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Les AGRICULTEURS broyés par le capitalisme

 
 
 
 

Une nouvelle baisse des prix agricoles a remis les éleveurs français dans la rue. Tout l’été 2015 a été ponctué de manifestations qui criaient leur détresse face à des cours qui ne couvraient pas leurs frais de production. Deux tables rondesMinistère, FNSEA et CNJA, industriels de la transformation et de la grande distribution - avaient abouti à des engagements de revalorisation du prix du lait (à 340 euros la tonne) et du porc (à 1,40 euro le kilo) en juillet et octobre. Aujourd hui ces prix se situent respectivement à 300 euros et 1,07 euros voire moins.
 

La FNSEA avait appelé à rentrer à la ferme après la grande manifestation du 3 Septembre, 1700 tracteurs à Paris forte couverture médiatique, " déclaration d amour " de Valls aux paysans etc. Le président du syndicat, Xavier Beulin, par ailleurs magnat de l’ agro-business avec son groupe Avril-Profitéol avait bien été hué mais tout était rentré dans l ordre. Il ne restait plus qu’à remplir les demandes d’aides diverses.
 

Les augmentations de prix ont eu la vie brève.
 

Celle du porc, sitôt signée était contestée par les deux mastodontes du secteur: Bigard (le " Parrain" de la viande) et Cooperl, qui règnent en maîtres sur le secteur, refusaient une augmentation. Celle du lait n’a pas résisté à la fin des quotas en Europe ni à la stratégie chinoise de reconquête de son autosuffisance alimentaire.


Au delà de ces causes assez conjoncturelles, c’est le choix des capitalistes qui est en oeuvre pour atteindre ses objectifs réels : concentration accélérée des exploitations pour une compétitivité accrue générant des profits records aux investisseurs. Les produits agricoles sont devenus des actifs financiers à part entière, des placements parmi d’autres. Que des dizaines de milliers d exploitations soient vouées à la disparition à très court terme, avec toutes les conséquences en termes de destinées humaines, de territoires ruraux dévastés, de disparition énorme d emplois induits est bien le dernier souci de ces vautours.La comparaison avec la disparition programmée de la sidérurgie n’est pas dépourvue de sens.
 

Quand le Ministre Le Foll constate : "les agriculteurs ont fait d'immenses progrès, générant davantage de gains mais ils ont dû distribuer énormément de plus-values alors qu’elles devraient être conservées dans les exploitations ", c’est pour dire qu’il attend des acteurs de la filière " une répartition plus équitable de la valeur entre les maillons ". On imagine bien l’impact sur les actionnaires des industries du machinisme agricole, des produits phytosanitaires, des géants de l’agro-alimentaire ( abattoirs, laiteries, 2ème et 3ème transformation), des banques - pas seulement le Crédit agricole, de la grande distribution, leur sensibilité à de tels arguments.
 

La situation est dramatique, les exploitants trompés, trahis par leurs dirigeants tout puissants, sont aux dernières extrémités, n ayant même pas touché le premier euro des aides promises l’été dernier ne voient plus d’issue . C’est vrai que dans le système capitaliste, dans l’Union Européenne, il n’y en a pas. Pendant quelques semaines, Salon de l’Agriculture oblige, on va pérorer sur le " verdissement" de l’agriculture, l‘agro- écologie, les circuits courts etc.
 

Le thème du Salon 2016 n est- il pas " Agriculture et alimentation citoyenne" ? Ce qui serait vraiment " citoyen, ce serait de jeter bas le capitalisme, se réapproprier collectivement les moyens de production et d’échange pour installer en France une agriculture de qualité débarrassée de tous les parasites du capitalisme qui la rongent.
Les luttes doivent continuer mais il est indispensable qu’elles soient orientées contre les vrais responsables.

 

SOURCE:

Tag(s) : #Lutte de classes
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