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A la veille des élections en Turquie

Alors que le Premier ministre a justifié dès le premier jour la répression policière qui s'est abattue sur le groupe Koza Ipek et les médias qui le composent, les trois autres partis politiques se sont mobilisés pour dénoncer un acharnement insupportable contre la liberté de la presse en Turquie. 

Les déclarations d'indignation tombent une à une et les appareils politiques se mobilisent pour venir en soutien aux journalistes des quotidiens Bugün etMillet et des chaînes Bugün Tv et Kanaltürk

Le CHP (Parti républicain du peuple, gauche kémaliste) a dépêché sur place une délégation de députés chargés de monter la garde  au nom de la démocratie. "Nous menons une lutte en faveur de la liberté", a solennellement déclaré Kemal Kiliçdaroglu, le leader du parti. "Nous assistons en direct à l'assassinat de la démocratie", a renchéri le vice-président du CHP, Haluk Koç.

"Il n'y a qu'une seule raison, a estimé la députée Safak Pavey, ils ont volé, ils ont été pris en flagrant délit et maintenant ils essaient de casser la baraque". Utku Cakirözer, l'ancien rédacteur en chef du journal Cumhuriyet, aujourd'hui député, a fustigé un "coup d'Etat". Mahmut Tanal, un des parlementaires les plus en pointe pour la défense des droits et libertés, s'est carrément interposé entre les forces de l'ordre et les journalistes. Un geste qui lui a valu d'être brutalement repoussé. 

De son côté, le MHP (Parti du mouvement nationaliste), a d'ores et déjà promis, par la voix de son vice-président Oktay Vural, de sanctionner tous les fonctionnaires qui se seraient associés à cette répression. "Je m'adresse aux administrateurs, nous allons venir là-bas et vous ne pourrez pas nous réduire au silence", a-t-il averti. Le député Sefer Aycan a dénoncé une imposture flagrante. "Hier, ils baisaient la main de Melek Ipek [la mère d'Akin Ipek, le patron de Koza Ipek, connue pour ses oeuvres caritatives], aujourd'hui, ils les qualifient de 'terroristes'. Ils ont perdu tout sens commun", s'est-il emporté. 

Selahhatin Demirtas, le co-président du HDP (Parti démocratique des peuples, gauche pro-kurde, a également fait le déplacement. "On a commencé la journée par la répression. En sommes-nous étonnés ? Non. C'est la Turquie de l'AKP", a-t-il résumé. 

 

Tag(s) : #Europe

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