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Après les régionales le débat s'ouvre aussi au plan syndical
Après les régionales le débat s'ouvre aussi au plan syndical

Après les régionales et dans la perspective du 51e congrès

le débat sur les orientations de la CGT

devient incontournable.

 

Notre camarade Claude Malter du site "les eaux-troubles" nous communique

Les élections régionales ont été la démonstration d'un échec total de tous les partis politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, Front national et Front de gauche compris.

Tous les partis sont complices de stratégies politiques qui servent plus à pérenniser leurs mandats qu'à assurer véritablement leur rôle, à savoir protéger la population des assauts d'un capitalisme débridé qui se déchaîne grâce aux injonctions anti-démocratiques d'une Union européenne à la solde des États-Unis.

Que dire de telles organisations, lorsqu'elles ne s'engagent plus en faveur des chômeurs, des travailleurs précaires, du monde du travail ?

Car c'est l'unique but d'un parti politique qui doit installer les conditions lui permettant, une fois au pouvoir, d'assurer la sauvegarde des intérêts essentiels de son pays. Or, le démantèlement systématique du droit du travail et des conquis sociaux par un pouvoir de gauche lâche est l'exemple le plus éclatant d'une classe politique aux antipodes des réalités sociales de notre pays. Il ne faut pas se leurrer non plus sur les intentions toutes théoriques des autres partis politiques dont on ne peut plus espérer le moindre progrès social. La droite ayant déjà fait la preuve de son incapacité à gouverner à travers un Nicolas Sarkozy qui tente la récidive pour 2017, la « gauche de gauche », formée par des partis politiques organisés en « Front » se condamne par une analyse politique au ras des pâquerettes.

La tentation du Front national est une impasse absolue, n'insistons pas.

Il est cependant intéressant de s'arrêter sur le revirement de la gauche que subissent les travailleurs depuis... depuis le tournant de la rigueur imposé par un certain François Mitterrand en 1983. L'histoire de cette trahison poursuit ainsi les classes dominées les plus fragiles depuis plus de trente ans et s'habille progressivement d'un masque sournois pour se révéler aujourd'hui à travers un parti qui véhicule les valeurs les plus rigides d'une droite décomplexée. C'est d'ailleurs le même Mitterrand qui a permis au Front national de remporter ses premiers succès dans l'hémicycle par l'instauration de la proportionnelle à un moment où le pouvoir socialiste craignait de ne pas être réélu.

Depuis cette époque, la leçon a été appliquée systématiquement par la gauche et la droite pour se garantir alternativement un partage fraternel du pouvoir. En 2002, Jacques Chirac est élu avec 82,21 % grâce aux appels de la gauche pour constituer un « Front républicain » et s'opposer à la victoire possible de Jean-Marie Le Pen.

La gauche a ainsi cédé le pouvoir à la droite qui a bénéficié d'une campagne de la peur.

Les élections régionales de 2015 ne sont que la répétition en grandeur réelle de cet exercice, orchestré par les grands partis classiques pour se partager fraternellement le pouvoir. Cette stratégie, aujourd'hui contestée par certains ténors de la droite, notamment le « récidiviste » précité, devrait pourtant constituer l'ultime astuce offrant cette fois le trône à François Hollande. Il ne s'agit plus de politique, mais de combines oligarchiques. c'est abject !

Le Front de gauche reconnait enfin s'être trompé. Mais c'est un peu tard et on peut se poser la question de l'honnêteté d'un tel aveu, car le mea culpa d'Olivier Dartigolles, figure du parti communiste se faisant l’interprète du Front de gauche sur l'échec des élections régionales, reste muet sur l'impasse des orientations politiques qui rendent cette organisation politique inaudible.

Le Front de gauche compte-t-il enfin sortir de l'Union européenne et de l'euro pour restaurer la souveraineté du peuple ? Compte-t-il restaurer les capacités de notre pays à décider de son avenir économique et social sans que l'Union européenne n'impose ses conditions ?

Lorsque Olivier Dartigolles évoque une « refondation de la gauche », est-il vraiment crédible, alors que le principe du clivage entre gauche et droite est devenu un artifice qui participe justement au reniement de la démocratie ? Faut-il continuer à se battre à gauche quand le terme de « gauche » est désormais dépouillé de toute signification politique, pire, il serait synonyme de tous les renoncements ? Ne faut-il pas plutôt revenir aux fondamentaux traduits par le principe de lutte des classes ?

Les organisations syndicales ne sont pas plus épargnées d'une responsabilité démontrée notamment par la défection persistante des salariés. Le réformisme constitue la même impasse que l'illusion d'une transformation politique de l'Union européenne de l'intérieur, c'est-à-dire par l'effet d'un rapport de force... pourtant inexistant et pour longtemps.

De même, ce rapport de force indispensable ne laisse aucune chance aux négociateurs syndicaux réformistes pour espérer l'émergence d'un quelconque progrès social. Là aussi, il est indispensable de revenir aux fondamentaux et considérer enfin que la seule issue d'une véritable refondation sociale passe nécessairement par la lutte syndicale, c'est-à-dire la lutte des classes. Le patronat, en passe de gagner cette lutte par les renoncements persistants des directions syndicales, n'hésite pas à exiger sa révolution sociale.

Et nous ? Que faisons nous ?

Nous courrons après les mêmes recettes qui font aujourd'hui l'échec de la gauche. Nous persistons à vouloir transformer une organisation syndicale européenne de l'intérieur, comme si les instances de l'Union européenne capitaliste ne se donnaient pas les moyens d'une opposition forte.

Après 20 ans d'échec à la Confédération européenne des syndicats, la CGT a tout intérêt à se poser la question d'une poursuite d'un combat illusoire. Le 51ème congrès de la CGT est l'occasion de s'affirmer fermement pour revoir les fondamentaux d'une lutte sociale à réussir.

A nous de concrétiser cette ambition.

Tag(s) : #Lutte de classes
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