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Avant celle du 23 juin, la manif' du  14 juin restera une date de l'histoire ouvrière par son nombre et sa volonté de gagner : le point de vue de "Rouge Midi"
Avant celle du 23 juin, la manif' du  14 juin restera une date de l'histoire ouvrière par son nombre et sa volonté de gagner : le point de vue de "Rouge Midi"
Avant celle du 23 juin, la manif' du  14 juin restera une date de l'histoire ouvrière par son nombre et sa volonté de gagner : le point de vue de "Rouge Midi"
Avant celle du 23 juin, la manif' du  14 juin restera une date de l'histoire ouvrière par son nombre et sa volonté de gagner : le point de vue de "Rouge Midi"

Cette manif avait la classe

 

Laquelle ? L

 

 

 

La classe ouvrière, la classe des prolos, la classe des opprimés qui se sont bougé hier. Pour souffler, encore, d’un souffle bien rouge, comme ces milliers, pour ne pas dire ces millions de drapeaux rouge qui flottait mardi à Paris mais partout en France depuis des mois.

Ca c’est sûr cette manif avait la classe.

D’abord par la taille du cortège, nous laisserons le débat sur le nombre de manifestant aux autres médias. Ce qui est sûr : c’était des centaines de milliers de manifestants, les quelques photos de l’article vous donnerons un aperçu de l’ampleur. Certains des manifestants parisiens déclaraient qu’ils n’avaient jamais vu aussi grosse manif.

Ensuite par l’ambiance, fraternelle c’est sûr. Ce n’était pas un cri, c’était une vocifération générale dans tout le cortège. Des slogans aussi inventifs que combatifs contre la précarité, ce gouvernement socialo (ça rime avec salaud, on l’a bien vérifié hier), à peu près toutes les déclinaisons de la misère qui nous poussent à la grève y sont passées. Festive, quand les dockers du Havre et bien d’autres nous ont fait profiter de leurs talents artistiques, allant de la farandole, fanfare, combat de loi avec gant de boxe, alors en plus du revendicatif on se transmettait la joie. Si certains pensaient que la manif des syndicats c’était plutôt traîne savate, hier on devait pas être dans la même manif. 
On pourrait donner bien d’autres dimensions à cette manif, sans en faire une liste, on peut assurément dire que c’était une manif riche !

Bien des entreprises en lutte étaient présentes, tant de gens privés d’emploi, parce que ce monde où la solidarité disparaît, un monde de pauvres que l’on subit et que l’on nous propose on le refuse en bloc. Bien au delà de la loi El Khomri, qui, il faut le dire, représente un bon panel de toute cette merde. Tout le caractère paradoxal de notre société, du capitalisme, était présent dans cette manif. Alors que ceux de la haute veulent nous faire plonger la tête plus profond que le sous-sol, la classe des travailleurs, se relève et ce sont bien eux qui sont la richesse de notre pays comme le rappelait une banderole.

La CGT seule responsable

A en croire tous les commentateurs aguerris, la CGT est responsable du blocage, des « débordements », de la radicalisation du mouvement et que sais je encore.

Avant tout, il semble important que l’on parle de la même chose. Hier, et depuis des mois, le mouvement est INTERSYNDICAL. C’est à dire que c’est plusieurS organisationS, au pluriel ! Pour que les choses sont parfaitement claires on peut citer SUDFO, la FSU, la FIDL, l’UNEF, la CNT et la CGT. Tout le monde tire sur la CGT, M. Valls en capitaine de salves, de deux choses l’une. Soit on ne parle pas de la même manif, soit ils mentent. Mais c’est vrai que vu d’un hélicoptère on n’arrive pas bien à voir les drapeaux.

De plus, j’ai bien regardé le cortège. Un premier bloc de 1000 personnes environ en tête de manif, « casseurs », « toto », black block, les appellations sont diverses. Dans cette partie du cortège je n’ai pas vu de drapeau, d’autocollant d’organisation. Comment la seule CGT pourrait être responsable de ces personnes libres de manifester ? En revanche ce que j’ai vu c’est que les CRS ne bougent pas le petit doigt quand une personne fait un malaise, je vous laisse imaginer ce qu’il font avec deux camions lance à eau. Digne d’une grande démocratie, soyons en certains.

Si casser un abris-bus ne semble pas une solution politique en soi, je ne vois pas pourquoi la CGTdevrait s’exprimer sur ces faits. D’autant que certains messages muraux ne sont pas pour déplaire. Quand Cazuhac s’est fait choper pour ses comptes en Suisse, ça n’a pas empêché M. Valls d’embaucher quelqu’un qui ne sait pas remplir une feuille d’impôt au poste de ministre des finances. D’après M. Valls la CGT doit arrêter d’organiser des manifs, alors devrait-t-on interdire M. Valls de recruter des ministres ? La question se pose.

Nous ne pourrons pas plier

Au-delà de la détermination de tous celles et ceux qui ont manifesté à Paris ou ailleurs, toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les slogans, la masse mobilisée dans ce mouvement pourra encaisser les coups même les plus bas de la part du gouvernement. Tout simplement parce que si l’un est atteint cent se tiennent à ses côtés pour le soutenir. La capacité de solidarité de classe, de mouvement vers une victoire, même défensive, est indiscutable.

C’est pas l’odeur de lacrymo, qui s’est engouffrée rue de Varennes, peut être jusqu’à Matignon, qui nous fera reculer. Encore moins les injonctions à arrêter les manifestations, de sinistre mémoire qu’il s’agisse de la guerre d’Algérie ou récemment de la manifestation en soutien à Gaza.

Ils doivent être sourds, mais cela a été dit la semaine dernière : « on a relevé la tête ! » La manif d’hier montre que la classe ouvrière ni ne la baissera, ni qu’elle acceptera de se laisser regarder de plus haut encore.

Camarades, continuons la lutte !

Tag(s) : #Lutte de classes

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