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"The Economist" contredit "le Monde" sur la désertion fiscale
"The Economist" contredit "le Monde" sur la désertion fiscale
Le Monde complaisant, 
 
The Economist critique
 
Il est assez effarant de constater que le journal qui se veut encore être la référence du journalisme en France, qui se veut de gauche, mais n’est en réalité qu’euro-libéral-libertaire, se fasse dépasser par le très libéral The Economist sur la critique de la désertion fiscale des multinationales. Le Monde avait accueilli avec une grande complaisance, dénoncée par Arrêts Sur Image, les mesures de l’OCDE. Ce faisant, le quotidien du soir nous servait la même soupe que Nicolas Sarkozy qui déclarait que les parasites fiscaux étaient finis. Mais ce n’est pas du tout l’avis de The Economist, la bible des cadres supérieurs et dirigeants de ces mêmes multinationales, qui, en démontant les mesurettes et l’absence d’autres mesures dans ces propositions, fait honneur à une certaine idée du journalisme.
 
 

L’hebdomadaire britannique dit ainsi que ce « plan pour réduire l’évitement de l’impôt des multinationales est une opportunité ratée ». Il rappelle que ces pratiques permettent une économie d’au moins 240 milliards de dollars, une estimation « très conservatrice », soulignant que la part des profits des multinationales faite dans des parasites fiscaux a doublé. Il reconnaît des progrès de transparence mais souligne que des pays (notamment les Etats-Unis) ont barré la route à des réformes pour contrôler les flux entre filiales, notamment sur les très controversés prix de transferts, rejetant les idées de taxer à proportion du chiffre d’affaires pour éviter les manipulations. The Economist en finit par regretter qu’en l’absence de progrès, les pays finissent par prendre des mesures unilatérales pour limiter les abus.

 
 

 

Ce que cela dit de notre époque
 
 

L’effarante différence de traitement de cette annonce par le Monde et The Economist amène à se poser des questions. Il faut reconnaître, malgré des désaccords idéologiques majeurs avec le second, une capacité à prendre du recul sur ses idées qui lui permet de critiquer la désertion fiscale, ou même les excès de profits ! A contrario, le Monde, qui était capable de sortir des affaires contre le PS dans les années 1990, évolue de  plus en plus vers un capitalisme de connivence, pas seulement dogmatique, mais aussi de mauvaise foi, là où l’hebdomadaire anglo-saxon a été capable decritiquer durement le « racket » de la justice étasunienne contre BNP Paribasou la « collectivisation des pertes et la privatisation des profits » des grandes banques lors de la grande crise financière de 2008 et 2009.

 
 

 

The Economist note aussi que les réformes des parasites fiscaux européens, Luxembourg, Irlande, Pays-Bas, Suisse et Grande-Bretagne (selon son propre compte) sont limitées. Le grand duché, qui a donné le président de la Commission Européenne, attire ainsi dix fois plus de capitaux à proportion de son PIB que la moyenne des pays développés. Il note aussi le manque de transparence des accords passés par ces pays avec les multinationales. Pour lui, les annonces sont souvent « de façade » et attaque même Londres « qui mène la course vers le bas », attirant un nombre grandissant de sièges sociaux de multinationales. Bref, les belles annonces faites, notamment par Nicolas Sarkozy, n’ont absolument pas été suivies de faits, ce que l’équipe actuelle au pouvoir ne risque pas de corriger…
 
 


 

Merci donc à The Economist d’être capable de dénoncer certains abus de cette époque, même s’ils sont en partie les conséquences de politiques qu’il soutient. Mais la dernière leçon de cette annonce, c’est qu’il ne faut rien attendre des institutions technocratiques internationales comme l’OCDE.
Tag(s) : #DEconomie
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