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BRÉSIL : Le discours HISTORIQUE de Dilma ROUSSEF, au Sénat, le lundi 29 août 2016

 

 

 

Le discours retranscrit et traduit par Autres Brésils.

Dilma Rousseff :

Le 1er janvier 2015, j’ai entamé mon deuxième mandat en tant que Présidente de la République fédérative du Brésil. 

J’ai été élue avec 54 millions de voix.

Lors de mon discours d’investiture, j’ai pris l’engagement de préserver et de défendre la Constitution, ainsi que celui de respecter les lois, et de tout faire pour le bien du peuple brésilien, de subvenir aux besoins de l’Union et de soutenir l’intégrité et l’indépendance du Brésil.

Durant l’exercice de la Présidence de la République, j’ai respecté fidèlement l’engagement que j’avais pris devant la Nation et devant ceux qui m’avaient élue. Et j’en suis fière. J’ai toujours cru en la démocratie et en l’état de droit, et j’ai toujours vu la Constitution de 1988 comme l’une des grandes conquêtes de notre peuple.

Pendant ce périple pour m’opposer à ma destitution, je me suis rapprochée du peuple, j’ai eu l’occasion d’entendre sa reconnaissance, de voir son attachement. J’ai aussi été confrontée à de dures critiques adressées à l’encontre de mon gouvernement, des erreurs qui ont été commises et des politiques qui n’ont pas été appliquées. J’accepte ces critiques avec humilité.

Précisément parce que, comme tout le monde, j’ai des défauts et je fais des erreurs.

La trahison et la lâcheté n’en font pas partie. Je respecte les engagements que je prends, et je ne trahis ni les principes que je défends ni ceux qui luttent à mes côtés. Dans la lutte contre la dictature, j’ai reçu dans mon corps les marques de la torture. J’ai supporté pendant des années la souffrance de la prison. J’ai vu des camarades violenté(e)s et même assassiné(e)s.

À cette époque-là, j’étais très jeune. J’attendais beaucoup de la vie. J’avais peur de la mort, des séquelles de la torture sur mon corps et dans mon âme. Mais je n’ai pas cédé. J’ai résisté. J’ai résisté à la tempête de terreur qui commençait à me submerger, dans l’obscurité des années amères que traversait le pays. Je n’ai pas retourné ma veste. Malgré le poids de l’injustice qui pesait sur mes épaules, j’ai continué la lutte pour la démocratie.

J’ai consacré toutes ces années de ma vie à lutter pour une société sans haine ni intolérance. J’ai lutté pour une société libérée des préjugés et des discriminations. J’ai lutté pour une société sans misère ni exclus. J’ai lutté pour un Brésil souverain, plus égalitaire et où régnerait la justice.

J’en suis fière. Lutte celui ou celle qui croit.

Ce n’est pas maintenant, à presque soixante-dix ans, déjà mère et grand-mère, que je vais renoncer aux principes qui m’ont toujours guidée.

Dans l’exercice de la Présidence de la République, j’ai honoré l’engagement passé avec mon pays, avec la démocratie, avec l’état de Droit. J’ai été intransigeante avec la défense de l’honnêteté dans la gestion de la chose publique.

C’est pour cela, face à ces accusations dirigées contre moi dans ce procès, que je ne peux m’empêcher de sentir, dans la bouche, à nouveau, le goût amer de l’injustice et de l’arbitraire.

Voilà pourquoi, comme avant, je résiste.

N’espérez pas de moi le silence obséquieux des lâches. Dans le passé, avec les armes, aujourd’hui, avec la rhétorique juridique, certains prétendent à nouveau porter atteinte à la démocratie et à l’état de Droit...

 

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http://www.communcommune.com/2016/09/bresil-le-discours-historique-de-dilma-rousseff-au-senat-le-lundi-29-aout-2016.html

LA BOLIVIE RAPPELLE SON AMBASSADEUR AU BRÉSIL APRÈS LA DESTITUTION DE LA PRÉSIDENTE DILMA ROUSSEFF

 

Tag(s) : #Amérique latine Brésil
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