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VALLOUREC (Nord) : la colère monte, la mobilisation ouvrière s'organise

 
 
 

LU DANS LA PRESSE (Liberté Hebdo) :

"Vallourec : la colère monte

C'était une sourde colère. Elle se transforme en un grand cri. Dans le Valenciennois et la Sambre- Avesnois, salariés, syndicats, habitants, commerçants et élus se mobilisent ensemble pour éviter la suppression de centaines d'emplois supplémentaires et la fermeture du laminoir de Saint-Saulve.

La salle des fêtes de Saint-Saulve était comble, ce vendredi 5 février au soir. Quelques jours après la suppres­sion d'un millier d'emplois en Europe et la fermeture de sites industriels annoncées par Vallourec, environ 400 personnes ont participé à l'assemblée générale réunie pour or­ganiser la riposte.

Salariés, syndicalistes et élus, tous partagent la même indignation. En vendant son aciérie et en fermant son laminoir, Vallourec « abandonne ses racines », lance Salvatore Benedetti (CFDT), allusion à l'origine du groupe, dont le nom est la contrac­tion de trois communes du Nord, Va­lenciennes, Louvroil, Recquignies. « La direction n'a jamais tenu ses en­gagements », rappelle Philippe Bu­rette (CGT), évoquant les investisse­ments attendus à Saint-Saulve. « La direction de Vallourec nous prend pour des cons », résume Philippe Verbeke, responsable de la Fédéra­tion CGT des travailleurs de la métal­lurgie. « C’est de la violence sociale ». Dehors, avant la réunion, ou dans la salle, plusieurs salariés évoquent un sentiment de « trahison ». La dé­fiance pointe aussi vis-à-vis des « po­litiques ». Certains pensent que des élus du territoire « connaissaient le projet mais n'ont rien dit ». Un point de vue renforcé par le fait que les or­ganisations syndicales ont été écar­tés des groupes de travail direction/ élus. « La porte nous a été fermée », rappelle Salvatore Benedetti. « On se demande à quoi ont servi ces groupes de travail », renchérit Philippe Bu­rette. « Ces réunions n'ont pas servi à grand-chose », admet Cécile Gallez, maire de Saint-Saulve. « Plus vieille élue du coin», l'ancienne députée proche de Jean-Louis Borloo se sou­vient avoir « défilé » lors de la casse de la sidérurgie (Usinor) à Denain. « J’ai vu l’ouverture de Vallourec. Je refuse sa fermeture », dit-elle.

Dans le Valenciennois comme en Sambre-Avesnois, où Vallourec compte quatre autres sites, l'inquiétude grandit. « On est des mé­tallos. On est meuleur, ébarbeur... On va nous proposer quoi à Pôle-em­ploi ? Animateur de centre social et aide-ménagère ? Il n'y a que ça dans le Valenciennois ou dans la Sambre », lâche Yohann Delbauve (CGT), d'Aulnoye-Aymeries. « J'ai un crédit pour la voiture, un autre pour la mai­son. On nous a demandé des efforts, on a travaillé en heures sup, on a tra­vaillé le samedi. On nous a mené en bateau, et le bateau coule », lance Lodfi Manai, un salarié de Saint-Saulve. « On a tous peur de perdre notre emploi », avoue Ludovic, un sa­larié de PSA Valenciennes, socialiste et adhérent à la CFDT qui dit avoir « la rage » contre « les politiques (qui) nous bernent ». « Et après Val­lourec, ce sera qui ?», interroge un militant du PG.

Du PCF à la droite, tous les élus pré­sents ce soir-là affirment partager la même indignation. « Nous, les poli­tiques, ne sommes pas des mêmes fa­milles. On ne pense pas tous la même chose. Mais sur Vallourec, on a su parler d'une même voix », avance Fa­bien Roussel, secrétaire du PCF Nord et élu de Saint-Amand-les-Eaux. Jus­qu'à présent, note Laurent Degallaix, député-maire (UDI) de Valenciennes, « on a été exemplaire ; on aurait peut-être dû être un peu plus punchy (...) mais il ne faut pas effrayer un re­preneur ».

Alors maintenant ? Pourquoi faut-il se battre ? Eviter des licenciements secs et négocier des primes de départ ou maintenir le laminoir ? A la tri­bune ce S février, les élus CGT et CFDT en convenaient : le site de Saint-Saulve n’a pas d'avenir à long terme sans le maintien du laminoir. « Ne perdons pas de vue l'enjeu : évi­ter la fermeture du laminoir », sou­tient Fabien Roussel, partisan d’un large « comité de vigilance », associant salariés et élus. Cela verra peut- être le jour bientôt.

Pour l'heure, plu­sieurs mobilisations sont annoncées.

Le 18 février,

FO et la CFDT appellent à manifester devant le siège de Vallourec, à Boulogne-Billancourt. Dans la région, une grande manifestation ENCADRÉS DE L'ARTICLE est prévue

le 25 février

à Valen­ciennes et

le 5 mars

à Aulnoye-Aymeries, à l'initiative de la CGT. « Rendez-vous dans la rue », lance Ludovic Bouvier (USTM CGT). « Et si nous allions voir les actionnaires ? »

Le 6 avril,

il se pourrait bien qu’une délégation réclame à l'assemblée gé­nérale le départ du président de Vallourec et le non versement des divi­dendes aux actionnaires.

par Mathieu Hebert

Les prochaines mobilisations

25 février à Valenciennes

Journée d'action de La CGT en faveur de L'emploi, des retraites, du pouvoir d'achat, de La protection sociale et des services publics, un mot d'ordre identique à La journée du 26 janvier. Compte tenu de L'actualité du dossier de Vallourec, La CGT Nord n'organise pas de rassemblement à Lille, mais appelle à manifester à Valenciennes.

Rendez-vous à 10 h, place d'Armes, face à L'Hôtel de Ville. La CGT de Vallourec Saint-Saulve appelle à un rassemblement dès 8 h devant La tuberie, d'où Le cortège partira en direction de Valenciennes à pied. IL re­joindra ensuite La place d'Armes.

le 5 mars à Aulnoye-Aymeries

Rassemblement et manifestation avec Les salariés, habitants, commerçants et élus.

Heure et Lieu de départ à déterminer.

 
 
 
 
Tag(s) : #Lutte de classes
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