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Des deux compères, quel est le ministre ? Quel est le patron ?

Des deux compères, quel est le ministre ? Quel est le patron ?

 
 
 
 

Quand Macron se rêve en « révolutionnaire »

«Vous vous rendez compte, dans mon pays, il était interdit de se déplacer en car d'une ville à l'autre, c'est fou non?» En prélude du troisième sommet de l'attractivité, qui se tenait aujourd’hui à l’Elysée autour de François Hollande, Emmanuel Macron recevait à dîner le 15 juin (2015) une vingtaine de très grands patrons internationaux, dont ceux de Samsung, Siemens, Intel ou Barilla. Flanqué de quelques start-upper, symboles des succès de la French Tech, il a bien sûr vanté les mérites de sa loi qui va «déverrouiller une économie surréglementée» et leur ouvrir de nouveaux marchés.

Un ministre qui se veut disruptif et révolutionnaire

Plus généralement, le ministre de l'Economie a détaillé, chiffres à l'appui, comment le gouvernement auquel il appartient réduit à la fois les dépenses publiques et le coût du travail, au point de rendre désormais la France plus compétitive que l'Allemagne. Dixit Macron, qui s'exprimait dans un anglais parfait, un des piliers de la mutation en cours est la réforme du marché du travail, qui va introduire à la fois de la «flexibilité» et de la «sécurité».

Affichant sa volonté d'être «disruptif et révolutionnaire», le ministre –devant un auditoire qui n'a sans doute jamais entendu parler des subtilités de l'usage de l'article 49-3 ou de la Motion A du congrès socialiste de Poitiers– a poussé les feux du social-libéralisme: «Il faut utiliser le momentum économique plutôt favorable pour accélérer les réformes et délivrer».

Délivrer, délivrer, délivrer: le mot –un barbarisme– revient sans cesse dans la bouche de l’ex-banquier d'affaires pour qui il convient d'être «les meilleurs d'une façon durable» afin de mériter la confiance de ses visiteurs. Promis, une fois votée sa loi, Emmanuel Macron mettra son énergie pour continuer de faire bouger le pays d'ici à 2017. A discuter avec un de ses proches, off the record cette fois, on apprend que le ministre ne craint pas de brûler ses vaisseaux, prenant date pour l’avenir.

Macron prêt  à se lancer dans la bataille du Code du travail

En attendant poursuit notre source, «il a la confiance pleine et entière de François Hollande». Et à la rentrée, le ministre a l’intention de préempter deux dossiers: l'intégration européenne et la réforme du Code du travail. Sur le premier sujet, Macron a cosigné une tribune dans Le Figaro il y a quelques jours avec son homologue allemand Sigmar Gabriel. Sur le second, ce sont Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen qui s'en sont chargés, dans un texte publié par Le Monde, en provoquant, sans surprise, des réactions autrement plus nombreuses. Le terrain est balisé, et l’ambitieux ministre de l'Economie compte bien s’y engouffrer.

Dans une ambiance de business lunch comme on les pratique à Davos –dont tous les convives sont des habitués–, le ministre s'est enflammé: «We are on the track, France is back and we will deliver». Ce qui peut se traduire par: «La France est sur la bonne voie, elle est de retour et nous allons tenir nos objectifs». Les dirigeants des multinationales n’ont pas été invités à s'exprimer à la suite de la tirade pro-business du wonder boy de l'équipe gouvernementale. Il était prévu qu'ils le fassent aujourd'hui à l'Élysée après avoir écouté le président de la République. À huis clos.

SOURCE :

 

Tag(s) : #Politique Française
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