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Cyril Keller et Karim : "On a failli faire un exemple !"
Cyril Keller et Karim : "On a failli faire un exemple !"
Cyril Keller et Karim : "On a failli faire un exemple !"

Cyril Keller et Karim : "On a failli faire un exemple !"

REPRESSION PATRONALE 

 

Pour la CGT, c’est plus qu’une coïncidence ou un malencontreux concours de circonstances. Il s’agit d’un simple rapport de cause à effet : quelques semaines après avoir pris la tête d’une toute nouvelle section départementale dédiée à la défense des salariés dans le domaine du nettoyage, Karim est mis à pied puis une procédure de licenciement est lancée à son encontre par la direction de Derichebourg Propreté.

Dans tout le grand Est, cette entreprise emploie 1 500 personnes ; elle est leader du secteur dans l’Aire urbaine où travaille notamment Karim (il dépend de l’agence Besançon Montbéliard). « C’est un milieu difficile, où il a pas mal de sous-traitance », souligne Cyril Keller, secrétaire général de l’union départementale CGT. « Les patrons n’ont pas envie que les salariés s’organisent, mettent le nez dans les contrats, revendiquent leurs droits… »

 
Paroles contre paroles

 

Pour le syndicat, dont une soixantaine de représentants manifestaient ce mardi matin devant le siège départemental de l’entreprise, à Étupes, à Technoland, les choses sont claires : « Il faut couper une tête » et Karim sert d’exemple. Mis à pied (sans salaire) depuis début janvier, ce dernier en est également persuadé mais déroule tout de même le fil des événements

Élu du personnel (suppléant) depuis 2012, très actif syndicalement parlant, le salarié intervient sur un chantier de nettoyage chez un opérateur téléphonique fin novembre à Besançon. Il n’a pas assez du temps imparti pour finir sa mission, le client réclame donc un complément. Or, selon ses dires quand il revient dans cette entreprise, un responsable, qu’il croise, se refuse à lui donner des précisions sur les tâches à terminer : « Il m’a répondu que cela ne concernait que mes supérieurs et qu’il ne me donnerait pas d’informations. Je n’ai pas insisté »

Sauf que le responsable de l’opérateur téléphonique n’a pas la même version : début janvier donc, Karim est convoqué par ses supérieurs suite à une plainte de ce dernier.

En résumé, le client l’accuse de l’avoir menacé de contacter la CGT de son entreprise pour « délit de faciès » et discrimination syndicale. « Je n’ai jamais dit ça, je n’ai même rien dit du tout », affirme calmement aujourd’hui Karim. Les camarades de la CGT voient, eux, « des patrons qui se serrent les coudes », voir un « coup monté » pour se débarrasser d’un syndicaliste un peu trop bruyant, qui avait par ailleurs dénoncé un délit d’entrave (au CE) fin décembre. D’autant que des élections professionnelles se profilent cette année…

Reste qu’une procédure de licenciement est lancée. Vendredi dernier, à Nancy, où une grosse délégation CGT est venue soutenir Karim, le comité d’établissement s’est prononcé, à titre consultatif, sur le sujet : 3 élus ont donné un avis négatif, 2 se sont abstenus et 1 a donné son aval au licenciement.

La suite ? Si la direction persiste dans sa volonté de licenciement, l’inspection du travail devra, au terme d’une enquête, l’autoriser ou non, puisqu’il s’agit d’un salarié protégé. Contacté par nos soins, le directeur régional de Derichebourg Propreté, qui un peu plus tôt avait reçu quelques syndicalistes, n’a pas souhaité faire de commentaires : « Une procédure disciplinaire est en cours, je n’ai pas le droit d’intervenir ».

Sophie DOUGNAC

Mardi 16 février 2016 à 11 heures, la CGT a organisé un rassemblement devant le site de la société Derichebourg à Etupes, dans le Doubs. Objectif : manifester contre la décision de la direction de l'entreprise de licencier Karim

La CGT compte par la même occasion rencontrer la direction "pour donner un avis négatif sur ce licenciement !" Selon le syndicat, "Une fois de plus, le patronat s'acharne sur un militant CGT, ce que nous ne pouvez plus tolérer et laisser faire sans montrer les dents !"

"Lors du comité d'entreprise qui prend l'avis des élus, une cinquantaine de militants ont accompagné Karim à Nancy. Trois élus ont donné un avis négatif, deux se sont abstenus et un à donné un avis positif (CFTC)" dénonce la CGT.

Elle souhaite rappeler "aussi aux élus du personnel le rôle d'une organisation syndicale".

(Communiqué)

Tag(s) : #Lutte de classes
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