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La CGT avance 60 % de grévistes chez les « postés » (photo D.R.)
La CGT avance 60 % de grévistes chez les « postés » (photo D.R.)

La CGT avance 60 % de grévistes chez les « postés » (photo D.R.)

paris-normandie-fr

 

D’un plan national, le conflit mené depuis plusieurs jours par certains salariés de la plateforme Total de Gonfreville-l’Orcher passe à l’échelle locale.

Alors que la négociation de branche avait débouché, le 26 novembre, sur une augmentation de 0,3 % jugée inacceptable par cinq des six organisations syndicales consultées par l’Ufip (Union française des industries pétrolières), celle de Total France était acceptée, mercredi, par la CFE-GCG et la CFDT. Suffisant pour valider 1 % d’augmentation générale pour les techniciens et agents de maîtrise ; 1,2 % pour les ouvriers employés. Soit 2 % d’enveloppe globale une fois intégrées les éventuelles augmentations individuelles et d’ancienneté dans la limite de 20 ans d’entreprise.

Augmentation et prime « d’excellence »

Pour autant la CGT du site ne s’en contente pas. « Car nous sommes dans une situation particulière », justifie Thierry Defresne, secrétaire général CGT de la plateforme. « On va dégager 400 M€ de résultat, soit 5 % du cash-flow du groupe. Au regard des résultats économiques de notre plateforme mais aussi des investissements de chacun pour les atteindre et répondre aux objectifs du projet de convergence (rapprochement raffinerie et pétrochimie), nous pouvons légitimement réclamer 70 € d’augmentation et une prime d’excellence de 2 500 €. »

Dans un courrier daté du 10 décembre, deux autres délégués du même syndicat demandaient à rencontrer Jean-Yves Durieux, directeur de la plateforme. Contactée hier, la Direction du site nous rappelait que « la négociation annuelle obligatoire ayant abouti sur un accord signé par deux organisations syndicales suffisamment représentatives pour être validé, aucune négociation locale devait être menée. »

En attendant, la CGT avance un suivi du mouvement de grève de près de 60 % du personnel d’exploitation (hors chefs de quart) rejoint par une cinquantaine de personnels de jour.

Une mobilisation ayant pour effet de lancer une procédure d’arrêts d’installation. « Les salariés, hier matin l’ont exigé afin de leur permettre d’exercer leur droit de grève à l’extérieur du site. Il faut quatre jours pour que l’arrêt soit effectif. On verra donc lundi avec les salariés quelle suite donner au mouvement. »

Pas de perturbation en stations

Hier après-midi, dans un communiqué, la Direction confirmait avoir ordonné la mise en arrêt de ses unités de raffinage. « Cette situation n’entraîne aucune perturbation de l’approvisionnement en carburant de la région, des mesures logistiques compensatoires ont été prises. » Présentant par avance ses excuses, elle rappelait par ailleurs que « les opérations de mise en arrêt de la raffinerie peuvent s’accompagner, de façon intermittente, d’émergences à la torche, de bruits et d’odeurs inhabituels. »

Dans les tout prochains jours, il pourrait être proposé aux salariés grévistes de reprendre le travail mais d’envisager de reproduire ce mouvement dans un mois. « Une sorte de Stop & Go de quelques jours qui coûte tout de même au quotidien 1 M€ à Total. Oui, c’est une grève sanction visant une direction qui se refuse à ouvrir la porte du dialogue. »

C’est surtout une stratégie bien différente de celle appliquée il y a deux ans. Au terme de deux semaines de blocage courant décembre 2013, les grévistes avaient dû faire le deuil de leur revendication de 100 € d’augmentation plancher ainsi qu’une prime collective de 1 500 €. L’enveloppe globale accordée par le groupe était alors de 2,7 %.

CHRISTOPHE FREBOU

 

Dernière minute. Mise en arrêt de l’activité raffinage de la plateforme Normandie (1 700 salariés)
La direction de la plateforme Normandie dit avoir ordonné vendredi 11 décembre 2015 la mise en arrêt de ses unités de raffinage. 
Cette décision fait suite “à un mouvement social d’une partie du personnel, qui ne permet plus d’assurer une exploitation normale de la raffinerie. Cette opération de mise en arrêt devrait durer deux à trois jours et sera exécutée selon les procédures opératoires en place et dans le respect des règles de sécurité”, indique la direction de Total. 
Ce mouvement, engagé le 9 décembre dernier dans le cadre de la Négociation Annuelle Obligatoire du Groupe Total, concerne maintenant des revendications locales. Pour rappel, la Négociation Annuelle Obligatoire menée au niveau du Groupe a abouti jeudi 10 décembre à un accord signé à la majorité des organisations syndicales représentatives, rappelle la direction. 
“Cette situation n’entraîne aucune perturbation de l’approvisionnement en carburant de la région, des mesures logistiques compensatoires ayant été prises. Les opérations de mise en arrêt de la raffinerie peuvent s’accompagner, de façon intermittente, d’émergences à la torche, de bruits et d’odeurs inhabituelles. Nous vous prions par avance de nous excuser pour la gêne occasionnée”, poursuit la direction.

Dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires (NAO), le syndicat CGT du groupe Total a lancé un appel à la grève nationale de 24h, mercredi 9 décembre 2015, en réaction aux propositions de leur direction.

La direction de groupe, au terme des 24 premières heures de grève, a proposé une augmentation générale de 1% des salaires pour les cadres et de 1,2% pour les ouvriers et les employés. Ces propositions ont été acceptées par les syndicats CFDT et CFE-CGE. Avec l’apport de leur signature, l’accord des NAO est devenu valide. À la plateforme Normandie, la pilule est difficile à avaler au regard du résultat opérationnel du site », explique néanmoins Thierry Defresne, secrétaire général CGT de la Raffinerie Total Normandie. La CGT a voté contre.

Ces propositions sont jugées « inacceptables », par le syndicat. Le syndicat CGT de laplateforme Total Normandie à Gonfreville-L’orcher, près du Havre (Seine-Maritime)est ainsi entré dans le mouvement, et le poursuivait vendredi 11 décembre 2015. Les grévistes réclament une augmentation collective de 70 euros par salarié et une prime d’excellence de 2 500 euros nets.

1.5 million d’euros de perte par jour pour Total ?

Vendredi 11 décembre 2015, les grévistes réunis depuis cinq heures du matin, aux portes de la raffinerie, ont refusé d’assurer la relève, de manière à perturber le fonctionnement du site industriel.

Jusqu’à neuf heures du matin, ils réclamaient à la direction les procédures d’arrêt du site, ce que la direction refusait évidemment de faire », raconte àNormandie-actu, Thierry Defresne, le secrétaire général CGT du site.

Elle aura fini par céder. Depuis mercredi 9 décembre 2015, plus rien n’entrerait, ni ne sortirait de la raffinerie.

Les grévistes ont seulement autorisé une sortie de gaz propane, vendredi matin, car il n’y avait pas de possibilité de stockage. Mais ce sera notre seule concession. Les prochaines productions de pétrole ne sortiront pas. Et la direction n’aura pas d’autre choix que de les brûler dans nos fours », prévient le militant syndical qui estime qu’à compter du lundi 14 décembre 2015, toutes les unités seront totalement à l’arrêt.
Tag(s) : #Lutte de classes
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