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Quand "Le Point", le 'news' de François Pinault, fait son choix : "Emmanuel Macron, le non-socialiste qu'il nous faut ! "
Quand "Le Point", le 'news' de François Pinault, fait son choix : "Emmanuel Macron, le non-socialiste qu'il nous faut ! "
Quand "Le Point", le 'news' de François Pinault, fait son choix : "Emmanuel Macron, le non-socialiste qu'il nous faut ! "

"canempechepasnicolas" :

Et si, dans la confusion poltique où est plongée la France, Emmanuel Macron était l'oiseau rare d'une partie de l'oligarchie ? Et que, celle-ci, faute d'autres candidats crédibles,fasse monter la mayonnaise en la faveur de l'ex-gérant de la banque Rothschild ?

D'où peut-être l'appel du chroniqueur du "Point"...

 

 

Face à une offre politique vieillissante et dépassée par les événements, le ministre de l'Économie représente une alternative crédible.

 

par PAR  

 

Transgression suprême ! Comment a-t-il pu oser ! Aller chez le vicomte, chez le réac des réacs, la vieille France rance et rassie, et dans son temple ! Les hiérarques de la gauche, en vacances à Port-Cros, dans les Cyclades ou en Toscane, s'étranglent. Les excommunications qu'ils prononcent ne sont plus respectées ! Les conciliabules des théâtres de l'Odéon ou du Rond-Point avaient pourtant décrété que Philippe de Villiers était une bête du Gévaudan, au même titre que ses amis Zemmour, Buisson et consorts. Peu importe que le premier ait vendu 300 000 exemplaires de son dernier ouvrage, le second 500 000 et que le troisième ait fait élire un président de la République, percevant avec le plus d'acuité et le plus tôt les fractures du peuple français. Pour l'élite culturelle française, ce qui rencontre le succès et, crime suprême, se passe de subventions publiques est nul et non avenu.

 

Comment Emmanuel Macron a-t-il pu, non seulement se rendre au Puy du Fou, ce Disneyland néoréac d'une France qui, à lire les Inrocks, n'a de toute façon jamais existé puisque la France a toujours été hip-hop et brassage des cultures, mais le faire cornaqué par son fondateur Philippe de Villiers, tous deux vêtus d'un coupe-vent estampillé Puy du Fou, le jeune ministre s'offrant même un tour en char romain, et finissant par affirmer avec sa tête de roi que « l'honnêteté » l'obligeait à dire qu'il n'était « pas socialiste » ? 

Emmanuel Macron est une marque nouvelle

Emmanuel Macron en a un peu plus dans le ventre que les observateurs, qui l'ont déjà tous enterré, voulaient bien le croire. N'a-t-il pas, il y a quelques mois, prononcé à Orléans un éloge de Jeanne d'Arc ? Participant à un gouvernement dont beaucoup des membres sont des apparatchiks du Parti socialiste pur sucre, l'enfant terrible de François Hollande sait qu'on ne peut pas conquérir le cœur des Français en promettant indéfiniment un « nouveau pacte social », de la « diversité » ou des usines à gaz comme le compte pénibilité.

Alors que le terrorisme frappe et que le salafisme teste les limites de la République, l'opinion est plus que jamais à l'écoute de tout ce qui ressemblera à des moyens de préserver la France dans ses éléments constitutifs, ce qui fait sa singularité, sa beauté, sa douceur et sa grandeur. Puisque le président actuel semble décidé à occuper une position de spectateur et non d'acteur, contemplant le désastre avec clairvoyance sans jamais inclure son laisser-faire parmi les causes de ce qui advient, alors que l'on croyait l'avoir élu pour qu'il essaie d'avoir prise sur les événements, ce qui est en principe la raison d'être du pouvoir politique, et puisque la droite s'enferme dans des propositions purement démagogiques et contraires à la Constitution, refusant d'admettre qu'elle a gravement failli elle aussi lors de ses différentes mandatures, et puisque, enfin, le Front national s'enténèbre dans une rhétorique d'extrême gauche, il y a une place à prendre.

Les Français n'en peuvent plus de voir toujours les mêmes têtes : Emmanuel Macron est une marque nouvelle, un sourire qui peut, selon son destinataire, être celui du fils, du gendre ou de l'amant. Il faut avoir à l'esprit que la transgression est une arme sainte dans la bataille électorale : Nicolas Sarkozy en avait usé jusqu'à la corde, déclenchant les cris d'orfraie du centre de Paris et l'approbation du pays. Idem pour François Hollande qui, sentant une partie de son audience glisser vers Jean-Luc Mélenchon, a dégainé la déraisonnable taxe à 75 % pour les revenus au-dessus du million d'euros, qui fit hurler le même centre de Paris, mais ravit un peuple avide de justice sociale.

Et maintenant, un programme !

Emmanuel Macron a le gros défaut d'être comptable du bilan du quinquennat qui s'achève. Que n'a-t-il démissionné s'il n'était pas d'accord ? Que ne s'est-il opposé aux augmentations massives d'impôts ? Il a un deuxième défaut, celui d'être un pur produit de la nomenklatura qui nous dirige, cet entre-soi qui déjeune chez Laurent pour un RSA par tête. Ses parrains s'appellent Attali et Jouyet. Mais le fait qu'il n'hésite pas à s'éloigner de la vision tout économique du premier et du politiquement correct du second montre qu'il peut s'émanciper de tout cela.

S'il ne tarde pas trop à descendre dans l'arène, s'il intègre à la fois l'angoisse identitaire, la peur du déclassement et le souhait de justice des Français, s'il présente un programme clair, sans langue de bois, pour élaguer l'État, supprimer les fromages républicains, s'attaquer aux mécanismes qui produisent les ultra-riches, simplifier drastiquement les relations entre les administrations et les citoyens, lutter efficacement contre l'islam radical et le communautarisme en général, faire une vraie égalité des chances, et redonner à la France une voix qui porte en Europe, et s'il parvient à ordonner tout ça autour d'une seule idée, d'un seul slogan de campagne, d'un seul projet pour notre pays, Emmanuel Macron peut, alors qu'aucun des candidats putatifs à la présidentielle de 2017 ne suscite plus qu'un autre le désir, jouer sa partition.

Nous ne pouvons pas nous permettre de nous encroûter dans une éternelle répétition du même, avec notre classe politique qui ressemble à un Sénat géant de sexagénaires accrochés à leur place et complètement à court d'idées. C'est d'autant plus vrai que le monde qui s'ouvre n'est pas porteur de beaucoup de modernité : avec Poutine en Russie, Erdogan qui démolit la démocratie et l'État de droit en Turquie, et Trump qui peut toujours l'emporter aux États-Unis, les lendemains ne chanteront pas. Rien ne nous empêche, en France, de choisir la jeunesse.

Tag(s) : #Politique française
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