarer, deux jours avant le début du conflit.
On peut regretter l'absence des enseignants de la FSU, qui avaient pourtant massivement  répondu au rassemblement national de dimanche dernier dans la capitale, et qui s'apprêtent "à remettre çà", samedi, à l'appel, cette fois,  de tous leurs syndicats. Cette parcellisation des actions, profession par profession, par objectif revendicatif, nuit à la démonstration de force nécessaire. Les batailles "des Horaces contre les Curiaces" ont toujours conduit à la défaite.
La colère est multiple, profonde. Elle se généralise à des couches de plus en plus nombreuses de la société. Il faut fédérer le mécontentement populaire. Non seulement CONTRE les mesures du pouvoir sarkozien, mais aussi POUR une alternative politique de progrès social.
La CGT, ses dirigeants, qui ont adopté un ton plus énergique ces dernières semaines, oseront-ils promouvoir une offensive sociale de grande envergure à la hauteur des enjeux. Il en va de la crédibilité de la première centrale syndicale.
Mais limiter la lutte à des objectfs uniquement "syndicaux", sans leur donner un prolongement politique - ce qui est d'abord du ressort de tous les partis et organisations, qui se situent résolument contre le pouvoir sarkozien - conduit le mouvement social à l'impasse.
Il faut que se constitue un rassemblement de toutes les forces qui préconisent la RUPTURE avec le système économique actuel.  Il faut combattre frontalement la dictature du clan des milliardaires qui imposent leur objectifs de contre-révolution politique et sociale à notre pays. Il est nécessaire que cette perspective devienne rapidement un mot d'ordre de masse, débouchant sur une offensive populaire de grande envergure.

Tous les camarades, à travers leurs 'blogs', doivent participer, sans attendre, au débat sur ces idées, pour défendre ensemble des positions communes, impliquant un changement politique radical en France.

par Jean Lévy publié dans : Social
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 22 mai 2008
Une information très intéressante prise dans le blog "La lettre volée", de ce jour,  que nous reproduisons pour lui donner une audience encore plus large.

Fin de partie au collège Henri IV pour les petits 3ème qui ne seront pas pris au lycée du même nom. Les résultats viennent de tomber, froids : il n'est pas rare que plus des trois quarts des élèves d'une classe de troisième apprennent, vers la fin de l'année, que le lycée dont ils partagent la cour n'a pas de place pour eux (j'ai oublié la savoureuse formule techno-bureaucratique dont on gratifie ces bannis).

Non que le collège accueille quatre à cinq fois plus d'élèves que le lycée, il s'agit juste de faire de la place pour de la chair fraîche plus présentable : le lycée aura la joie de priver les autres collèges parisiens, voire ceux de la proche banlieue, de leurs plus brillants bulletins.

Les élèves invités à aller se faire voir ailleurs ne sont pas mauvais, ils ne sont juste pas au niveau auquel s'estime Henri IV.

Pendant que des enfants du quartier vont donc devoir apprendre, à 15 ans, à se vendre dans un autre lycée, après avoir apprécié leur valeur marchande ("suis-je assez bien pour Fénelon ou Lavoisier, ne devrais-je pas me restreindre à Montaigne ?..."), d'autres vont frissonner à l'idée d'entrer au paradis des futurs normaliens (xanax non fourni, mais un certain nombre d'élèves arrivent à s'en procurer).

La raison de ce comportement n'est pas simple. On peut dire de façon brute que les lycées qui se comportent ainsi cherchent à améliorer leur classement au palmarès des lycées (plus facile d'avoir 100% au bac en sélectionnant ses ouailles dès la 3ème). Cette stratégie ne fonctionne pas bien. Le lycée Henri IV n'est ainsi que 48ème lycée national selon le classement publié par l'Express, qui tient compte de la "valeur ajoutée" par élève (différence entre résultats attendus et résultats réels), et aussi des comportements d'écrémage (élèves "évacués" entre la seconde et la terminale, car présentant un risque d'échouer au bac). Cet écrémage n'est mesuré qu'à partir de la seconde, le classement ne semble pas tenir compte de l'écrémage massif qui s'effectue en fin de troisième, ce qui est fort dommage.

On peut aussi penser, de façon plus subtile, que les enseignants, les élèves, la mairie, les anciens élèves etc... sont ravis de participer du mythe du lycée parfait, de la moderne abbaye de Thélème - à droite comme à gauche, il serait sacrilège de toucher à ce symbole révéré (tellement de complicités pour l'admission à H4 au collège que certaines rues distantes de moins de 100 mètres de Henri 4 ont été rattachées à d'autres collèges, pour que H4 puisse accueillir une plus grande part d'élèves en dérogation).

*

Mmm... On s'en fout non ? Les malheurs de quelques gosses des beaux quartiers ont-ils la moindre importance politique ? Ne faut-il pas encourager une saine et républicaine émulation ? N'est-ce pas là preuve de la supériorité de l'esprit sur toute autre considération, la chance d'offrir à des élèves brillants mais issus de quartiers éloignés, le meilleur de notre enseignement ?

J'ai de gros doutes. D'abord parce que cette exception au principe général qui veut que les enfants d'un collège, sauf redoublement, aient accès automatiquement au lycée attenant ne me paraît pas bonne. Et je ne suis pas sûr que cela se déroule dans la plus grande transparence, ni que cela bénéficie en quoi que ce soit à des élèves défavorisés.

Ensuite, parce que ce qui se pratique dans ce qui est considéré comme le meilleur lycée de notre république ne peut pas ne pas avoir de retentissement sur l'ensemble de nos établissements. Je ne serais pas étonné d'apprendre que d'autres lycées de province adoptent le même comportement à l'égard des élèves issus de "leur" collège. Et l'ouverture de la carte scolaire instaurée par Sarkozy, sous les applaudissements de Ségolène, ne va qu'encourager à ce toujours plus de consumérisme éducatif.

Enfin, parce que je ne peux m'empêcher de faire le lien avec le stress au travail, très élevé en France, la consommation élevée de tranquillisants, le taux de suicide élevé en France
... Un enseignement dont les valeurs reposent si fortement sur la sélection précoce et l'écrémage ne peut pas laisser des traces par la suite. Et les résultats de la Finlande, dans les enquêtes internationales sur les compétences des élèves, placent ce pays au premier rang pour la qualité de son enseignement. Alors que les élèves n'y sont pas notés avant 15/16 ans.

Bref, il y a à mon avis tout un tas de raisons qui font que le "massacre à Henri IV" ne ressort pas complètement du domaine de l'anecdote. Même s'il est parfaitement dans l'air du temps, sélectif et individualiste.


par Jean Lévy publié dans : Social
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Jeudi 22 mai 2008

Aujourd'hui, a l'appel de l'ensemble des organisations syndicales, les salariés du public et du privé doivent se mobiliser pour protester contre les décisions du pouvoir sarkozien, visant à imposer 41 annuités de cotisations de retraite et l'âge de 61 ans pour percevoir  une pension complète. De source syndicale, on s'attend à une forte mobilisation, essentiellement sous forme de manifestations. Le chiffre 500.000 participants, dans environ 80 rassemblements en France, est avancé. On se souvient qu'en 2003, déjà sur les retraites, on comptabilisait, selon les sources de 1 à 2 millions de salariés dans les rues, accompagnés de grèves massives. Cette fois, on reste plus prudent, en matière de prévision, en ce qui concerne les arrêts de travail. Et de mettre en avant, d'une part le coût individuel d'une journée retenue, d'autre part, l'obligation de se déclarer personnellement gréviste, deux jours à l'avance dans les transports. A ce sujet, l'acceptation passive de ces nouvelles dispositions, pose question.
Pourquoi, à l'occasion de la mise en pratique de la nouvelle loi, les confédérations, la CGT en premier, n'ont-t-elles pas appelé les cheminots et les travailleurs de la RATP, à passer outre collectivement, à partir d'assemblées générales, dépôt par dépôt ?
Le respect de la "légalité" conduit-elle les syndicats à s'incliner devant des dispositions anti-grève ? Mais 'la loi" n'est q'une arme aux mains du gouvernement et des patrons, pour mettre en cause le droit de grève !
Rappelons-nous : en 1963, le général de Gaulle, au sommet de sa popularité (la fin de la guerre d'Algérie datait de moins d'un an), avait décrété la réquisition des mineurs en grève. Ceux-ci, pour défendre leur droit, avaient répliqué en refusant de se soumettre. Ils avaient brûlé dans d'immenses feux de joie, les avis individuels de réquisition. Par ce geste, les mineurs avaient défié, avec succès, le pouvoir. Et entourés de la solidarité ouvrière et populaire, ils avaient gagné leur bataille.
 
Appliquer une loi liberticide conduit inexorablement, de reniement en reniement, à se laisser désarmer sans combattre.
Pensons aux hommes et aux femmes, d'origine juive, qui, en octobre 40, ont obtempéré aux lois de Vichy en acceptant de se faire recenser dans  les commissariats. Beaucoup d'entre eux ont payé de leur vie cet acte de soumission  à la légalité du pouvoir en place
.
Alors pourquoi, aujourd'hui, la CGT n'a-t-elle pas renouvelé l'acte d'indiscipline réalisé, il y a 55 ans ? Pourquoi limiter chaque bataille sociale à un seul motif de mécontentement , un jour sur les retraites, un autre sur la réduction du nombre des fonctionnaires, un troisième sur le pouvoir d'achat (motif essentiel de la colère des salariés) ? Déjà, Thibault, en 2003, n'avait-il pas déclaré que son objectif n'était pas de "paralyser la France" ?
On peut comptabiliser les batailles perdues, dont certaines n'ont jamais été livrées, telles celles concernant les privatisations de pans entiers des secteurs publics, les lois anti-grève (le service minimum) en acceptant d'emblée de limiter ce droit essentiel par accord préalable, loi qui vise aujourd'hui les enseignants, les régimes spéciaux dans les transports, avec une grève d'une ampleur inconnue, et brisée dès le premier jour, la casse permanente du Code du travail, la  la précarité par la généralisation des CDD.
La colère gagne des secteurs entiers de la société.
Chaque  mesure du pouvoir sarkozien frappe une une nouvelle catégorie de citoyens.
Les dockers, les ouvriers des ports, sont en grève pour défendre leur statut public.
Les marins-pêcheurs veulent vivre de leur travail, et leurs bateaux se mettent en travers des rades. Dans nombre d'entreprises, usines et grandes surfaces, les salariés réclament leur dû, et des conditions de travail décentes, alors que leur exploitation forcenée, les réduit à l'état de détresse. Les retraités ne veulent plus de pensions et d'allocations qui leur imposent un niveau de vie, bien au-dessous du minimum. Les statistiques font état de "travailleurs pauvres" qui n'ont plus les moyens de se loger. D'autres salariés, par dizaines de milliers, parce qu'ils sont immigrés, sont placés en marge de la société, faute de papiers. Les chômeurs vont devoir accepter des emplois au rabais, amputés de 30%.
Sans parler des coupes budgétaires qui suppriment des hôpitaux de proximité, des classes et des écoles, des bureaux de poste, des juridictions proches des citoyens, de la loi qui livre l'Université aux intérêts privés, qui organise un enseignement à deux vitesses.
Tout concourt à multiplier le mécontentement de la population.
N'est-il pas grand temps de fédérer ces colères multiples ? Car elles sont toutes le résultat d'une politique unique, celle conforme aux intérêts d'une minorité de privilégiés qui nagent dans l'opulence, qui osent déserter l'impôt en protégeant leur fortune à l'étranger. Le pouvoir sarkozien a été mis en place par cette caste de 'milliardaires en euros' (ils seraient deux cents familles, en France, dans ce cas).
Au-delà des confédérations syndicales, qui savent tout cela mais qui font semblant de l'ignorer, l'union doit se créer à la base pour imposer une nouvelle politique, car la bataille est politique. Réduire la lutte sociale à une suite d'escarmouches contre chaque effet de la politique du pouvoir est criminel.
En refusant le "Tous ensemble", les organisations syndicales organisent la défaite ouvrière.
Aux salariés, à leurs syndicats de base de se prendre en mains pour organiser la riposte.
Il est grand temps.

par Jean Lévy publié dans : Social
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 21 mai 2008
Nous publions un texte intéressant de Mireille Popelin, dans le cadre de l'échange 
d'idées que nous recherchons depuis la création de ce blog, afin de susciter le débat nécessaire, face à l'offensive idéologique des forces du Capital.

Les Européistes et les Eurobéats , manipulés par les idéologues de l'Europe ont essayé de faire accroire au bon peuple de France que l'Europe était "la solution " à tous les maux :
L'argument des pères fondateurs était que l'Europe allait nous apporter la paix et la prospérité. Pourtant, les faits démontrent le contraire.
 
- la Guerre des Balkans : la Yougoslavie étant au bord de la faillite, le "sauveur" FMI est arrivé, l'Allemagne et l'Autriche plus le Vatican ont oeuvré ensemble pour que la Slovénie et la Croatie se séparent de leur "sud pauvre" . L'Union européenne reconnut la sécession de la Slovénie et de la Croatie, et en avril 1992, la guerre se déclencha ( malgré la protestation d'une partie de la gauche , celle qui avait vu clair dans le "projet "de l'Europe )
 
Le projet européen :
  • la création de la région, dans et par l'UE
  • l'activation de l'espace frontière par l'Allemagne
  • les communautés ethno-raciales ( Volksgruppen)
  • L'Europe centrale ( Mitteleuropa ) et la stratégie du capitalisme financier allemand
Nous ne pourrons traiter que les deux premiers points , la suite sera pour un prochain numéro ;
 
Régions dans et par l'UE
 
De nouvelles cartes ont été demandées par le ministère des affaires étrangères . L'Allemagne, pays le plus peuplé, domine l'Europe centrale ( Mitteleuropa ) .
Font partie de ce "Centre" les "zones de domination germanophones" : les cartes intègrent :
- des parties de la France, du Danemark, l'ensemble du Luxembourg, la Suisse ainsi que l'Italie du nord
- la Pologne, la république tchèque et la Hongrie font partie de cette Europe centrale . Pourquoi ? parce que toutes ces REGIONS ont fait partie de
"l' Empire allemand "
Ces cartes sont publiées par " German-foreign-policy" ( projet discuté dans une commission par une institution -institut financé par État)
"La grande structuration de l'Europe " aurait été rédigée sans intentions " nationales-politiques" (?)
 
Territoires de cette Europe centrale :
 
Selon la conception allemande , des parties des territoires des pays voisins feraient partie de cette Europe centrale :Une partie de :
 
- La Roumanie
- de l'Ukraine
- de la Biélorussie
- les États baltes appartenaient  à l'Ordre "teutonique"
 
L'Europe de l'Ouest
- le Danemark
- le Luxembourg
- la Belgique ; qui se verrait retirer ses "territoires allemands "
- la France perdrait l'Alsace- Lorraine " qui a fait partie  du Saint-Empire romain germanique de 1871 à 1918 ", "sans parler de la situation de guerre, pendant la seconde guerre mondiale "
Cette référence à l'occupation nazie de l'Alsace-Lorraine est une véritable provocation que n'oseraient pas faire les révisionnistes et l'extême-droite ! Rappelons que ce travail est une commande du ministère des Affaires étrangères .
Cette Europe centrale modelée et remodelée par l'Allemagne est un espace vital ethnique et linguistique, et aussi un territoire pour une expansion de l'exploitation économique capitaliste.  Les auteurs ignorent ou font semblant d'ignorer la période de :
1916 à 1945 , c'est à dire le passage de la dictature nazie sur l'Europe !
 
L'activation de l'espace-frontière
 
Les dessous de la politique allemande : le Tibet
Une séparatiste chinoise, Rebiya Kadeer est reçue au ministère des Affaires étrangères :
Les Ouïgours sont une minorité musulmane de la région autonome de Xanjiang . Ils veulent la sécession de leur territoire avec la République de Chine . Ce lobbying auprès de Berlin suit le voyage du Dalaï -lama . Le prétendu dieu-roi s'est rendu en Catalogne ( choix de la région séparatiste de l'Espagne) puis en Autriche et enfin aux USA , où il s'est montré aux côtés de Bush . Ces activistes séparatistes exercent une pression constante auprès de l ' UE et des USA ., et cela depuis des décennies !
La stratégie de Munich consiste à réunir et soutenir :
 
les sécessionnistes Tibétains, Ouïgours et Mongols ( 3 peuples )
 
L'objectif du Dalaï-lama est d'ailleurs très clair , il n'y a qu'à bien écouter le discours qu'il fit à New-York :
 
" Nos trois peuples sont reliés par la géographie et par l'histoire, et en ce moment, par l'occupation chinoise " 
 
2e partie
 
La Pologne :
 
Des organisations de la minorité germanophone en Pologne s'arrogent des droits de souveraineté :
des associations socio-culturelles de la minorité allemande dans la Voïvodie d'Opole : elle veut mettre des inscriptions en allemand sur les bâtiments officiels , les monuments , les écoles etc . La population polonophone dénonce ces actions concertées qu"elles considèrent comme l'expression d'un révisionnisme croissant "
.La base juridique d'un " Traité de bon voisinage "qui est passé au moment où la Pologne changeait de système politique s'inscrit dans la " Volksgruppen-politik"de l'Allemagne , où le "Volk prime l'Etat"
La Silésie : 12,5 % se sont déclarés "silésiens"  et réclament leur autonomie,ils reprochent au gouvernement polonais "un colonialisme intérieur " ( cela ne vous rappelle rien ? nous avons aussi nos indigènes de la République , qui nous accusent de colonialisme intérieur )
Depuis le début des années 1990 , Berlin soutient et propage cette conscience régionale tenue pour nécessaire .
 
Le rôle du Vatican : ( avec l'aide de Mme Lacroix-Riz, professeur d'histoire contemporaine à Paris VII : 
 
" Le Vatican avait par le Concordat de Juillet 1933 signé avec le REICH qu'il rechristianiserait la Russie " Pour cela, il a utilisé l'Ukraine en utilisant l'uniatisme ( rattachement à Rome avec certains orthodoxes ) , cette religion était censée faire le lien entre l'Orient et l'Occident . Cette conquête était du ressort de Szepticky , évêque de Lemberg .
En 1941, la Curie massa en Roumanie, au milieu des troupes allemandes , les hauts clercs allemands et baltes qui étaient des envoyés espions.La défaite du Reich à l'Est porta un coup à leur ambition.
La position de Pie XII en faveur des oustachis en Croatie : le Vatican donna son entier assentiment à toutes sortes de crimes contre les juifs et les orthodoxes ! Il faut parler de Stepinac , le chef de l'église croate. cet agent germanique fut aussi chef notoire des nazis croates . En mai 1945, il organisa la fuite des criminels nazis . Il faut ajouter que Tito ( en quête de prêts américains) ne fut pas à la hauteur et accorda une impunité à Stépinac, qui fut libéré en 1951 ! et continua ses activités de subversion des zones catholiques de la Yougoslavie, avec l'aide de Washington et de l'Allemagne vaincue !  
pour arriver à : la mort de la Yougoslavie
 
Ainsi, en menant une politique d'affaiblissement des états-frontières, en luttant au moyen d'associations ethno-culturelles pour que la langue allemande soit préservée, l'Allemagne cherche à regagner son territoire perdu : le Reich
 
L'empire industriel :
 
L'action d'or :
 
ou la suprématie chez EADS . Des responsables français mettent en garde contre la reprise par l'Allemagne de l'entreprise EADS . Le co-président ( J.F Knepper ) :
" L'Allemagne est en train de s'approprier l'industrie aérospatiale et la défense européenne. "
Airbus est la plus importante filiale d'EADs . Le français Gallois est l'unique patron du groupe , mais le président du Conseil d'administration et le président d' Airbus sont allemands .  
Berlin veut augmenter son influence chez EADS . Ceux qui détiennent cette action d'or ont une influence plus grande que les autres actionnaires.
Des domaines importants de la production et de la recherche restent en Allemagne :
La France se voit imposer la perte d'un plus grand nombre d'emplois . Et la vente des sites de Saint-Nazaire et de Méaulte ( voir Humanité du 23 avril - qui  vient confirmer les dires des chercheurs et analystes ) :
Les 3 sites allemands sont filialisés et RESTENT dans EADS et en ALLEMAGNE .Les syndicats ont compris
" nous voulons le même traitement en France qu'en Allemagne" dit un dirigeant syndical
Même scénario pour l'Allemagne et la Suède : 
Le consortium allemand MAN agit de manière "inhabituellement rude " face au constructeur de camions suédois SCANIA . " Cela rappelle les méthodes utilisées pendant la deuxième guerre mondiale" se plaint le PDG suédois .
C'est une bataille à coups de milliards , d'un côté MAN + Volkswagen contre Scania . Les deux alliés allemands possèdent maintenant plus de la moitié du capital !
Voilà comment l'Allemagne recrée son empire industriel ;
 
Mme Lacroix-Riz : " Tous les dirigeants d'Europe occidentale surent, avant la fin de la 2e guerre mondiale que cette entreprise ( l'Union européenne ) serait menée sous l'égide de l'ancien Reich : retour à la puissance industrielle , proclamation de son droit au réarmement au sein du pacte atlantique "contre le péril rouge"
 
Pour terminer , deux citations :
" Accomplir quelque chose en quoi nous avons échoué à deux reprises et qui est en harmonie avec nos voisins, de trouver le rôle correspondant à nos souhaits et à notre potentiel "
Klaus Kinkel , ministre des Affaires étrangères , 19 mars 1993
 
Et une autre :
" Est-ce que l'Allemagne va enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales, c'est-à-dire une sorte d'hégémonie douce sur l'Europe, résultat de son poids, de sa position géographique et de sa puissance industrielle "
Joschka Fischer , ministre des Affaires étrangères 1995
 
Sans commentaires .
 
Mireille Popelin
Avec l'aide précieuse de chercheurs du Centre de sociologie historique de Montargis
Traductions du site www.german-foreign-policy.com ( sous la responsablité du centre de Montargis )
et de Mme Lacroix-Riz Annie .
 
par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 19 mai 2008

Après un an de pouvoir sarkozien, il est nécessaire  d'analyser la politique qu'il a imposée  au pays, et de réfléchir aux moyens d'en sortir.
L'opposition, ou du moins les forces qui s'en réclament, considère qu'il s'agit de la politique la plus rétrograde réalisée depuis le régime de Vichy. Certes, nous vivons une régression sociale qui vise à réduire à néant cent ans de luttes et de progrès. Mais les conditions dans lesquelles se développe la "contre-révolution" et les objectifs de cellea-ci,  sont différents.
L'Etat français visait à reconstituer une société du passé, antérieure à la République. Cela supposait le retour à des valeurs d'inspiration monarchique, et la mise en pratique de mesures les plus réactionnaires, au sens littéral du terme. Cette volonté s'accordait avec les objectifs de l'Occupant : réduire la France à un rôle secondaire, tributaire en toutes choses des intérêts du vainqueur.

Aujourd'hui, notre pays est partie intégrante de l'Union européenne. Sa législation, comme celle de chaque Etat de l'UE, doit répondre aux normes exigées par les forces économiques qui ont imposé cette construction supranationale. Le capital financier est aux commandes. Il détermine la politique économique et sociale de l'ensemble européen, compatible avec ses intérêts et ses perspectives, dans la confrontation mondiale suscitée par la globalisation capitaliste.
Or, le rapport de forces mondial n'est plus, comme jusqu'à la moitié du XXème siècle, en faveur des puissances européennes. Les Etats-Unis, s'ils conservent, encore aujourd'hui, une avance technologique et militaire indéniable, doivent compter comme l'Union européenne, avec la Chine, l'Inde et la Russie en pleine expansion. Les matières premières, les sources d'énergie, le dynamisme industriel, ne sont plus concentrés dans les pays occidentaux. Ceux-ci doivent compter avec les Etas "émergents".
Aussi, pour maintenir une suprématie fragilisée, les Etats-Unis comme l'Union européenne doivent imposer à leurs peuples une exploitation accrue, jusqu'à l'insupportable. Toute leur économie tend à "coloniser" leur propres population, comme, hier, ils colonisaient d'autres continents. Certes, sur ceux-ci, l'Afrique en particulier, les Occidentaux conservent des intérêts considérables, mais ceux-ci sont maintenant concurrencés par la Chine, d'abord, mais aussi par l'Inde.
 
Aussi, dans le combat acharné qu'il mène pour assurer sa suprématie et un taux maximum de profit, dans une concurrence exacerbée, le Capital, et les forces politiques qui le servent, n'ont pas le choix des moyens : la réduction du coût du travail, la contraction des budgets d'Etat au détriment, non seulement des investissements, mais également des dépenses de fonctionnement.
Telle est la politique unique des vingt-sept Etats qui  composent l'UE, quelle que soit la couleur politique de leurs gouvernements.
La réduction du coût du travail est réalisée, sur le plan domestique, par :
 - la stagnation des salaires, face à l'inflation,  
 - l'allongement du temps de travail ( horaire,  annuités donnant droit à la retraite),
 - la généralisation des contrats individuels, substitués aux contrats collectifs,
 - l'annualisation des rémunérations,
 - la généralisation de la précarité,
 - l'intensification du travail jusqu'à l'épuisement, 
 - la destruction systématique du Code du travail, 
 - la diminution drastique des allocations-chômage, pour imposer aux privés d'emploi des salaires réduits ou leur radiation,
 - l'amenuisement du droit syndical, celui de faire grève, en particulier, pour désarmer la résistance sociale.
La réduction du coût du travail est obtenue parallèlement par la délocalisation à outrance  d'entreprises au sein de l'Union européenne, et au-delà des frontières de celle-ci, dans les pays où le salaire est des plus bas. La fermeture d'entreprises, la désertification industrielle découlent de cette politique.
La contraction du budget de l'Etat, avec la réduction du nombre de fonctionnaires, se répercute dans les domaines de la santé, de l'éducation, du logement, des communications, de la justice, de la culture.
L'absence d'nvestissements et les dépenses de fonctionnement, de plus en plus réduites, cela signifie la suppression d'hôpitaux et de services de soins, la fermeture de classes et d'écoles, un manque criant d'HLM, un service qui se déteriore dans les transports et la poste, la suppression de lieux de justice, des dotations de plus en plus rares aux espaces culturels publics.
La privatisation accélérée de tous les secteurs rentables, des entreprises aux Universités, est source supplémentaire du mal-vivre de la population.

Toute cette politique conduit au développement du mécontentement. Les salariés, les privés d'emploi, sont devenus une composante "jetable" après usage. Ils fournissent les bataillons des "nouveaux pauvres" qui ne peuvent plus se loger et se nourrir, faute de moyens. Les retraités, pour nombre d'entre eux,  doivent se contenter de pensions qui ne leur permettent plus de vivre, même modestement.
Au-delà des salariés, premières victimes du Capital, de nouvelles professions, des catégories de plus en plus nombreuses de la population, ressentent, à leur tour, les effets de la "globalisation" capitaliste. Artisans, avocats, juges, marins-pêcheurs, sont maintenant touchés par la politique du pouvoir. Et ils manifestent aussi leur colère. De même, celle-ci gagne de nombreuses familles privées d'hôpitaux de proximité et d'écoles proches.

Mais la résistance de chacune des professions, de telle ou telle  catégorie sociale, s'exerce isolément, face à un pouvoir patrono-politique concentré et déterminé.
Tel est le danger : celui de perdre bataille après bataille.
Certaines confédérations, la CFDT entre autres, plaide pour des mouvements distincts, pour des manifestations ou des grèves sectorielles, sous prétexte d'efficacité. 
Avec la division promue comme stratégie, c'est le désastre social assuré.
Il faut, au contraire, parvenir à unifier les luttes sociales, à imposer le "tous ensemble" aux organsations syndicales. Et par "tous ensemble", c'est le monde du travail tout entier qu'il faut entrainer, et pas seulement courir après le bon vouloir des directions confédérales.
Mais en outre, et sans attendre, il faut songer à faire converger tous les mécontentements, avec et au-delà des seuls salariés, pour  transformer la colère commune en une déferlante populaire.  
Contre les nouveaux "ci-devants", pour en finir avec la "caste des privilégiés" qui se sont appropriés la France pour la privatiser et la vendre aux plus offrants, il faut unir la Nation  dans une nouvelle Résistance de masse.
Redonner à notre pays son indépendance, et à notre peuple, sa souveraineté, sont les conditions d'un renouveau national et social. Celui-ci devra passer par une réindustrialisation programmée de la France, nécessaire à la satisfaction des besoins matériels et culturels de l'ensemble de la population.
Sans la création des richesses nécessaires, pas de ressources à répartir pour le bien-être de chacun, pas de progrès social durable.
Cela suppose que les secteurs stratégiques de l'économie appartiennent à la Nation.
Cela induit, pour chacun, des droits politiques et sociaux de haut niveau, un contrôle populaire de l'entreprise et du plan local jusqu'au plus haut de l'Etat, sur tous les pouvoirs et sur tous les élus.
Cette perspective n'est pas concevable au sein de l'Union européenne, mise en place par le Capital, pour des objectifs contraires.
Pour en sortir, c'est simple : créons le rapport de forces nécessaire à notre nouvelle libération. Notre exemple fera éclater le carcan européen, car le bonheur sera alors une idée nouvelle, qui se propagera en Europe.

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 18 mai 2008

Nous publions ci-dessous l'édito de
L'ESTRADE, publié par l'ADER, Association de Défense de l'Ecole de la République
*

L'outre-Manche montre la voie
Pour la première fois, des sociétés privées vont être autorisées à délivrer des diplômes sanctionnant des qualifications nationales britanniques. La très populaire, et donc fort démocratique, chaîne de restauration rapide McDonald's pourra décerner ses propres diplômes, avec équivalence reconnue par l'Etat au niveau "A Level", abréviation de Advanced Level (Niveau Avancé), un examen passé au cours des deux dernières années de l'éducation secondaire et souvent exigé pour l'entrée à l'Université.
Mc Donald's pourra ainsi procéder à la collation d'un baccalauréat en "gestion du travail en équipe" (ah, le travail en équipes toyotistes...repris par le management scolaire néolibéral, et si apprécié des pédagogistes, y compris syndicaux), qui certifiera que son détenteur sera compétent dans toutes les tâches liées à la gestion d'un restaurant Mc Donald's, du marketing aux ressources humaines en passant par les services à la clientèle. C'est du moins ce qu'a tenu à préciser l'agence gouvernementale chargée des cursus scolaires (Qualifications and Curriculum Authority, QCA).

Il y aura donc certification patronale de compétences garanties et ainsi transposables vers une relation de travail avec une autre entreprise de malbouffe rapide. Un fort vent d'espoir se lève pour la jeunesse de tout un royaume, laquelle pourra enfin étudier, en atelier, des disciplines professionnelles intéressantes, manger des frites à l'interclasse, boire du Coca à volonté dans une cantine sans doute gratuite, et obtenir dans ce cadre éducatif et formatif un bac reconnu de haut niveau cognotif.

Un nouveau type de lycée hôtelier est ainsi en gestation, qui préparera à une véritable mobilité internationale, puisque la gastronomie rapide a colonisé la planète entière...tout le contraire d'un baccalauréat professionnel  maison ou d'une simple certification spécifique et non transposable centrée sur les besoins de main d'oeuvre à court terme du patronat local.

Le système de labellisation des entrprises diplômantes semble appelé à se généraliser puisque deux autres etreprises sont labellisées et pourront décerner leur propre "A-Level", soit le diplôme britannique qui correspond à notre vieux baccalauréat. "Cette importante mesure vise à mettre fin aux vieilles divisions entre les qualifications  nationales et la formation en entreprise, ce qui va être à l'avantage des emloyés, des employeurs (le patronat partisan de l'instruction des jeunes et de leur diplomation, voilà qui est épatant !) et du pays dans son ensemble", a déclaré le ministre des Universités et de la formation.

Mc Donald's qui crée son propre bac, n'est-ce pas un pas de plus, génialement et audacieusement libéral, vers l'éclatement enfin abouti de l'Ecole monolithique d'antan et la mise en place d'un vrai système scolaire pluriel totalement concurrentiel ? Une directive (loi-cadre européenne bientôt) ne devrait-elle pas imposer l'élargissement du dispositif à l'ensemble de l'Union européenne ?

Vivement la réalisation du plan Darcos pour l'enseignement professioonnel, les jeunes auront bientôt un bac "supporter" dans les lycées des "métiers du 'foutbol" ! Et avec le programme d'achèvement de la libéralisation scolaire incorporé au rapport Attali, nous dépasserons sans doute Messieurs les anglais, lesquels ont eu l'audace de tirer les premiers, par les conséquences induites sur les diplômes du libéralisme scolaire.

Le programme Sarkozy-Attali proposant de décider la mise en place du chèque-éducation, pourquoi d'ailleurs ne pas lancer de appels d'offre de privatisation en direction des entreprises de malbouffe rapide ?

                                                                                                             E.F.

* Si vous êtes intéressés par L'Estrade, bulletin trimestriel de l'ADER, vous pouvez
 écrire à :
ADER, Commagny, 58290 Moulins Engilbert

par Jean Lévy publié dans : Social
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 18 mai 2008

Contre le Venezuela et l'Equateur, Bush nous refait le coup des "armes de destruction massive". Petit inventaire de la désinformation.
MICHEL COLLON
16 mai 2008

Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge. Aujourd'hui, Bush menace le Venezuela et l'Equateur. Demain, l'Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d'Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l'indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.
Des journaux comme Le Monde répercutent cette campagne de propagande pour la prochaine guerre de Bush. Rappelons simplement combien de fois les mêmes Etats-Unis et les mêmes médias nous ont déjà manipulés. Chaque grande guerre est « justifiée » par ce qui apparaîtra plus tard (trop tard) comme une désinformation. Inventaire rapide...

1. VIETNAM (1964-1975) :
MEDIAMENSONGE :
Les 2 et 3 août 1964, le Nord-Vietnam aurait attaqué deux navires US dans la baie du Tonkin.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
L'attaque n'a jamais eu lieu. C'est une invention de la Maison-Blanche.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher l'indépendance du Vietnam et maintenir la domination US sur la région.

CONSEQUENCES :
Millions de victimes, malformations génétiques (Agent Orange), énormes problèmes sociaux.

2. GRENADE (1983) :
MEDIAMENSONGE :
La petite île des Caraïbes est accusée de construire une base militaire soviétique et de mettre en danger la vie de médecins US.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Entièrement faux. Le président US Reagan a fabriqué ces prétextes de toutes pièces.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher les réformes sociales et démocratiques du premier ministre Bishop (qui sera assassiné).

CONSEQUENCES :
Répression brutale et rétablissement de la mainmise de Washington.

3. PANAMA (1989) :
MEDIAMENSONGE :
L'invasion vise à arrêter le président Noriega pour trafic de drogue.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Bien que créature de la CIA, Noriega réclamait la souveraineté à la fin du bail du canal. Intolérable pour les USA.

VERITABLE OBJECTIF :
Maintenir le contrôle US sur cette voie de communication stratégique.

CONSEQUENCES :
Les bombardements US ont tué 2.000 à 4.000 civils, ignorés des médias.

4. IRAK (1991) :
MEDIAMENSONGE :
Les Irakiens auraient volé les couveuses de la maternité de Koweït-City.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention totale par une agence publicitaire payée par l'émir du Koweït, Hill & Knowlton.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher que le Moyen-Orient résiste à Israël et acquière son indépendance envers les USA.

CONSEQUENCES :
D'innombrables victimes par la guerre, puis un long embargo y compris sur les médicaments.

5. SOMALIE (1993) :
MEDIAMENSONGE :
Monsieur Kouchner se « met en scène » comme héros d'une intervention humanitaire.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Quatre sociétés US avaient acheté un quart du sous-sol somalien riche en pétrole.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler une région militairement stratégique.

CONSEQUENCES :
Ne parvenant pas à la contrôler, les Etats-Unis maintiendront la région dans un chaos prolongé.

6. BOSNIE (1992 - 1995) :
MEDIAMENSONGE :
La firme US Ruder Finn et Bernard Kouchner mettent en scène de prétendus camps serbes d'extermination.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Ruder Finn et Kouchner mentaient. C'étaient des camps de prisonniers en vue d'échanges. Le président musulman Izetbegovic l'a avoué.

VERITABLE OBJECTIF :
Briser la Yougoslavie trop à gauche, éliminer son système social, soumettre la zone aux multinationales, contrôler le Danube et les routes stratégiques des Balkans.

CONSEQUENCES :
Quatre années d'une guerre atroce pour toutes les nationalités (musulmans, serbes, croates). Provoquée par Berlin, prolongée par Washington.

7. YOUGOSLAVIE (1999) :
MEDIAMENSONGE :
Les Serbes commettent un génocide sur les Albanais du Kosovo.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention pure et simple de l'Otan comme le reconnut Jamie Shea, son porte-parole officiel.

VERITABLE OBJECTIF :
Imposer la domination de l'Otan sur les Balkans, et sa transformation en gendarme du monde. Installer une base militaire US au Kosovo.

CONSEQUENCES :
Deux mille victimes des bombardements OTAN. Nettoyage ethnique du Kosovo par l'UCK, protégée de l'Otan.

8. AFGHANISTAN (2001) :
MEDIAMENSONGE :
Bush prétend venger le 11 septembre et capturer Ben Laden.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Aucune preuve que ce réseau existe. De toute façon, les talibans avaient proposé d'extrader Ben Laden.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler militairement le centre stratégique de l'Asie, construire un pipeline permettant de contrôler l'approvisionnement énergétique de l'Asie du Sud.

CONSEQUENCES :
Occupation de très longue durée, et forte hausse de la production et du trafic d'opium.

9. IRAK (2003) :
MEDIAMENSONGE :
Saddam posséderait de dangereuses armes de destruction, affirme Colin Powell à l'ONU, éprouvette en main.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
La Maison-Blanche a ordonné à ses services de falsifier des rapports (affaire Libby) ou d'en fabriquer.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler tout le pétrole et pouvoir faire chanter ses rivaux : Europe, Japon, Chine...

CONSEQUENCES :
L'Irak plongé dans la barbarie, les femmes ramenées à la soumission et l'obscurantisme.

10 VENEZUELA - EQUATEUR - (2008 ?) :
MEDIAMENSONGE :
Chavez soutiendrait le terrorisme, importerait des armes, serait un dictateur (le prétexte définitif ne semble pas encore choisi).

CE QU'ON SAIT DEJA:
Plusieurs médiamensonges précédents se sont déjà dégonflés : Chavez tirant sur son peuple, Chavez antisémite, Chavez militariste... Mais la diabolisation continue.

VERITABLE OBJECTIF :
Les multinationales US veulent garder le contrôle du pétrole et des autres richesses de toute l'Amérique latine, ils craignent la libération sociale et démocratique du continent.

CONSEQUENCES :
Washington mène une guerre globale contre le continent : coups d'Etat, sabotages économiques, chantages, développement de bases militaires près des richesses naturelles..

CONCLUSION:
Chaque guerre est précédée et 'justifiée' par un grand médiamensonge. Et notre inventaire est loin d'être complet ! Empêcher les guerres, c'est d'abord démasquer ces médiamensonges le plus tôt possible et le plus largement possible. Merci de diffuser ce texte, de le traduire si possible (la version espagnole arrive bientôt), et de nous communiquer ces traductions. Dans la guerre de l'info, la véritable force, c'est vous !

MICHEL COLLON
par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 16 mai 2008

A propos du Parti de la Refondation Communiste *

Depuis la disparition des DS, Refondation Communiste est la dernière organisation politique italienne de taille significative issue du mouvement ouvrier. Il est donc d’autant plus indispensable de revenir sur la question de ce parti, de son bilan et des perspectives qu’on peut envisager.

Aux origines de Rifondazione Communista

On sait qu’en 1991, lors de la constitution du PDS, une minorité significative de militants communistes dirigés par A. Cossutta, refusa le nouveau parti. Désireux de perpétuer la tradition communiste (quoiqu’elle soit), ils fondèrent donc le PRC dont Bertinotti, militant réformiste de gauche de longue date, prit rapidement la tête. Cossutta devint quant à lui président du nouveau parti.

Durant ces premières années, le parti attira à lui l’essentiel de ceux qui désiraient combattre Berlusconi - dès décembre 1991, il comptait plusieurs dizaines de milliers de membresv. Rifondazione devint un creuset où coexistaient toutes sortes de générations politiques, nostalgiques du vieux PCI, trotskystes, rescapés de l’extrême-gauche des années 70, etc. Son ouverture aux questions « sociétales » (féminisme, écologie…) lui donna aussi un caractère proche du vieux PSU français.

Le PRC avait à cette époque la caractère d’un parti permettant « une naïve collaboration de toutes les fractions », selon la formule connue de Engels. Cette coexistence était d’autant plus aisée que sur bien des questions, la position du parti demeurait vague.

Ainsi, le rapport au pouvoir du parti restait vague. Était-il prêt ou pas à participer un gouvernement bourgeois, ou au contraire son objectif était-il exclusivement de mettre en place un gouvernement des travailleurs, prenant des mesures anti-capitalistes radicales ? La réponse restait floue, encore qu’aucun doute ne soit permis. En tout cas, aucune position de principe n’était donnée, ce qui suffit à caractériser ce parti comme réformiste.

Évidemment, ce flou ne pouvait persister durablement. Dès 1996, l’Histoire obligea la direction du PRC à sortir du bois.

Soutien au premier gouvernement Prodi

On a vu qu’à la suite des élections de 1996, L’Olivier remporta les élections - on notera qu’à cet occasion Rifondazione accepta des accords de désistement électoral avec cette coalition, donc avec des partis bourgeois. Au lieu d’éclairer par avance les travailleurs sur le rôle de cette coalition, de Prodi, cet accord signifiait à tous que le PRC préférait ce dernier à Berlusconi….1

Un premier gouvernement Prodi fut constitué – le cœur de son programme étant l’assainissement indispensable à l’entrée dans l’Union Économique Européenne, bref l’adaptation du pays aux critères de Maastricht.

Mais la couverture parlementaire de cette coalition était si faible que les voix des députés communistes étaient indispensables au gouvernement Prodi pour se maintenir. Bertinotti et Cossutta s’exécutèrent donc, mais la situation allait vite s’avérer intenable pour eux (sur le long terme, cela revenait à un suicide politique).

En octobre 1997, premier avertissement : Bertinotti refuse de voter un budget dont le caractère anti-ouvrier est incontestable. Soumis à d’intenses pressions, il se ravise et le gouvernement Prodi est finalement sauvé. Mais un an plus tard, même scénario. Or cette fois Bertinotti maintient sa position : le gouvernement Prodi chute. Parallèlement, l’aile la plus ouvertement réformiste, nostalgique du vieux PCI, quitte le PRC : avec Cossutta à sa tête, elle fonde le Parti des Communistes d’Italie, qui s’engage dans le soutien au nouveau gouvernement D’Alema (tout aussi réactionnaire que celui de Prodi).

Pour Bertinotti, cette scission est du pain béni. Les voix du PRC n’étant plus indispensables à l’Olivier, la pression se relâche. Le secrétaire du PRC peut avoir recours à un langage « gauche », et il ne se gêne pas.

Ce sont ces déclarations qui permirent à certains observateurs d’extrême-gauche (qu’ils soient de la LCR française ou du SWP britanniquevi) de parler de « tournant à gauche ». Ultérieurement, L. Maitan alla jusquà évoquer « processus de mutation historique » du PRC.

En fait, il s’agissait simplement d’une manœuvre en retrait : Bertinotti avait compris que son soutien au gouvernement de Prodi le menait au suicide pur et simple - il reculait donc pour un temps, rien de plus.

Mais il n’y avait aucune « mutation historique » du PRC, qui demeurait une organisation de type réformiste. Et si la participation à un tel parti n’avait rien de condamnable en soi (contrairement à ce que pensent de nombreux militants de la LCR a posteriori), cette participation ne pouvait se faire que sur une ligne d’indépendance face à la direction du PRC. Notamment, la question du rapport du parti au pouvoir, la question du gouvernement des travailleurs, le refus par principe de la participation à un gouvernement capitaliste, de la moindre collaboration électorale avec un parti de ce type, était une ligne de séparation absolue entre le groupe Bertinotti et les militants révolutionnaires.

Des phrases gauche à la capitulation

On a vu plus haut qu’à la suite de l’élection de Berlusconi, de gigantesques luttes se déroulèrent en Italie – notamment lors du sommet du G8 de Gênes, à l’occasion duquel des centaines de milliers de participants, surtout jeunes convergèrent vers cette ville. Incontestablement, le PRC fut le parti qui y fut le plus intimement mêlé à ces luttes, le PDS étant ouvertement conspué – on se souvient des réquisitoires prononcés alors contre ce parti par le cinéaste Moretti.

En ce qui concerne le PRC, l’important est que la question de la définition d’une tactique posant la question du pouvoir, du gouvernement, perdait de son acuité - la question du remplacement du gouvernement Berlusconi n’étant pas une question immédiate. Faire d’interminables déclarations sur « la centralité du mouvement altermondialiste », le « nouveau » mouvement ouvrier, pouvait suffire pour un temps.

Pourtant, dès 2002, qui voulait comprendre le pouvait. Dans le cadre du débat préparatoire au V° congrès du PRC (2002), la presse se fit l’écho des positions de du courant trotskyste « Projet Communiste » :

« Marco Ferrando a opposé un net refus à toute ouverture de Refondation au centre-gauche. Selon lui l’Olivier n’est qu’une forme différente d’organisation politique de la bourgeoisie. Seule l’émancipation du mouvement face à l’Olivier peut permettre de battre Berlusconi : des résultats concrets ne sauront être obtenus que par une lutte radicale. (…) Un gouvernement de l’Olivier ne serait qu’un nouveau gouvernement néolibéral : le seul gouvernement auquel des communistes puissent participer est un gouvernement basé sur les travailleurs et leur force. »vii

Ferrando voyait juste sur l’essentiel.

Quelques mois plus tard, les choses se précisèrent avec la perspective des élections de 2006. Les Thèses soumises au vote du VI° congrès du parti (2005) indiquent :

« le PRC et la gauche d’alternative doivent savoir passer aussi par l’expérience de gouvernement en fonction de la croissance qualitative des mouvements et de la possibilité de déployer une action politique plus vaste, plus complexe et plus longue dans la société »viii

Avec 60 % des mandats, Bertinotti embarqua donc le PRC au sein de l’Unione, nouvelle coalition dominée par le PDS et sur la ligne de Prodi. L’Humanité reproduit ses « explications » :

« tout a changé par rapport à 1998, « les mouvements sociaux sont au centre de la scène, l’Olivier n’existe plus et le centre gauche ne pourra pas faire la même politique ». Quant à la bourgeoisie, « certaines de ses composantes savent que la financiarisation des marchés ne suffit pas, et elles ont accepté le principe de l’intervention publique dans l’économie »ix

Pour que les choses soient claires Ferrando et son courant furent rapidement expulsés du parti, suite à une déclaration où celui-ci se solidarisait avec les insurgés irakiens face aux forces impérialistes (y compris italiennes).

Bertinotti alla même jusqu’à accepter le cadre des « référendum citoyens » typiques des machines électorales bourgeoises : en octobre 2005, Prodi fut désigné leader officiel de la coalition contre Bertinotti qui lui fit allégeance.

Le 2° gouvernement Prodi

Vint l’élection de 2006, gagnée de justesse par l’Unione et aboutissant à un nouveau gouvernement dirigé par Prodi. On a vu que la politique suivie par celui-ci ne fut guère différente guère de celle suivie en 1996. En fait,elle se situait dans la continuité de celle menée par Berlusconi.

Les choses étaient d’ailleurs claires dès le départ, puisque le programme de gouvernement de Prodi prévoyait de baisser immédiatement la fiscalité sur le travail de 5%. Pourtant, Bertinotti, ne mégota pas sur son enthousiasme, caractérisant ce document comme :

« un programme réussi au-delà des prévisions les plus optimistes »x

A la suite de quoi le secrétaire du PRC fut fait président de la Chambre des Députés. Et durant les mois qui suivirent, la direction du PRC colla à Prodi sans faillir. Bertinotti alla jusqu’à déclarer :

« nos soldats au Liban sont la vitrine du pays »xi

Concernant, la réforme sur les retraites, le responsable communiste au Travail, Ziponi, parla d’un accord « obligé »xii. On pourrait multiplier les exemples.

L’Arc-en-ciel

L’utlime cabriole de la direction de Refondation Communiste fut la constitution de la coalition « Arc-en-ciel ».

Initialement déclenchée par la recherche de jonction avec le courant du PDS qui refusait sa destruction, la Gauche Démocratique (Sinistra Democratica), cette coalition se constitua autour du PRC avec le PdCI, les verts et SD. Au-delà de la rodomontade (« contester l’hégémonie au Parti Démocrate » - sans blagues !), l’acte de naissance de ce regroupement était le soutien au gouvernement Prodi.

Très rapidement Bertinotti commença à prendre se rêves pour des réalités. Ainsi, les militants communistes virent leurs appréhensions confirmés. Ils iraient à la bataille électorale sans les symboles du parti (marteau et faucilles, drapeaux rouges…). Ces « vieilleries » seraient remplacées par un arc-en-ciel …

N. Vendola, président PRC de la région des Pouilles, servit aux militants qui regimbaient la réponse convenue lors d’un interview prévisible :

« Pour moi, un communiste ne peut être un fétichiste du communisme, ni quelqu’un qui aurait des obsessions de gardien de musée. Le passé doit faire l’objet d’une analyse critique, et le communisme n’est pas un projet de répétition. »

Mais au détour d’une phrase, son projet politique apparait sans détours :

« J’ai par ailleurs de bonnes relations avec le monde de l’entreprise et avec l’Eglise catholique. »xiii

Puis la fusion des composantes de la coalition fut envisagée. Dans ce cadre, pour Bertinotti, le communisme deviendrait une « composante culturelle », bref une vieillerie décorative.

Visiblement, la défense de cette orientation rencontra plus que des résistances. Ainsi un appel de 125 militants de Florence (décembre 2007) se prononce pour « la pleine autonomie » du Parti dans un texte qui explique auparavant que :

« Pour l’essentiel, notre gouvernement a paru et paraît davantage soumis aux puissants (Confindustria, Etats-Unis, Union européenne, Vatican) qu’attentif aux mouvements de lutte et aux intérêts populaires.

De là une crise dans la coalition qui profite dangereusement à la droite fasciste, raciste, à la Ligue du Nord et qui nourrit le résignation et la crise de la politique elle-même. Ainsi, le bilan de plus d’une année de participation au gouvernement est globalement négatif. Puisque pour nous, à la différence d’autres, le gouvernement est un moyen et non une fin en soi, nous estimons que la participation du PRC à cet exécutif ne peut qu’être subordonnée à l’obtention, maintenant et dans les prochains mois, d’un tournant réel dans les contenus de la politique du gouvernement, à partir d’objectifs et de mesures définis précisément. »

Sans aller explicitement jusqu’au bout, ce texte indiquait bien les processus à l’œuvre. Le temps aura manqué pour qu’il ne se concrétise.

Le désastre

En février 2008, suite au retournement d’un groupuscule bourgeois, le gouvernement Prodi sautait. De nouvelles élections étaient alors convoquées.

Dans la foulée, Veltroni et le PD annonçaient leur décision de refuser toute alliance avec la « gauche radicale ». Leur objectif était de favoriser l’émergence d’une majorité permettant d’accoucher d’une réforme électorale permettant d’assurer une réelle stabilité politique en Italie.

Pour le PRC, cette élection était lourde de dangers. En effet, vu le cours suivi par le parti face à Prodi, on pouvait se douter que nombre d’électeurs communistes iraient voter « utile » (donc PD), d’autres se dispersant sur telle ou telle liste et enfin d’autres s’abstenant. C’est exactement ce qui se déroula mais avec une ampleur encore pire que ce qui était redouté.

Avec moins de 4% des voix, l’Arc-en-Ciel est pulvérisé. Le PRC voit sa représentation parlementaire démantelée suite à une division par plus de 2 du nombre de ses électeurs !

 

 

 

1996

2001

2006

2008

PRC

3 213 846

1 868 113

2 229 604

 

PdCI

 

619 912

884 912

 

PCL

 

 

 

208 394

Sinistra Critica

 

 

 

167 673

Arc en Ciel

 

 

 

1 124 418

Total communistes

3 213 846

2 488 025

3 114 516

1 500 485

 

L’évènement est fondamental : dans un des pays qui fut le berceau du mouvement ouvrier, celui-ci est renvoyé sur la banc de touche.

Reconstruire

Ne disposant plus de parti apte à représenter une alternative gouvernementale, même imparfaite, le mouvement ouvrier italien est marginalisé, réduit à la lutte pour la défense des conditions d’existence élémentaires des travailleurs de ce pays. Sa situation est d’autant plus difficile que les syndicats ont subi une évolution comparable à celle des partis du mouvement ouvrier.

Ajoutons que les processus décrits plus haut ne peuvent qu’avoir eu de profondes répercussions sur la conscience même du prolétariat.

La tâche de l’heure, en Italie, est donc de reconstruire ce qui peut l’être, en s’appuyant sur l’expérience du PRC. Celle-ci montre qu’il ne peut exister de parti ouvrier solide que s’il refuse le capitalisme et ses exigences, s’il se déclare partisan de l’abolition de l’économie de profit, du socialisme. Il n’existera durablement de parti ouvrier que s’il est viscéralement anti-système, tant il est vrai que les discours réformistes ne sont plus que des bavardages creux menant à l’auto-liquidation.

Un dernier point. On sait que l’analyse de la nature du PS et donc de la politique à suivre vis-à-vis de celui-ci est un débat quasi-permanent au sein du mouvement ouvrier.

De ce point de vue, ce qui se prépare au sein du PS français est essentiel. Or, on sait qu’en France, la politique D’Alema-Veltroni a trouvé d’ardents défenseurs. Ils se concentrent bien sûr autour de S. Royal et ceux qui ont soutenu sa campagne, bref l’aile « moderniste » (tu parles !) du PS. Récemment encore, S. Royal faisait part à la presse de son enthousiasme à propos de la politique de Veltroni :

« Ce qui se passe en Italie montre bien que des recompositions sont nécessaires. L’alliance, contre la droite, entre un parti issu du parti communiste et un parti du centre, d’inspiration chrétienne, est très intéressante. Il y aura forcément, en France aussi, des recompositions entre centre et PS. Et ce ne sera pas en laissant de côté les militants venus de l’extrême gauche ou du PC. »i

Tout le monde peut désormais comprendre où tout ceci mène, et gageons que les positions des partisans de Royal vont encore reculer tant l’expérience italienne fait office de repoussoir. En tout cas, chacun pourra mesurer combien nous étions fondés à parler de liquidationnisme à propos de la ligne Royal.

 

Pascal Morsu

30 avril 2008

iLibération , 22 octobre 2008.

1Malheureusement, cet accord semble avoir été soutenu par le groupe Bandiera Rossa, devenu ensuite Sinistra Critica.

iL’Express, 5 avril 2008.

iiLe Point, 10/04/2008.

iiiLe Monde, 7 avril 2008.

ivEl Pais, mars 2007.

vEn janvier 2005, le PRC revendiquait 97 5000 ahérents,

viRegroupment, reorganization and the revolutionnary left, 2002.

viiLiberazione, cité in Inprecor n° 475-476.

viiiVI° congrès du PRC, Thèse § 11.

ixL’Humanité, 04/03/2005,

 

par Jean Lévy publié dans : international
ajouter un commentaire commentaires (1)