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George Orwell, un auteur anticommuniste et rien de plus

Réveil Communiste

 

Depuis que Gérard Lébovici a republié toute l'œuvre d'Orwell aux éditions Champ Libre, dans les années 1980, cet auteur passe chez les situationnistes et la foule de ceux qu'ils ont influencés pour une icône révolutionnaire.

Alors qu'il s'agit d'un romancier anticommuniste banal de la Guerre Froide (dans ses célèbres romans 1984 et la Ferme des Animaux, publiés en 1948) dont la promotion scolaire mondiale s'explique uniquement par son message politique sans ambiguïté. En terme de littérature d'anticipation, 1984 est un roman beaucoup plus faible pour dire l'avenir menaçant que le contemporain Meilleur des Mondes de Aldous Huxley.

Je ne trouve pas, pour ma part, qu'il s'agisse d'un grand penseur, ni d'un grand écrivain. Il avait produit avant la guerre des reportages biographiques-politiques : Dans la Dèche à Londres et ParisLe Quai de WigamHommage à la Catalogne, Souvenirs de Birmanie, où il s'engageait physiquement pour crédibiliser un message sentimental et gauchiste, anti-intellectuel, et déjà, anticommuniste.

La common decency tant vantée par Orwell et dont Jean Claude Michéa espère former la substance éthique du peuple révolutionnaire ne conduit à nulle prise de conscience. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la morale populaire commune, qui subsiste un peu partout, et qui si elle a un fond solide de maximes simples et saines pour vivre ensemble avec ses voisins et ses cousins, est volontiers traditionaliste, sexiste, xénophobe et homophobe ; il suffit de lire Orwell lui-même pour s’en convaincre. Le prolétariat, quelques soient les préjugés qu'il véhicule, est constitué dans la lutte qui transcende ces oppositions et produira à son issue des valeurs nouvelles qui lui seront propres, qui ne relèveront ni de la tradition, ni de la consommation aliénée.

Orwell produit une critique émotionnelle et paradoxale des injustices qui accablent le peuple décent et qu’il supporte avec constance, pour mieux discréditer toutes les tentatives crédibles mais indécentes et outrageantes de secouer cette société injuste. En Birmanie il donne longuement la parole aux birmans pro-colonisateurs qui raillent le manque d’authenticité des nationalistes. La théorie historique d'Orwell ( dans 1984) est d'une faiblesse à pleurer : de tous temps il y a eu trois groupes sociaux : les privilégiés, les "moyens" et les pauvres. Les "moyens" qui sont jaloux des privilégiés fomentent des révolutions en trompant les pauvres avec de fausses promesses, pauvres qui se révoltent mais restent pauvres comme avant. Lorsque les "moyens" deviennent à leur tour privilégiés en renversant les précédents, une nouveau groupe de "moyens" se forme. Qui fomente des révolutions. Et ainsi de suite.

C’est bien un tory, un conservateur paternaliste anglais. La symbolique grossière de Animal Farmest là pour le dire : le fond de sa pensée, c’est que les communistes sont des porcs. Faire la révolution, c’est se donner aux porcs. Orwell est un conservateur populiste en ce que comme Dostoïevski et les slavophiles russes du début du XIXème siècle, il dote le peuple de qualités imaginaires pour l'opposer aux avant-gardes révolutionnaires chargées de toutes les tares. Il plonge bravement dans la Guerre d'Espagne ou dans le peuple anglais des mineurs ou du Quai de Wigam, pour pouvoir dire "j'y étais", comme un touriste de l’extrême ou un humanitaire d’aujourd’hui. Comme Kouchner au Biafra.

« Ces Berbères sont plus heureux que nous » comme il dit, mais quand on leur demande leur avis, ces Berbères viennent bosser chez nous. Il doit y avoir une raison.

PS :Orwell manqua singulièrement lui-même de décence commune, le jour où il établit une liste des journalistes communistes de la BBC pour les signaler aux services de police.

Tag(s) : #Idéologie
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