Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le chancelier social-démocrate tire les leçons des dernières élections : il prend la porte...
Le chancelier social-démocrate tire les leçons des dernières élections : il prend la porte...

Le chancelier social-démocrate tire les leçons des dernières élections : il prend la porte...

Le chancelier autrichien, Werner Faymann, a démissionné, lundi 9 mai, sur fond de crise politique provoquée par la montée de l’extrême droite. 

Le chancelier autrichien, Werner Faymann, a jeté l’éponge lundi, quittant le gouvernement et la tête du Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), en crise profonde depuis sa déroute à la présidentielle face à une extrême droite portée par les urnes. Les Partis social-démocrate et conservateur (ÖVP, Parti populaire autrichien) qui gouvernent au sein d’une grande coalition dirigée depuis 2008 par M. Faymann, ont été éliminés de la phase finale de la présidentielle avec 11,3 % des voix, un cas de figure inédit depuis 1945. Le candidat d’extrême droite (FPÖ, Parti de la liberté d’Autriche), Norbert Hofer, avec 35 % des voix, a largement devancé ses cinq rivaux. Dans un contexte de crise des migrants et de montée des populismes en Europe et aux Etats-Unis, ce résultat a profondément déstabilisé les deux formations traditionnelles. L’ex-chancelier de 56 ans a dressé un constat amer. « Est-ce que je bénéficie d’un fort soutien au sein du parti ? Je dois admettre que la réponse est non, a-t-il expliqué. Je tire les conséquences de ce faible soutien en démissionnant de mes postes de chef du parti et de chancelier fédéral. » L’intérim est assuré par l’actuel vice-chancelier, Reinhold Mitterlehner, chef du parti conservateur. Le choix de la direction du SPÖ pour la succession de Werner Faymann sera annoncé le 17 mai puis soumis au président, Heinz Fischer, afin que celui-ci nomme le nouveau chancelier.

La coalition gouvernementale est particulièrement fragilisée depuis le succès du FPÖ de Norbert Hofer, dont le programme est anti-islam et eurosceptique. Le SPÖ et le FPÖ coopèrent déjà à la tête de certaines villes et provinces autrichiennes, mais Werner Faymann s’est toujours dit catégoriquement opposé à une telle alliance au niveau fédéral. D’où la crise dont Norbert Hofer est le grand vainqueur. Il sera opposé au second tour de la présidentielle, le 22 mai, à l’écologiste Alexander van der Bellen. L’enjeu n’est pas négligeable. Certes, le président autrichien, élu pour six ans, ne participe pas à la gestion quotidienne du pays, mais il dispose de pouvoirs formels étendus, notamment celui de nommer un nouveau chancelier et de dissoudre le Parlement. Un changement d’exécutif au lendemain de la présidentielle n’est pas, à l’heure actuelle, l’option privilégiée par les deux candidats. La plupart des commentateurs doutent toutefois de la capacité de la coalition gauche-droite à aller jusqu’au terme de son mandat, en 2018, et tablent sur des élections anticipées pour lesquelles le FPÖ est aussi favori.

Tag(s) : #Europe Autriche
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :