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La trajectoire de "Moch en Valls" ou l'itinéraire social-démocrate de la répression anti-ouvrière
La trajectoire de "Moch en Valls" ou l'itinéraire social-démocrate de la répression anti-ouvrière

"canempechepasnicolas

rappelle, grâce à Réveil des combattants, la revue de l'ARAC,  l'itinéraire politique d'un prédécesseur de Manuel Valls, "socialiste" comme lui, et qui s'est illustré au Ministère de l'intérieur, deux ans après la Libération, dans la répression sanglante du mouvement ouvrier, de la Cgt et du Parti communiste, à travers les grèves des années 47-48

 

Quand l'hebdomadaire d'extrême-droite

Valeurs

actuelles

dresse un portrait plein de sympatie pour l'homme qui incarna au ministère de l'Intérieur de 1947 à 1950 la répression du mouvement ouvrier :

 

"Ce fut une figure de la SFIO ; il aura marqué la vie politique française pendant cinquante ans, ayant été plusieurs fois ministre sous la IIIe et la IVe République, et l’ami très proche de Léon Blum et de Vincent Auriol. Le front haut et portant la moustache, Jules Moch reste dans la mémoire politique comme celui qui tint tête à la CGT et au Parti communiste lors des grèves insurrectionnelles des années 1947-1948, celui qui refusera toute alliance avec le Parti communiste français. (...)  

Il est l’un des 80 parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Un temps arrêté, il recouvre la liberté en février 1941 grâce aux bonnes relations nouées autrefois avec l’amiral Darlan* (...) 

Puis c’est le départ pour Londres et la rencontre avec le général de Gaulle le 27 avril 1943, suivie de l’arrivée à Alger où il est désigné comme membre de l’Assemblée consultative. Les liens se distendent avec le chef de la France libre, Moch lui reprochant d’avoir laissé exécuter l’ancien ministre de l’Intérieur de Pétain, Pierre Pucheu**, soupçonné, en octobre 1941, d’être à l’origine de l’assassinat de 27 otages par les Allemands à Châteaubriant (Loire- Atlantique).(...)

 

Son passage au ministère de l’Intérieur du 22 novembre 1947 au 7 février 1950, sous les gouvernements Schuman, Marie, Queuille et Bidault. Pendant vingt-huit mois, il doit assurer le maintien de l’ordre ; d’abord face à des mouvements de grève dans les services publics. En quelques jours, ces grèves embrasent le territoire. À Paris, à la poste centrale du Louvre. À Toulon, elles touchent l’arsenal. À Marseille et Béziers, les centres des PTT. Dans le Nord et en Moselle, les mineurs placent des piquets de grève pour interdire le travail. Les forces de police répriment sévèrement les grévistes.

Début décembre 1947, l’inquiétude du ministre de l’Intérieur est à son comble quand il apprend que la gare de Valence est prise d’assaut et que deux gendarmes sont piétinés et frappés à coups de barres de fer par la foule. Moch propose à l’Assemblée nationale d’adopter des textes visant à « défendre la République ».

Parmi les mesures envisagées, la suppression du droit de grève dans la police et la dissolution de 11 des 54 compagnies républicaines de sécurité (CRS), parce que celles-ci comportent, dira le ministre, « des éléments douteux », c’est-à-dire des hommes provenant des “milices patriotiques” contrôlées par les communistes et dissoutes.

Ces projets sont discutés du 29 novembre au 4 décembre 1947. Quasiment nuit et jour. La violence verbale et physique envahit l’Hémicycle. Moch est insulté par les communistes qui l’accusent d’avoir été à l’origine du sabotage du rapide Paris-Tour coing. Le ministre tient bon. Finalement, à 4h15 du matin, les textes sont adoptés par 413 voix*** contre 183, celles du PC et des apparenté."

* Ministre de l'intérieur de Pétain, 

**Industriel qui subventionne la Cagoule, une organisation terroriste militaro-civile en 1937-1938, armée par Hitler et Mussolini

*** C'est-à-dire avec les députés de droite et d'extrême-droite

 

Tag(s) : #Histoire
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