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Samedi, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou se trouvait en Syrie, où il a rencontré le président Bachar al Assad.

Samedi, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou se trouvait en Syrie, où il a rencontré le président Bachar al Assad.

COMITE VALMY

Syrie – L’attaque surprise russe met 
fin aux manœuvres de retardement de Kerry 

par Moon of Alabama

 

Les Etats-Unis ne veulent pas mettre fin à la guerre contre la Syrie ni régler l’affaire à la table de négociation. Ils veulent voir leurs exigences satisfaites à 100%, à savoir la chute du gouvernement syrien, la dissolution de l’Etat syrien et la mise en place d’une administration américaine par procuration, en Syrie.

 

Lorsque le cessez-le-feu a été instauré en Syrie, fin février, Obama n’a pas respecté son engagement de séparer les « rebelles modérés », soutenus par les États-Unis, d’al-Qaïda. En avril, les rebelles soutenus par les Américains, les talibans comme Ahrar al Sham, et Al-Qaïda se sont réunis pour attaquer le gouvernement syrien au sud d’Alep. Les forces par procuration des Etats-Unis ont violé le cessez-le-feu.

 

Deux résolutions de l’ONU stipulent qu’al-Qaïda en Syrie doit être combattu quoiqu’il en coûte. Mais les États-Unis ont, au moins par deux fois, demandé à la Russie de ne pas bombarder Al-Qaïda. Ils prétendent à tort qu’il ne leur est pas possible de séparer leurs « modérés » d’al-Qaïda et qu’une attaque contre al-Qaïda toucherait également leurs amis « modérés ».

 

Le Ministre des affaires étrangères russe Lavrov en a parlé plusieurs fois à Kerry. Mais la seule réponse qu’il a obtenue a été de surseoir aux attaques aériennes. Pendant ce temps, Al-Qaïda et les « modérés » ont continué à violer le-cessez-le-feu et à attaquer les forces gouvernementales syriennes.

 

Près de quatre mois ont passé et Kerry continue de dire que les Etats-Unis ont besoin de plus de temps pour séparer leurs forces par procuration d’al-Qaïda. Le ministre des Affaires étrangères Lavrov a récemment exprimé la consternation des Russes :

 

Les Américains disent maintenant qu’ils n’arrivent pas à écarter les membres de la « bonne » opposition des positions tenues par le Front al-Nusra, et qu’ils ont besoin de deux ou trois mois de plus. J’ai l’impression que c’est juste une tactique pour garder une sorte de lien avec le Front al-Nusra et l’utiliser plus tard pour renverser le régime [d’Assad] », a déclaré M. Lavrov lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

 

La coupe était pleine, et la dernière demande de Kerry d’attendre encore trois mois avant d’attaquer Al-Qaïda a été la goutte qui a fait déborder le vase. La Russie a maintenant répondu en frappant les États-Unis là où ils ne s’y attendaient pas :

 

Les avions de l’armée russe ont bombardé les combattants syriens soutenus par le Pentagone plus tôt dans la semaine, sans tenir compte des mise en garde des commandants américains contre ce que les responsables militaires américains considèrent comme la plus grande provocation de Moscou depuis le début de sa campagne aérienne en Syrie, l’année dernière.

 

Les frappes ont touché une base située près de la frontière jordanienne, loin des zones d’actions précédentes des Russes, et ont ciblé les forces soutenues par les Etats-Unis qui luttent contre les militants de l’État islamique.

Ces dernières frappes ont eu lieu de l’autre côté du pays, autour de Tanf, une ville à proximité de laquelle se rejoignent les frontières de la Jordanie, de l’Irak et de la Syrie, à l’opposé de l’endroit où opèrent habituellement les Russes...

Les frappes russes ont touché une petite base rebelle d’entraînement située dans une zone aride et inhabitée de la frontière. Environ 180 rebelles y participaient à un programme du Pentagone pour former et équiper les combattants contre l’État islamique.

 

Lorsque le bombardement a commencé, les rebelles ont appelé un centre de commandement américain au Qatar, d’où le Pentagone orchestre les attaques aériennes quotidiennes contre l’État islamique.

 

Les jets américains sont arrivés et les jets russes sont partis. Les jets américains sont repartis pour faire le plein, les jets russes sont revenus et ont bombardé à nouveau. Il semble que deux combattants américains par procuration aient été tués et que 18 aient été blessés.

 

Plus tôt dans la journée, il y a eu une autre attaque similaire sur la même cible.

 

Il ne s’agissait pas d’un accident, mais d’une opération bien planifiée et la réponse du porte-parole russe l’a clairement indiqué :

 

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov a confirmé l’attaque de vendredi et a dit aux journalistes qu’il était difficile de distinguer les différents groupes rebelles depuis le ciel.

 

Traduction : « Si vous n’êtes pas capables de séparer vos forces de celles d’Al-Qaïda, ni de différencier leurs zones d’action, ni de désigner les zones tenues exclusivement par les « modérés », nous n’en sommes pas capables non plus. »

 

Les combattants qui se trouvent près de Tanf sont soutenus par l’artillerie américaine depuis la Jordanie et par les forces aériennes américaines depuis l’Irak. Les forces d’opérations spéciales britanniques et jordaniennes font partie des forces terrestres (ainsi que, probablement, la plus grande partie des combattants « syriens ».) Al-Qaïda n’est pas là. Les Russes le savent bien. Mais ils voulaient qu’il soit clair que si séparation il y a, tout le monde doit la faire et pas seulement eux. Et que donc, tant que les États-Unis ne les sépareraient clairement d’al Qaeda, toutes les forces qu’ils soutiennent seraient bombardées indistinctement, partout et à tout moment. (Excepté, pour l’instant, les Kurdes syriens qui luttent contre l’État islamique avec le soutien des Etats-Unis.)

 

Le Pentagone ne veut pas intensifier son engagement contre le gouvernement syrien, ni contre la Russie. Il veut combattre l’État islamique et il hait la CIA pour sa coopération avec al-Qaïda et d’autres éléments djihadistes. Mais John Brennan, le chef de la CIA qui sert les intérêts saoudiens, semble encore avoir l’oreille d’Obama. Seulement que peut faire Obama maintenant ? Abattre un jet russe et ainsi mettre en danger les pilotes américains qui survolent la Syrie ou qui s’approchent de la frontière russe ? Risquer une guerre avec la Russie ? Vraiment ?

 

Les frappes russes près de Tanf ont clairement été une surprise. Les Russes ont encore pris à Washington à contre-pied. Le message à l’administration Obama est clair : « Finies les manœuvres de retardement et les embrouilles. Vous séparez vos modérés MAINTENANT ou tous vos actifs en Syrie deviendront des cibles formidables pour les forces aériennes russes. »

 

Les frappes russes à Tanf sur les mandataires américains ont eu un avantage supplémentaire. Les Etats-Unis avaient prévu de laisser ces forces se déplacer vers le nord, vers la ville de Deir Ezzor pour y défaire l’Etat islamique. Le but étant d’instaurer une « entité sunnite » sous contrôle américain qui couvrirait le sud-est de la Syrie et l’ouest l’Irak. Ce qui diviserait la Syrie en deux.

 

Le gouvernement syrien et ses alliés ne les laisseront pas faire. Il y a une grande opération prévue pour libérer Deir Ezzor de l’occupation de l’État islamique. Plusieurs centaines de forces gouvernementales syriennes ont réussi à tenir un aéroport isolé à Deir Ezzor malgré les nombreuses attaques de l’Etat islamiques. Ces troupes sont actuellement renforcées par des contingents supplémentaires de l’armée syrienne et des commandos du Hezbollah. Une grande bataille va avoir lieu et Deir Ezzor pourrait être libérée dans les prochains mois. Les plans américains pour une entité syrienne orientale s’effondreront si le gouvernement syrien parvient à prendre et tenir sa plus grande ville orientale.

 

Les manœuvres de retardement de l’administration Obama ont fait long feu. La Russie n’acceptera plus de rester les bras croisés pendant que les États-Unis sabotent le-cessez-le-feu et soutiennent al-Qaïda.

 

Quelle stratégie les États-Unis vont-ils adopter maintenant ?

Moon of Alabama
18 juin 2016

Traduction : Dominique Muselet

 

 

 

Russie politics
Syrie: les Etats Unis perdent un round diplomatique
 
 
 
Comme le déclare le chef de l'état major des forces armées russes en Syrie Valéry Guerassimov, la Russie perd patience face au double jeu mené par les Etats Unis dans la région et les incessantes accusations sans fondement qui lui sont adressées. Ca ne continuera pas éternellement. Une certaine crise diplomatique, jusque là latente, s'officialise entre la Russie et les Etats Unis.
Tout a commencé par une déclaration à l'emporte pièce faite par le Secrétaire d'état américain J. Kerry
«La Russie doit comprendre que notre patience n’est pas infinie. En fait, elle est même très limitée quant au fait de savoir si Assad va ou non être mis devant ses responsabilités»

Les Etats Unis reprochent à la Russie de ne pas faire tout son possible pour contraindre le Président syrien Assad de cesser les combats, alors qu'avant leurs afforts avaient portés leurs fruits.
 

En effet, l'intensité du combat avait baissé et les groupes terroristes ont pu se reconstituer et reprendre des forces. Ce qui ne semble pas perturber particulièrement le Secrétaire d'état américain. Qui regrette particulièrement que l'armée d'Assad ne permette pas aux groupes terroristes de s'emparer d'Alep. Car rappelons que ce sont bien des groupes terroristes qui combattent à Alep.
 
Selon les dernières informations données à ce sujet par le bulletin d'information du Centre russe pour la réconciliation:
 
Les groupements terroristes de Jabhat al-Nusra ne cessent pas de tentatives pour faire échouer le cessez-le-feu dans la province d’Alep. 
Au cours des dernières 24 heures, les terroristes ont porté des coups sur les cités suivantes: dans la province de Lattaquié – Khakour-Takhtani, Racha et Nekhchebba; dans la province de Hama – Al-Hamra, dans la province d’Alep – Khandrate, les quartiers Cheikh Maqsoud, Sallakh-ed-Dine, Az-Zagra et l’aéroport Al-Naïrobe de la ville d’Alep; dans la province de Damas – les quartiers résidentiels du village Mardj-Soultan et les positions des Forces armées syriennes près du village Khaouch-Kharabou.
Au nord de la province d’Alep, près de la frontière entre la Syrie et la Turquie, les unités des Forces armées syriennes ont arrêté une offensive de grande échelle des formations armées de Jabhat al-Nusra ainsi que les tentatives des terroristes de mettre sous contrôle la cité Khalassa (au sud-ouest de la province d’Alep) et saisir les hauteurs dominantes.
Dans ce contexte, forcément, la déclaration du Secrétaire d'état passe mal. D'ailleurs, son porte-parole s'est empressé de préciser qu'il ne s'agit pas du tout d'une menace contre la Russie, mais simplement les Etats Unis sont fatigués du comportement d'Assad.
En effet, combattre le terrorisme, quelle idée...
 
Afin de mieux faire comprendre sa position stratégique, le Président russe a envoyé le ministre de la défense, S. Choïgu , à Damas rencontrer le Président syrien qui, à en croire la taille de son sourire, ne s'attendait pas à un tel soutien. Cette question là est réglée, les Etats Unis ont permis de renforcer finalement la position d'Assad.


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En ce qui concerne la réponse aux paroles de J. Kerry, la réaction russe ne s'est pas faite attendre non plus. Valery Guerassimov, le chef de l'état major des forces armées russes en Syrie, a déclaré:

En ce qui concerne la situation en Syrie, c'est nous qui perdons patience, pas les Etats Unis. Nous avons entièrement rempli nos obligations concernant la garantie du cessez-le-feu et de la réconciliation nationale. Alors que pendant ce temps, du côté américain, il y a toujours des "difficultés" avec "l'opposition" contrôlée. C'est pourquoi, lorsque nous entendons la direction du Pentagone nous accuser de manque de "professionnalisme" dans l'utilisation des canaux de communication, soit ils ne sont pas au courant des canaux existants, soit ils sont en possession d'informations erronées.
V. Guerassimov a par ailleurs ajouté que depuis trois mois la Russie envoie aux Etats Unis les coordonnées de la localisation géographique des cibles détenues par Daesh et par Al-Nusra, quand eux n'arrivent toujouus pas à se décider à indiquer où se trouve "leur" opposition et où se trouvent les groupes terroristes. En résultat de quoi, les terroristes se sont renforcés et le sang coule à nouveau. Et lorsqu'ils attaquent à l'artillerie lourde les villes et les civils, ce n'est qu'un dégât collatéral. Lorsque l'armée combat ces groupes terroristes, c'est considéré comme une violation inacceptable du cessez-le-feu. Cette situation ne peut durer longtemps.

Bref, la Russie perd (enfin) patience. C'est le premier résultat patent de la tentative du coup de force, somme toute assez primaire, faite par les Etats Unis. Voyons la suite.
Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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