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Les contrats liant Eurotunnel à la SCOP SeaFrance pour l’affrètement des navires My Ferry Link expirent le 1 er juillet. Photo Jean-Pierre Brune

Les contrats liant Eurotunnel à la SCOP SeaFrance pour l’affrètement des navires My Ferry Link expirent le 1 er juillet. Photo Jean-Pierre Brune

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MyFerryLink : les CRS délogent les manifestants qui bloquaient l'A16

Le port de Calais et le tunnel sous la Manche ont été bloqués mardi matin en raison d'un mouvement de grève des marins de MyFerryLink, provoquant d'importants embouteillage

 

Un peu avant 10h, les CRS sont intervenus pour déloger les manifestants qui s'étaient assis sur les voies de l'autoroute A16, embouteillées sur plusieurs kilomètres. Des pneus et des palettes ont également été brûlés. Au déclenchement de l'intervention, les marins se sont mis à chanter La Marseillaise. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène. Un accord avait été conclu avec les manifestants pour qu'ils libèrent la chaussée à 9h45. Après rupture de l'accord, négociations puis sommations, les forces de l'ordre sont intervenues pour faire partir une cinquantaine de manifestants, a expliqué la préfecture du Pas-de-Calais. 

Les CRS sont intervenus pour déloger les manifestants.

Deux manifestants ont été légèrement blessés et transportés à l'hôpital.

Les CRS sont intervenus pour déloger les marins qui bloquaient l'A16. © France 3 Nord Pas-de-Calais

Le secrétaire général du Syndicat maritime Nord Eric Vercoutre se trouvait devant le tunnel avec une centaine de personnes depuis 4h mardi matin. "Le gouvernement français doit faire pression sur (le PDG d'Eurotunnel Jacques) Gounon", a-t-il déclaré, joint par l'AFP. "On demande que la position de la Scop SeaFrance soit vue. On a été trahis", a-t-il dit a-t-il dit. Le syndicat, largement majoritaire au sein de la compagnie MyFerryLink, est à la tête de la Scop qui exploite les bateaux dont Eurotunnel est propriétaire. Il est très mobilisé depuis que ce dernier a annoncé qu'il allait vendre deux des trois navires à son concurrent DFDS. Les éventuels repreneurs ont jusqu'à mercredi 15h00 pour déposer un dossier de reprise des bateaux.

La Scop entend faire valoir le sien. "On est aidés par la région, le département, on a une offre qui reprend les 600 salariés", a dit le syndicaliste. "Il est hors de question que DFDS prenne nos navires, jamais. Si vous voulez passer un été chaud il faut venir à Calais", a dit M. Vercoutre.

 

Importants bouchons sur l'A16

Le blocage du tunnel a entraîné d'importants bouchons sur l'autoroute A16 et les voies d'accès. Les camions  -dont ceux qui n'ont pas pu accéder au port- grossissaient la file d'attente. Il restait un peu plus de 8 kilomètres de bouchons dans le sens Dunkerque-Boulogne-sur-Mer sur l'A16 vers 10h30. Les CRS restaient mobilisés alors que des migrants étaient présents sur place, tentant de monter sur les camions arrêtés.

Dans le port de Calais, la situation était plus calme. Le trafic était arrêté, selon la capitainerie. Deux navires MyFerryLink et un bateau de la compagnie P&O étaient à quai. Les passerelles étaient occupées par quelques marins de MyFerryLink. Selon une source portuaire, vers 4h, une cinquantaine de personnes ont empêché le Malo Seaways de DFDS de débarquer son chargement. Le navire est reparti vers Douvres, en Angleterre. La compagnie danoise a redirigé son trafic vers le terminal de Dunkerque, où elle est la seule compagnie de ferries présente. "Côté tunnel, le trafic est perturbé, mais reste relativement fluide dans les deux sens", a déclaré à l'AFP une porte-parole d'Eurotunnel. Sur son compte Twitter, le groupe précisait que la navette effectuait mardi matin deux départs par heure dans chaque sens. Un centre opérationnel départemental a été installé à Arras pour coordonner l'ensemble du dispositif de sécurité.

La Voix du Nord

Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer a décidé de ne pas accéder à la demande de la SCOP SeaFrance et de ne pas prolonger de deux mois les contrats d’affrètement la liant au groupe Eurotunnel, propriétaire des navires My ferry Link.

Ces contrats arriveront donc à leur terme ce mardi soir, à minuit. Immédiatement, la compagnie DFDS, auquel le groupe Eurotunnel a confié l’exploitation du Rodin et du Berlioz, et qui reprendrait 202 salariés, pourra en théorie prendre possession des navires.

En théorie seulement, car en pratique, les marins du Syndicat maritime Nord, majoritaire au sein de la SCOP SeaFrance, ont déjà fait savoir qu’ils ne laisseraient pas s’opérer ce transfert sans protester.

De forts mouvements de colère sont d’ailleurs attendus dès ce lundi après-midi. Une assemblée générale doit se tenir dans les prochaines heures à bord d’un navire My Ferry Link dans le port de Calais.

Les administrateurs judiciaires de la SCOP SeaFrance ont décidé de ne pas faire appel de la décision.

Le tribunal a par ailleurs demandé à Eurotunnel de lui fournir les documents attestant de l’existence de contrats de location et d’affrètement conclus avec la compagnie DFDS(*). Il y aurait par ailleurs une astreinte de 30 000 € par jours à payer par My Ferry Link (groupe Eurotunnel) tant que ces documents ne sont pas présentés à la justice.

 

Les navires à quai depuis ce lundi matin

Ce lundi matin, à la suite des assemblées générales organisées à bord par le Syndicat maritime Nord, majoritaire au sein de la SCOP SeaFrance, les trois navires de la compagnie My Ferry Link sont restés à quai, dans l’attente de la décision du tribunal de commerce.

La SCOP SeaFrance avait demandé à la justice de prolonger de deux mois les contrats d’affrètement, la liant à Eurotunnel pour l’exploitation des navires Berlioz et Rodin. Ce temps supplémentaire avait été réclamé par la SCOP pour améliorer son offre de reprise des bateaux, jusqu’ici considérée comme inacceptable par le groupe Eurotunnel. Et en tout état de cause, ce dernier a confirmé à de nombreuses reprises que le transfert des bateaux à DFDS, en location, était ferme et définitif.

(*) Eurotunnel a décidé de vendre ses navires à DFDS lassé de la volonté de l’autorité de concurrence britannique de lui interdire l’accès au port de Douvres pour cause de position dominante sur le trafic transmanche.

Tag(s) : #Lutte de classes
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