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 Bangladesh : trois ans après le drame du Rana Plaza, où en est-on ?
 Bangladesh : trois ans après le drame du Rana Plaza, où en est-on ?

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Le 24 avril 2013, au Bangladesh l’immeuble du Rana Plaza – une usine textile – s’effondrait à Dacca, faisant 1134 morts et des centaines de blessés. Trois ans plus tard, où en est-on de l’indemnisation des victimes et de la responsabilisation des sociétés donneuses d’ordre ? Interview de Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif l’Ethique sur l’étiquette.

 

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Trois ans après le drame, les victimes ont-elles toutes été indemnisées ?

Un fonds d’indemnisation a été créé cinq mois après le drame à l’initiative des syndicats et ONG internationaux et de l’Organisation internationale du travail (OIT). Sous la pression citoyenne internationale, il a été abondé notamment par les marques de textile qui font appel à des fournisseurs au Bangladesh, sans pour autant que celles-ci ne reconnaissent leur responsabilité via cette participation financière.

Au total, 30 millions de dollars ont pu être distribués entre janvier 2014 et octobre 2015 à l’ensemble des victimes. Ce sont les syndicats locaux et internationaux, avec le soutien du bureau de l’OIT qui les ont identifiées et qui ont élaboré la grille du montant des indemnités, sur la base de la convention 121 OIT. Elles vont de 1 200 euros minimum pour les personnes blessées à 11 500 euros minimum en cas de décès. Ces indemnités visent à pallier aux pertes de revenus générées par les conséquences du drame et à assurer les frais médicaux de long terme.

Il faut une approche plus globale des pratiques d’achat des multinationales

En revanche ces indemnités ne couvrent pas de dommages et intérêts. Pour que ce soit possible, il faudrait que les victimes puissent déposer plainte auprès de la justice contre les marques. Or le système juridique actuel ne le permet pas. Les victimes n’ont pu se retourner que contre l’Etat bangladais et contre le propriétaire du Rana Plaza, qui est aujourd’hui en prison. Il faut savoir que c’est lui qui a obligé les ouvriers à venir travailler alors qu’ils avaient repéré des fissures alarmantes sur les murs des bâtiments la veille du drame.

Un accord a également été signé pour pallier aux insuffisances de sécurité…

Avant le drame, la Clean Clothes Campaign et des syndicats avaient soumis aux marques un projet d’accord, mais elles l’avaient estimé trop contraignant. Après l’effondrement du Rana Plaza, elles l’ont finalement accepté, sous la pression citoyenne notamment via une pétition qui a rassemblée un million de signatures en une seule semaine ! Aujourd’hui plus de 260 marques l’ont signé.

Cet accord prévoit la mise en place d’inspections indépendantes sous l’égide de l’OIT des usines de sous-traitants de ces marques. Lorsque des défauts dans la sécurité des bâtiments apparaissent, un plan d’actions correctives est mis en place. Il faut reconnaître que cette démarche est très transparente : tous les rapports d’inspection et l’état d’avancement des rénovations d’usine sont accessibles en ligne.

Tag(s) : #Capitalisme
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