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Les USA, le clown et la furie,   par Bruno Guigue
Les USA, le clown et la furie,   par Bruno GuigueLes USA, le clown et la furie,   par Bruno Guigue

La politique américaine a beau se caricaturer elle-même, elle continue de fonctionner à merveille, comme si de rien n’était. La campagne électorale égrène les poncifs, elle multiplie les coups en dessous de la ceinture, la bêtise et l’injure tiennent lieu d’arguments, mais rien n’arrête cette machine à décerveler le bon peuple. Résignés, les citoyens ingurgitent cette potion débilitante à haute dose, ils la digèrent jour après jour. Et le 8 novembre, une majorité finira bien par se rendre aux urnes, suffisante en tout cas pour accréditer le mythe de la démocratie au royaume des multinationales.

Le milliardaire échevelé contre la coqueluche de Wall Street, le clown xénophobe contre l’égérie des néo-cons, le pourfendeur de Latinos contre l’exécutrice hilare de chefs d’Etat : l’alternative est désespérante. Il est frappant, pourtant, que les médias dominants diabolisent exclusivement Donald Trump. En France, on peut lire un panégyrique à la gloire d’Hillary Clinton dans « L’Obs« , mais on trouvera difficilement l’équivalent en faveur de son adversaire. Pour le système, la messe est dite. Trump, c’est le vilain, le macho, le raciste. Hillary, c’est la femme à poigne, passionnée, un tantinet belliqueuse certes, mais tellement attentionnée à l’égard des minorités, et puis « elle est démocrate quand même« .

Pourquoi les médias du système détestent-ils Trump ? Ce n’est pas parce qu’il dit que les immigrés sont des voleurs ou qu’il veut interdire aux musulmans l’entrée sur le territoire des USA. Cette démagogie de bas étage, les médias n’y trouveraient rien à redire. En France, par exemple, le vomi d’un Zemmour ne l’empêche pas d’avoir table ouverte sur toutes les chaînes. De même, sa prose haineuse d’impuissant dégénéré ne prive pas Houellebecq de prix littéraire. La vraie raison de l’hostilité du système médiatique à l’égard de Trump, par conséquent, est ailleurs. Et il suffit de regarder son programme, au-delà des outrances, pour voir que le milliardaire donne quelques coups de pied dans la fourmilière.

Le premier coup de pied, il l’envoie au dogme néo-conservateur. Pour le candidat républicain, la politique étrangère de Barack Obama est un fiasco dont il faut tirer les leçons. Or cette condamnation emporte aussi bien les interventions militaires directes (Irak, Afghanistan, Libye) que les tentatives de déstabilisation indirecte (Syrie). Aucun candidat investi par l’un des deux grands partis pour une élection présidentielle n’a jamais été aussi incisif sur le sujet. On pensera de lui ce qu’on veut, mais Trump est contre l’intervention militaire des USA à l’étranger lorsque leurs intérêts vitaux ne sont pas en jeu. Il le dit clairement : la guerre par procuration en Syrie, comme l’intervention en Libye, ont semé un chaos dont Barack Obama et Hillary Clinton sont responsables. Difficile de lui donner tort.

Evidemment, il dénonce avec la même vigueur le cynisme de la politique consistant à utiliser les djihadistes au Moyen-Orient. Se servir des terroristes qui ont frappé les USA le 11 septembre 2001 (avec, il est vrai, la participation active de la CIA) pour affaiblir ses ennemis est une aberration contre laquelle Trump ne cesse de fulminer. Et il est consternant de voir que cet argument de bon sens, en France, n’effleure même pas la droite (responsable du désastre libyen), ni le PS (responsable du désastre syrien), ni une extrême-gauche qui doit sans doute lire Marx en tenant le livre à l’envers. Le réactionnaire Trump (il l’est en effet) refuse que son pays collabore avec Al-Qaida. Le NPA, lui, demande des armes contre Assad et manifeste devant l’ambassade de Russie.

Le second coup de pied dans la fourmilière, nos médias serviles en parlent peu. On comprend pourquoi ! De même qu’il récuse le néo-conservatisme en casque lourd et le cynisme au petit pied des apprenti-sorciers du djihad, Trump récuse le libre-échangisme. Il critique l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et dénonce une globalisation qui est ...

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Tag(s) : #Etats-Unis
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