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Bruxelles demande aux Suisses d’inverser le référendum de 2014

Il est « inévitable » que la Suisse recommence le référendum de février 2014. Cette consultation avait vu une majorité de citoyens helvétiques se prononcer pour une limitation de l’immigration (essentiellement européenne). L’affirmation vient d’être prononcée par le chef-adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Maciej Popowski, qui précise même son souhait : « avant fin 2016 ». Cela s’apparente de fait à une consigne adressée à la Suisse.

Déjà, à l’issue du scrutin de l’année dernière, Bruxelles de même que la plupart des capitales européennes n’avaient pas eu de mots assez durs pour dénoncer le choix souverain des électeurs de ce pays. Ces derniers avaient été qualifiés, au choix, d’égoïstes ou d’imbéciles, voire de xénophobes ou de racistes. Et l’Union européenne n’avait pas manqué de menacer : si le gouvernement de Berne se conforme au verdict des urnes, la Confédération helvétique subira des rétorsions portant sur les traités entre Berne et Bruxelles, qui forment un tout.

Dans une interview accordée hier (9 avril) à La Liberté, quotidien romand édité à Fribourg, M. Popowski revient donc à la charge, en précisant que Bruxelles rejette la réintroduction de contingents en matière de main d’œuvre provenant de l’UE : « il est inconcevable qu’on fasse un pas en arrière ; les clauses de sauvegarde appartiennent au passé » martèle le Polonais.

Le gouvernement suisse est légalement tenu d’appliquer le verdict des urnes (alors même qu’il avait fait campagne pour éviter une telle réponse populaire) ? Qu’importe, selon le dirigeant du SEAE : il revient aux autorités suisses de se débrouiller avec le peuple. Et de trouver un moyen d’appliquer les accords antérieurs avec l’UE, notamment celui de 2004 aux termes duquel le pays est entré dans la zone Schengen de « libre circulation » sans contrôle aux frontières.

M. Popowski manie la carotte et le bâton. D’un côté en faisant miroiter l’association améliorée de la Suisse aux marchés européens de l’électricité ou des services financiers. De l’autre en exhortant les Suisses à « changer de logique »« Plutôt que de réfléchir à ce qu’ils pourraient encore engranger, peut-être serait-il utile que les Suisses voient les énormes avantages qu’ils ont par le biais de leur participation au marché intérieur, qu’ils prennent pour acquis », assène le responsable bruxellois, dans une menace à peine voilée.

Ce dernier conclut en rappelant une déclaration du Conseil de l’UE de décembre 2014, selon laquelle « la libre circulation des personnes est un pilier fondamental de l’UE, le marché intérieur et ses quatre libertés sont indivisibles ».

Que la libre circulation des biens, des services, de la main d’œuvre et des capitaux soit un fondement de l’UE, nul n’en doutait. Le diplomate européen aurait pu rappeler un deuxième pilier, non écrit mais tout aussi intangible : l’obligation de recommencer un référendum dès lors qu’un peuple a fourni une réponse différente de celle que les dirigeants européens attendaient de lui.

A Bruxelles, on semble vouloir étendre cet excellent principe à la Suisse. De quoi nourrir encore un peu plus l’enthousiasme des Helvètes vis-à-vis de l’UE.

 

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Tag(s) : #Pages d'écriture
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