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Libération

Le passage en force de la loi Macron,
atterrissage brutal
après la trêve post-attentats
AFP
Emmanuel Macron (g) et Manuel Valls lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 17 février 2015 Emmanuel Macron (g) et Manuel Valls lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 17 février 2015 (Photo Patrick Kovarik. AFP)
 

Réveil brutal pour la majorité socialiste et l’exécutif: loin de l’esprit d’union nationale et réformiste prôné par François Hollande, le gouvernement a choisi le passage en force pour son emblématique loi Macron, un sévère avertissement à un peu plus de deux ans de la présidentielle.

Le Conseil des ministres «ordinaire» qui se réunit ce mercredi matin pourrait bien avoir ainsi un goût amer au lendemain de ce coup de théâtre qui a vu le gouvernement être convoqué en toute hâte mardi à l’Elysée pour dégainer le 49-3 face à une majorité «incertaine» à l’Assemblée, une première depuis 2006.

Le rejet de la motion de censure de l’UMP et de l’UDI qui sera débattue jeudi soir ne fait cependant aucun doute, écologistes et «frondeurs» du PS ayant exclu d’y joindre leurs voix. Il entraînera ipso facto l’adoption sans vote en première lecture de la loi Macron.

Mais l’incident fera date. Le chef de l’Etat misait gros sur une adoption sans heurts du texte «pour la croissance et l’activité» d’Emmanuel Macron, son ancien conseiller économique, étoile montante du gouvernement. Même s’il ne s’agissait pas de la «loi du siècle», selon sa propre expression, elle devait donner selon lui un «coup de jeune» à la société française et annoncer une seconde partie de mandat plus offensive avec d’autres textes en perspective, comme la réforme du dialogue social.

Or le 49-3 est une arme à un coup. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le Premier ministre ne peut y recourir que sur un seul projet de loi par session parlementaire, en dehors des textes budgétaires.

L’entourage du chef de chef de l’Etat tentait toutefois de minimiser les effets de cet accouchement au forceps lundi soir : «L’exécutif est plus que jamais déterminé à réformer ce pays», assurait-il.

Mêmes éléments de langage dans la bouche du Premier ministre: invité du 20 heures de TF1, Manuel Valls a protesté de sa «très grande détermination» à «poursuivre les réformes, parce qu’il en va de l’intérêt du pays».

Quant au recours au 49-3 que François Hollande dénonçait encore en 2006 comme une «brutalité» et un «déni de démocratie», il s’inscrivait alors «dans un contexte complètement différent», plaide-t-on à l’Elysée.

"Il s’agissait du "contrat première embauche" et des centaines de milliers de personnes étaient dans la rue"  souligne l’entourage du président...

Tag(s) : #Libertés