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Le retour à l'emploi reste la priorité des salariés.

Le retour à l'emploi reste la priorité des salariés.

La Nouvelle République

 

Déols. La quatrième réunion de négociation du PSE de Pipelife, hier, n’a pas donné satisfaction aux employés qui ont décidé de se mettre en grève.

Des poids lourds entrent et sortent à un rythme régulier de l'enceinte. L'usine de fabrication de plaques, feuilles, tubes et profilés en matières plastiques, installée dans la zone industrielle de La Martinerie, fonctionne normalement. Elle doit pourtant fermer ses portes au printemps. Sur les grillages de clôture, des banderoles masquent les milliers de rouleaux de drains jaunes que fabrique l'entreprise, stockés sur des espaces extérieurs.« Patrons Sans États d'âme. » « Pipelife, le futur, c'est la fermeture, bien sûr. » « La 75e société remerciée par le groupe Wienerberger », annonce un cercueil en polystyrène. « Des réponses mercredi ou on débraye », prévient une autre banderole.

Hier, la direction de l'entreprise basée à Aubevoye (Eure), est arrivée dès 8 h sur le site indrien pour la quatrième réunion du PSE, qui a débuté deux heures plus tard. Si les salariés ne se font plus d'illusion sur la fermeture de l'entreprise et la disparition d'une cinquantaine d'emplois, ils entendent obtenir les meilleures conditions de départ possibles, « avec des mesures qui correspondent aux moyens du groupe ». Et, surtout, favoriser les formations et l'employabilité future.
 

Ils dénoncent la fermeture d'un site en parfaite santé, quand « Pipelife monde gagne de l'argent. On a le meilleur coût de revient du groupe en France. Il y a de l'argent. » Alors que les représentants syndicaux débattent avec la direction, une vingtaine de salariés se tiennent devant l'entrée du site. Certains ont débauché à 5 h du matin. Ils ont pourtant tenu à être présents. Ils sont désabusés. Ou amers. « Nous avons reçu le 24 décembre un courrier du P-DG Europe expliquant le PSE du point de vue de la direction, raconte l'un d'eux. Je n'ai pas pu le lire jusqu'au bout. Il est parti à la poubelle. Mais je veux continuer à y croire. Il faut rester positif, au moins pour continuer à travailler sereinement. » 
 

Une demi-heure après le début de la réunion, première suspension. « Ils doivent nous présenter des documents. Ils n'en avaient pas ; ils sont venus sans rien. On est toujours en attente de propositions. On n'a aucun retour sur nos demandes. » « C'est une blague complète, dénonce Bruno Chotard, délégué CGT. Ce n'est pas du tout constructif. Ça ne peut pas durer. »

Points stratégiques

A 15 h 30, les négociations s'enlisent. La grève immédiate est décidée. « On est en face de personnes qui ne veulent rien entendre, se désole Patrice Rabaté, consultant Secafi. La direction ne veut pas revenir sur certains points élémentaires. Ils ne veulent rien négocier. On avait par exemple demandé un congé de reclassement de dix-huit mois pour les plus de 50 ans, ils veulent rester à douze mois. Et le budget de formation, c'est seulement 4.000 à 6.000 €. Les gens sont vraiment très en colère. » « Ce sont des points stratégiques pour nous permettre de retrouver du travail », clame un salarié. Cette grève est-elle appelée à durer ? « C'est la direction qui détient la clé. » 

Seules deux réunions sont encore programmées jusqu'à fin février dans le cadre du PSE

Tag(s) : #Lutte de classes
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