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Les fondations Rockefeller et Ford derrière le Forum social mondial : quand le militantisme social est financé par des fondations privées,  par Michel Chossudovsky

Dès ses tout débuts en 2001, le Forum social mondial a été financé par des gouvernements et des fondations privées, dont la Ford Foundation, qui a des liens avec les services secrets étasuniens

Le Forum social mondial, dont le thème est « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible! », a vu le jour en 2001 lors de la tenue du tout premier forum à Porto Alegre, au Brésil.

Depuis sa création en 2001, le FSM est considéré comme un groupe de coordination internationale représentant des organismes populaires de la base déterminés à lutter contre la mondialisation. Son but déclaré est de remettre en cause le capitalisme d’entreprise et le modèle économique néolibéral dominant. Lors de sa réunion inaugurale, le Forum social mondial s’est défini comme une contre‑offensive au Forum économique mondial (FEM), qui réunit annuellement des dirigeants d’entreprise et des politiciens à Davos, en Suisse. Le FSM de 2001 à Porto Alegre s’est tenu en même temps que le FEM à Davos.

 Le FSM a certes de nombreuses réalisations importantes à son actif, attribuables en grande partie à la détermination des militants de terrain, sauf que la direction centrale du FSM, au lieu de s’opposer efficacement aux élites du nouvel ordre mondial, sert plutôt leurs intérêts corporatifs (souvent involontairement). C’est que le financement corporatif est devenu un moyen de coopter le FSM. Le FSM a accompli deux grandes réalisations : sa participation en février 2003 à la protestation mondiale contre la guerre menée par les USA en Irak, et son soutien aux mouvements et aux gouvernements progressistes, notamment en Amérique latine.

Par contre, lors du FSM de 2013 à Tunis, la déclaration finale était en principe favorable à « l’opposition syrienne » soutenue par les USA. De même, le Groupe islamique des combattants libyens (LIFG), qui aurait prétendument dirigé le « printemps arabe » contre le gouvernement de Mouammar Kadhafi, a été tacitement confirmé comme une force révolutionnaire. Plusieurs ateliers sur la Libye louangeaient l’intervention militaire occidentale. Un atelier intitulé « transition de la Libye vers la démocratie » portait sur la question à savoir si la Libye s’en tirait mieux sans Kadhafi.

Financer la dissidence

Dès ses tout débuts en 2001, le Forum social mondial a été financé par des gouvernements et des fondations privées, dont la Ford Foundation, qui a des liens avec les services secrets étasuniens. Le mouvement altermondialiste s’oppose à Wall Street et aux géants du pétrole du Texas contrôlés par Rockefeller et consorts. Pourtant, les fondations et les organismes de bienfaisance de Ford, Rockefeller et consorts accordent de généreuses contributions aux réseaux anticapitalistes progressistes et aux environnementalistes (opposés à Wall Street et aux géants du pétrole), dans l’espoir de finir par pouvoir les encadrer et coordonner leurs diverses activités.

 Les mécanismes de la « fabrication de la dissidence » opèrent dans un environnement manipulable, par la coercition et la cooptation subtile d’un petit nombre de personnes qui comptent au sein des « organisations progressistes » comme les coalitions contre la guerre, les groupes environnementalistes et le mouvement altermondialiste. Bien des dirigeants de ces organisations ont dans un certain sens trahi leur base populaire.

Les corporations financent la dissidence pour mieux la contrôler.

La Ford Foundation (qui a des liens avec la CIA) a fourni des fonds au FSM pendant ses trois premières années d’existence dans le cadre de son programme axé sur le « renforcement de la société civile mondiale ». Lorsque le FSM s’est tenu à Mumbai en 2004, le comité organisateur indien a décliné l’offre de soutien de la Ford Foundation. Mais cela n’a pas en soi modifié les liens du FSM avec les donateurs. Lorsque la Ford Foundation s’est retirée officiellement, d’autres fondations se sont positionnées.

Le FSM dispose de plusieurs sources de financement, dont celui d’un consortium de fondations privées sous la tutelle consultative du réseauEngaged Donors for Global Equity (EDGE). Ce réseau, auparavant connu sous le nom de The Funders Network on Trade and Globalization (FTNG), joue un rôle de premier plan dans le financement des FSM successifs. Depuis le tout premier Forum en 2001, il a le statut d’observateur au Conseil international du FSM.  

En 2013, Tom Kruse, le représentant du Rockefeller Brothers Fund, a co‑présidé le comité de programmation de EDGE. Au Rockefeller Brothers Fund, Kruse était responsable de la « gouvernance mondiale » relevant du programme « Pratique démocratique ». Les subventions accordées aux ONG par le Rockefeller Brothers Fund sont approuvées en vertu du programme « Renforcement de la démocratie à l’intérieur de la gouvernance mondiale », qui est en grande partie comparable à ce que propose le département d’État des USA.

Un représentant de la Open Society Initiative for Europe siège actuellement au conseil d’administration de EDGE. C’est pareil pour le Wallace Global Fund. La spécialité de ce dernier est de soutenir les ONG « traditionnelles » et les « médias alternatifs » comme Amnistie Internationale et Democracy Now (qui appuie la candidature d’Hillary Clinton à la présidence des USA). Plusieurs membres du c.a. de EDGE représentent cependant des fondations familiales ou non privées ayant une vocation sociale (voir ci‑dessous).

Dans un de ses documents-clés (2012) intitulé Funders Network Alliance In Support of Grassroots Organizing and Movement-Building  (le lien n’est plus disponible), EDGE reconnaît soutenir des mouvements sociaux qui remettent en cause le « fondamentalisme du marché néolibéral », dont le Forum social mondial, créé en 2001 :

« Du soulèvement zapatiste au Chiapas (1994) et la bataille de Seattle (1999) à la création du Forum social mondial à Porto Alegre (2001), les années TINA (There is no alternative) de l’ère Reagan et Thatcher ont fait place à la conviction croissante qu’un « autre monde est possible ». Les contre‑sommets, les campagnes internationales et les forums sociaux fournissent des espaces de discussion essentiels pour présenter clairement les luttes locales, partager des expériences et des analyses, développer un savoir‑faire et échafauder concrètement une solidarité internationale parmi les mouvements progressistes prônant la justice sociale, économique et écologique. »

Sauf qu’il y a une contradiction évidente : un autre monde ne peut être possible lorsque la campagne contre le néolibéralisme est financée par une alliance de donateurs privés fermement attachés au néolibéralisme et au programme militaire des USA et de l’OTAN.

Voici le communiqué de EDGE à propos du FSM de Montréal. Les donateurs financent non seulement les activités, mais influencent aussi la structure du Forum établie à Puerto Alegre en 2001 et qui consiste à proposer une mosaïque décentralisée et dispersée d’ateliers « bricolés ».

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Tag(s) : #Impérialisme

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