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Comment on passe de l'une à l'autre...
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Des images pour comprendre

14
Mai
2015
De BNP Paribas à la Banque de France : vive les conflits d’intérêts !

 

Petit rappel. Le conseiller de Ayrault sur ces sujets était Nicolas Namias, qui avait été recruté chez BPCE. Il s’est occupé de la la loi bancaire, et zou, quand Ayrault est parti, il est allé chez… BPCE, en tant que Directeur de la stratégie de Natixis. Pour simplifier, je propose d’ailleurs qu’à l’avenir les conseillers restent dans leur banque, cela économisera des déménagements inutiles.

Je précise au passage que ce jeune énarque est le fils de Robert Namias, ancien directeur de l’information de TF1, et le frère de Julien, Directeur Général d’Europe 1…

Banque de France: petits échos de la vie de cour

Christian Noyer doit quitter la présidence de la Banque de France en octobre. Officiellement, il devrait être remplacé par Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE. Mais Jean-Pierre Jouyet semble vouloir y nommer François Villeroy de Galhau, au mépris des possibles conflits d’intérêts : un banquier de BNP Paribas deviendrait responsable de la régulation du système bancaire français.

Jean-Pierre Jouyet est un homme surchargé. Il travaille sans relâche comme secrétaire général de l’Élysée. Mais  il  s’est  aussi  donné  une  autre  mission  : directeur des ressources humaines des inspecteurs des finances. En tant qu’ancien inspecteur des finances lui- même,  ancien directeur du trésor, il semble estimer nécessaire de veiller au devenir des membres de la caste la plus célèbre et la plus prisée de notre noblesse d’État. Ces membres, qui ont réussi le concours prestigieux de la sortie de l’ENA à 24-25 ans, méritent la plus grande sollicitude tout au long de leur carrière. Il leur revient d’obtenir les postes à la hauteur de leur talent.

Les fonctions et les présidences sont une des grandes affaires de l’Inspection des finances. Une fois qu’un poste a été obtenu par un des membres de la caste, il  ne  doit  plus  en  sortir.  Dès  qu’une  fonction  se libère ou s’apprête à se libérer, le corps fait masse pour ne pas laisser échapper la succession. Les candidatures affluent. Même les anciens qui sont partis dans le privé, et parfois ne cessent de déblatérer sur l’État, la France et autres vieilles lunes, redécouvrent brusquement la vocation.

Mario Draghi, Christian Noyer et François Hollande  © Reuters

Il se trouve qu’une de ces présidences de choix est sur le point de se libérer. Christian Noyer doit abandonner le poste de gouverneur de la Banque de France en octobre, après douze ans de service. Officiellement, la succession est toute tracée. Benoît Cœuré, membre du directoire à la banque centrale européenne, après avoir été sous-directeur du trésor, est désigné comme le candidat idéal pour prendre la place de gouverneur de la Banque de France, avec le soutien de ce dernier et celui du président de la BCE.

Mais cette nomination semble consterner l’Inspection des finances. Car Benoît Cœuré souffre d’une tare irrémédiable. Il n’a pas les lettres de noblesse justifiant qu’il puisse accéder à cette si haute fonction : il n’appartient pas au grand corps de l’Inspection. Il est seulement polytechnicien et administrateur de l’Insee. C’est dire la faute de goût ! Comment tolérer que le poste de gouverneur de la Banque de France puisse échapper à l’Inspection ? Comment tant de pouvoir et de puissance, le prestige de fréquenter les grands de ce monde, sans compter les petits à-côtés non négligeables comme des appartements privés au Palais Royal, pourraient-ils échoir à ce « sous-diplômé » ?

Benoît Cœuré  © DR

Ces dernières semaines, la machine à rumeur et à cabale a donc commencé à s’emballer dans les trois kilomètres carrés qui couvrent le monde parisien des affaires et du pouvoir. Sur le ton de la confidence, certains assurent que Benoît Cœuré n’est pas si désireux que cela de quitter Francfort pour Paris. Pour d’autres, il est jeune et a le temps de briguer le poste plus tard.

D’autres encore insistent sur un ton chagrin dans les allées présidentielles sur le dommage que pourrait créer à la France le rapatriement de Benoît Cœuré à Paris, alors qu’il s’entend si bien avec le président de la BCE, Mario Draghi, qu’ils mènent ensemble un combat décisif pour la défense de l’euro et de l’Europe. Bref, l’idée que Benoît Cœuré n’est peut-être pas le candidat idoine pour succéder à Christian Noyer fait son chemin, discrètement.

Dans le même temps, les membres de l’Inspection des finances sont entrés en action.   Xavier Musca, ancien directeur du trésor et ancien secrétaire général de  l’Élysée,  serait  sans  doute  prêt  à  se  sacrifier et abandonner la direction du Crédit agricole pour occuper la noble fonction. Ramon Fernandez, qui se languit à la direction financière d’Orange, après avoir occupé lui aussi la direction du trésor et veillé au plus fort de la crise sur le sort de la zone euro, pourrait aussi accepter, avec l’assentiment de nombre de ses camarades, de revenir occuper de hautes missions dans


cette chère institution. Mais ils ont l’un comme l’autre le handicap d’être des proches de Nicolas Sarkozy. C’est le sort des grands serviteurs de savoir se retirer dans des terres éloignées, lorsque le pouvoir ancien a été déchu, dans l’espoir d’être rappelés par la suite.

Conflit d’intérêts

Jean-Pierre Jouyet  © Reuters

De toute façon, Jean-Pierre Jouyet a déjà son candidat, selon nos informations. Un homme de son camp : François Villeroy de Galhau. Inspecteur des finances, il a été ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn puis de Christian Sautter quand ils furent ministre des finances de 1997 à 2000, avant de partir chez BNP Paribas où il est directeur général délégué.

Jean-Pierre Jouyet avait déjà soutenu sa candidature pour qu’il prenne la succession de Ramon Fernandez à  la  direction  du  trésor  en  2014.  La  manœuvre avait échoué. Sa candidature, dévoilée trop tôt, avait rencontré de très fortes oppositions. Jean-Pierre Jouyet s’en est voulu de cet impair et estime avoir une dette à son égard.

Fort de l’expérience, le secrétaire général de l’Élysée paraît décidé à rester le plus discret possible et à n’avancer qu’au dernier moment, afin de contrer tous les obstacles. Interrogé sur son éventuel soutien à la nomination de M. Villeroy de Galhau à la Banque de France, Jean-Pierre Jouyet nous a fait répondre qu’il n’avait « aucun commentaire à faire ». De son côté, François Villeroy de Galhau nous a fait répondre qu’il n’avait lui aussi « aucun commentaire à faire ».

Selon nos informations, celui-ci, cependant, pourrait être désigné pour accomplir quelque « mission spéciale » dans les six prochains mois, afin de ne plus être engagé dans les fonctions opérationnelles de la banque et de ne plus être trop marqué BNP Paribas. Une façon de faire taire les polémiques.

Cette candidature, si elle se confirmait, n’irait pas de soi. Elle serait une nouvelle illustration des dérives du gouvernement et de la haute administration, qui semblent avoir oublié tout repère politique et déontologique.
François Hollande avait promis une République irréprochable. Il n’a pas fallu longtemps pour que la haute fonction publique remette au goût du jour les privilèges qu’elle estime lui être dus. Le règne de l’énarchie est à son paroxysme. La promotion Voltaire, dont est issu François Hollande, fait l’objet d’un traitement de faveur. Les pratiques de la porte tambour – une fois dans le public, une fois dans le

privé, avant de revenir dans le public pour mieux aller faire prospérer son carnet d’adresses par la suite dans le privé – sont désormais institutionnalisées dans les grands corps. Plus personne ne s’émeut de voir l’appareil d’État mis à la disposition des membres d’une caste, avec un droit de tirage à vie au nom d’un diplôme de jeunesse.

Peu s’inquiètent des risques de conflit d’intérêts. Dans le cas présent, ceux-ci sont potentiellement immenses. Comment accepter qu’un banquier travaillant dans la première banque française devienne, en tant que gouverneur de la Banque de France, le régulateur de tout le système bancaire français ? Que se passera-t-il si BNP Paribas, qui a déjà fait l’objet d’une sanction record de 6,8 milliards d’euros aux États-Unis, se retrouve à nouveau pris dans les filets de la justice ? Peut-on accepter cette ultime captation de la régulation par le système bancaire ? Pour Jean-Pierre Jouyet, ces préoccupations semblent sans doute assez accessoires. L’important est de préserver les droits et les privilèges de l’Inspection. Bon appétit, messieurs !

Source : Martine Orange, pour Mediapart, le 20 avril 2015.


Banque de France : comment Jouyet compte installer Villeroy de Galhau

Le secrétaire général de l’Elysée a lancé un plan de conquête pour installer son ami à la tête de la Banque de France.

François Villeroy de Galhau, actuel directeur général de BNP Paribas, bientôt à la tête de la Banque de France ? (BERTRAND GUAY / AFP)

François Villeroy de Galhau, actuel directeur général de BNP Paribas, bientôt à la tête de la Banque de France ? (BERTRAND GUAY / AFP)

Qui succédera à Christian Noyer à la tête de la Banque de France quand le mandat de ce dernier expirera, en octobre prochain ? Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée, ami proche de François Hollande, a déjà sa petite idée. Et il est prêt à lancer les grandes manœuvres pour la faire aboutir.

Il verrait bien à ce poste de gouverneur son ami François Villeroy de Galhau, 56 ans, ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn, dont le nom a déjà circulé il y a plusieurs mois pour prendre la direction du Trésor.

Aux yeux de Jouyet, “FVG” a une grande qualité : il est, comme lui, inspecteur des Finances. Ce qui n’est pas le cas des économistes dont le nom circule aussi pour ce poste : Benoît Cœuré, bras droit de Mario Draghi à la Banque centrale européenne, ou Claire Waysand, l’actuelle directrice de cabinet de Michel Sapin, tous deux polytechniciens et diplômés de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique.

Pour quelle indépendance ?

Le hic, c’est que Villeroy de Galhau a occupé, ces trois ­dernières années, le poste de directeur général délégué de BNP Paribas, banque qui a écopé d’une amende record aux Etats-Unis pour non-respect des embargos économiques.

Sera-t-il vraiment indépendant dans ses missions de supervision, notamment en ce qui concerne la gestion des dossiers de surendettement, lui qui a longtemps dirigé Cetelem ?

Afin d’éloigner le reproche de conflit d’intérêts, Jouyet a confié à son ami une mission d’étude sur le financement de l’investissement, ce qui lui permet de quitter son poste. Et de se blanchir d’ici au mois d’octobre, date de la fin du mandat de Christian Noyer. Un plan de conquête digne de l’inspection des Finances…

Source : Sophie Fay, pour l’Obs, le 23 avril 2015.


Le numéro 2 de BNP Paribas bien placé pour la Banque de France

François Villeroy Galhau

François Villeroy de Galhau - AFP

François Villeroy de Galhau quitte BNP Paribas. C’est un candidat sérieux pour remplacer Christian Noyer à la Banque de France, en novembre.

Les dernières rumeurs voulaient que Benoît Cœuré, membre très influent du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), devienne le prochain gouverneur de la Banque de France. Ses chances semblent désormais compromises. Selon nos informations, c’est François Villeroy de Galhau, actuel directeur général délégué de BNP Paribas , polytechnicien et énarque, qui serait le mieux parti pour remplacer Christian Noyer, en novembre. L’Elysée aurait fait son choix, même s’il reste six longs mois pendant lesquels d’ultimes rebondissements sont possibles.

« François Hollande n’a pas tranché entre Benoît Cœuré et François Villeroy de Galhau », tempère un proche du président. « L’idée est de garder deux fers au feu. » Comprendre : les deux hommes pourraient l’un comme l’autre occuper la fonction de gouverneur de la Banque de France ou celle de membre du directoire de la BCE.

Eviter les conflits d’intérêts

Il reste que les deux postes ne sont pas si aisément « interchangeables », puisque la nomination au comité de direction de la BCE ne relève pas de la politique interne française mais du Conseil européen. Surtout, le Parlement de Strasbourg peut rendre un avis négatif, comme il l’avait fait en 2012 à l’encontre du Luxembourgeois Yves Mersch (finalement nommé), pour des raisons de parité.

Si l’option « Francfort » semble compliquée, en revanche, la voie est libre pour que le dirigeant de BNP Paribas puisse prendre les rênes de la Banque de France à l’automne. Mardi matin, Matignon a annoncé qu’il quittera ses fonctions le 1er mai pour assumer « une mission d’études sur le financement de l’investissement, en France et en Europe, dans le contexte de la baisse des taux d’intérêt ». Il rendra un premier rapport en juillet, ce qui lui offre un laps de temps opportun pour s’éloigner des affaires courantes de BNP Paribas et faire taire les critiques au sujet d’un éventuel conflit d’intérêts .

L’intéressé récuse toutefois fermement cette interprétation des faits. « J’ai une seule motivation très forte : le service de mon pays en Europe, et cette mission peut y contribuer », jure-t-il aux « Echos ». La mission d’intérêt générale de François Villeroy de Galhau visera à « s’assurer que la baisse des taux d’intérêt bénéficie au mieux à l’ensemble des entreprises françaises et européennes » et à « favoriser en Europe une approche intégrée et efficace des besoins de financement », précise Matignon « Ces enjeux sont évidemment clefs pour que la reprise conjoncturelle actuelle se prolonge en croissance et en emplois durables », souligne le banquier. Et ensuite ? François Villeroy de Galhau martèle que ce n’est pas le sujet du moment. La suite pourrait d’ailleurs dépendre des premières conclusions du rapport commandé par Manuel Valls.

Stupéfaction de Mario Draghi

L’hypothèse de son arrivée à la Banque de France a pourtant été l’un des principaux sujets de discussion de la délégation française à Washington, où se tenait la réunion de printemps du Fonds monétaire international (FMI) en fin de semaine dernière. Les partisans de Benoît Cœuré ont fait grise mine en découvrant les scénarios de l’Elysée. Car, selon eux, l’économiste et ancien directeur de l’agence de la dette française, présente le profil idéal pour devenir gouverneur à la place de Christian Noyer, même s’il n’est pas passé par l’ENA. Le quadragénaire au parcours aussi brillant qu’atypique semblait d’ailleurs prêt pour la fonction, après avoir un temps hésité, lui qui se passionne pour l’international.

Mario Draghi, le président de la BCE, qui avait fait le déplacement à Washington, aurait lui-aussi été stupéfait en apprenant la nouvelle, vendredi, rapporte une source. L’Italien, qui a été violemment attaqué lors de sa nomination à Francfort du fait de ses états de service passés chez Goldman Sachs, était visiblement convaincu que Benoît Cœuré, son bras droit à la BCE, serait le relais de la politique monétaire européenne en France… plutôt qu’un banquier de BNP Paribas.

Source : Isabelle Couet et Ninon Renaud, pour Les Echos, le 21 avril 2015.


Conflit d’intérêts : ce que dit le droit

Passer du privé au public n’est pas contestable. Le risque de collusion est aussi limité par la création d’une supervision européenne.

Un homme de BNP Paribas aux manettes de la Banque de France ? Ce scénario fait bondir les concurrents de l’établissement de la rue d’Antin, qui crient au conflit d’intérêts. La nouvelle risque aussi de susciter des réactions outrées dans l’opinion, comme du temps où Mario Draghi, ancien de la banque Goldman Sachs, a été nommé président de la Banque centrale européenne (BCE), selon une coutume très anglo-saxonne. Mais du point de vue du droit, une telle nomination en France ne semble pas poser de problèmes.

« Il n’existe pas de règles qui s’opposent à ce que l’on passe du privé au public, sous réserve d’une certaine prudence déontologique concernant l’entreprise d’où l’on vient », explique Olivier Fouquet, l’ancien président de la Commission de déontologie de la fonction publique, qui avait dû se prononcer dans l’affaire Pérol, en 2009. Les règles françaises en la matière renvoient aux dispositions du Code pénal sur la « prise illégale d’intérêts » ou l’« ingérence », ce qui signifie que le problème existe seulement lorsqu’un fonctionnaire ou un homme occupant des fonctions publiques pantoufle. L’idée est d’empêcher qu’une personne ayant contrôlé un secteur y obtienne ensuite un poste. C’est au nom de ce principe, par exemple, qu’Alexandre de Juniac, le directeur de cabinet de la ministre de l’Economie Christine Lagarde avait reçu un avis défavorable de la Commission pour aller chez Areva.

Supervision européenne

L’usage veut néanmoins que le salarié d’une entreprise, qui serait passé dans le public, se récuse si un dossier concernant son ancien employeur lui est soumis. Cette situation pourrait notamment se produire si, après nomination de François Villeroy de Galhau, le collège de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) des banques – présidé par le gouverneur de la Banque de France – devait traiter un dossier relatif au groupe BNP Paribas.

Les règles du jeu ont toutefois changé depuis que la supervision bancaire a été transférée à l’échelon européen en novembre dernier : la BCE supervise désormais les grands établissements bancaires (comme BNP Paribas), à travers le Mécanisme de supervision unique (MSU). Si les liens avec les équipes de régulation nationale ne sont pas totalement rompus, ils sont plus ténus.
L’Elysée dispose donc d’un certain nombre d’arguments pour contrer les critiques. Et ce, d’autant que l’actuel directeur général délégué de BNP Paribas quitte ses fonctions plus de six mois avant la fin du mandat de Christian Noyer.

Source : Isabelle Couet, pour Les Echos, le 22 avril 2015.

Tag(s) : #Economie
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