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Deux mois avant les élections américaines Les questions politiques auxquelles est confrontée la classe ouvrière

 
Par Joseph Kishore 
10 septembre 2016

 

Il reste maintenant deux mois jusqu’aux élections présidentielles américaines, mais il n’est pas besoin d’attendre jusqu’au 8 novembre pour prévoir à quoi le peuple américain, et la population du monde, seront confrontés, peu importe qui gagne. Que ce soit la démocrate Hillary Clinton ou le républicain Donald Trump qui occupe la Maison Blanche, le prochain gouvernement sera un gouvernement de guerre, d’austérité économique et de répression violente des droits démocratiques.

Les deux candidats proposés par les principaux partis capitalistes, chacun à leur manière, expriment la profonde crise du capitalisme américain.

Avec la campagne « Forteresse Amérique » de Trump, une section de la classe dirigeante cherche à jeter les bases d’un mouvement autoritaire fascisant s’appuyant sur le nationalisme extrême et le militarisme. Au cours des derniers jours, Trump a appelé à une augmentation massive de 90 milliards de dollars des dépenses de l’armée américaine. Au Forum de mercredi devant des anciens combattants, sur le thème du rôle de « Commandant en chef » du président, il a dit que les États-Unis devraient « prendre le pétrole » du Moyen-Orient, une articulation, dans le langage particulièrement grossier du candidat, de la motivation essentielle de la politique américaine dans la région. Il a également demandé la reprise de l’utilisation officielle de la torture et d’autres politiques criminelles.

Trump appelle à l’élimination de toutes les règles visant les entreprises et à une réduction des impôts pour les riches. Cela est combiné avec un nationalisme démagogique : diffamant les immigrés, exigeant l’érection d’une « grande muraille » à la frontière américano-mexicaine et la création de ce qui équivaut à des camps de concentration pour détenir et expulser les sans-papiers.

L’adversaire de Trump, Clinton, est la candidate du consensus des sections les plus puissantes de l’élite patronale et financière et de l’appareil militaire et des renseignements. Au cours du dernier mois, elle a passé presque tout son temps à récolter l’argent des ultra-riches qui sont sa vraie base sociale, engrangeant 143 millions de dollars en août, un record pour la campagne jusqu’à présent. Elle a centré sa campagne sur l’attraction de républicains éminents, y compris les criminels de guerre du gouvernement Bush, et de généraux haut-gradés de l’armée.

Dans la foulée du forum de mercredi, Clinton a intensifié ses dénonciations de Trump comme un instrument du président russe Vladimir Poutine. « Qu’est-ce que dirait Ronald Reagan sur un candidat républicain qui attaque les généraux américains et accable de louanges le président de la Russie ? » a-t-elle demandé jeudi. Trump, serait, selon elle, « antipatriotique », « effrayant » et un danger pour « la sécurité nationale », c’est-à-dire pour les intérêts géostratégiques de l’impérialisme américain.

Clinton a fait des rodomontades anti-russes le thème central de sa campagne. Dans son discours devant l’American Legion la semaine dernière, elle a menacé de répondre aux cyberattaques et au piratage attribuées sans preuves à la Russie, par une riposte militaire. Un de ses premiers actes en tant que présidente, a-t-elle dit, sera d’ordonner un Passage en revue de la stratégie nucléaire afin de « faire en sorte que l’arsenal de l’Amérique soit prêt à répondre aux menaces futures ».

Malgré tous les dénigrements, les différences entre Clinton et Trump se focalisent sur la meilleure façon de faire avancer les intérêts nationaux et mondiaux de l’élite patronale et financière qui contrôle les États-Unis. Les candidats démocrate et républicain diffèrent sur les moyens, pas sur les objectifs. Bien qu’ils se dénoncent mutuellement, ils partagent un ennemi commun : la classe ouvrière américaine et internationale. Peu importe qui gagne, le nouveau gouvernement va combiner les pires caractéristiques des deux candidats.

En dernière analyse, le moteur primordial des campagnes de Trump et de Clinton est la crise du capitalisme américain et mondial, supervisée par une aristocratie financière parasite et des grandes entreprises consacrées à une politique de guerre et de contre-révolution sociale.

Ici, il est intéressant d’indiquer deux anniversaires importants. Ce dimanche marque les 15 ans depuis les attentats du 11 septembre, 2001. Ces attaques, qui n’ont jamais fait l’objet d’une enquête indépendante sérieuse, ont été utilisées pour justifier une campagne de guerre et de violence en Asie centrale et au Moyen-Orient et une vaste expansion des pouvoirs d’État-policier à l’intérieur.

Dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », la classe dirigeante américaine, sous Bush et Obama, a intensifié une politique de guerre sans fin qui avait commencé 10 ans plus tôt avec la dissolution de l’Union soviétique en 1991. Les tentatives de la classe dirigeante pour inverser le déclin du capitalisme américain par la force ont échoué, cependant, et les guerres régionales et les conflits par procuration sont en train de se développer en un affrontement direct entre les États-Unis et leurs concurrents les plus importants, y compris la Russie et la Chine.

Jeudi prochain marque le huitième anniversaire de l’effondrement de la banque d’investissement Lehman Brothers, un point culminant du krach de 2008 qui a failli faire s’effondrer l’ensemble du système financier. Au cours de ces huit dernières années, les banques centrales du monde entier, avec à leur tête la Réserve fédérale américaine, ont canalisé des milliards de dollars vers les marchés, alimentant des bulles spéculatives et portant la richesse de l’aristocratie financière à de nouveaux sommets. À l’intervalle, l’économie mondiale stagne, les inégalités sociales atteignent des niveaux records et il y a des signes croissants d’une résurgence de la lutte de classes internationale.

Des masses de personnes aux États-Unis et dans le monde se radicalisent à gauche. Les millions de personnes qui ont voté pour le sénateur du Vermont Bernie Sanders lors des primaires du Parti démocrate parce qu’elles pensaient qu’il était socialiste n’ont pas changé leur point de vue. Malgré l’effondrement pathétique de sa « révolution politique » et son soutien à Clinton, le processus de radicalisation politique de masse continue.

Les élections de 2016 offrent une leçon de choses de la faillite de la politique du « moindre-mal », de la démarche de vouloir trouver une solution dans le cadre du système politique et économique existant.

La tâche fondamentale et pressante est de préparer les luttes qui vont émerger à la suite des élections. Le SEP (Parti de l’égalité socialiste) a lancé la campagne électorale de Jerry White et Niles Niemuth non pour obtenir des voix, mais pour poser les bases d’un mouvement socialiste de masse de la classe ouvrière. Le SEP se bat pour organiser politiquement la majorité de la population, les 90 pour cent d’en bas, qui sont effectivement exclus de la vie politique.

Tag(s) : #Etats-Unis
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