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TTIP : le coup politique de François Hollande
TTIP : le coup politique de François Hollande

Contrepoints

 

Par Hervé Guyader.

 

Aucune raison technique ou juridique ne commande qu’un État partie à la négociation du traité de libre-échange (TTIP) ne déclare soudainement vouloir y mettre fin. La déclaration de François Hollande s’explique par de la politique politicienne;

 

Le TTIP est revenu au cœur de l’actualité avec l’annonce, venue du plus haut de l’exécutif, que la France souhaitait l’arrêt des négociations. Prise dans des termes différents, la même décision est également survenue outre-Rhin. Aucune urgence ne commandait pourtant de telles décisions.

Le calendrier du TTIP, comme de toute autre négociation internationale d’envergure, ne s’inscrit dans aucune temporalité contrainte. Il n’y a pas de dead line, de terme impératif. Les négociations se déroulent jusqu’à ce que les parties estiment que suffisamment de points de convergences sont atteints. Le traité peut ainsi être a maxima comme a minima. Aucune raison technique ou juridique ne commande donc qu’un État partie à la négociation ne déclare soudainement vouloir y mettre fin.

Les raisons sont autres. Elles tiennent à la communication et, surtout, à la politique. En matière de communication, il est possible d’y voir une sorte de démonstration de force destinée à montrer aux Américains que la France compte et qu’elle ne lâchera pas. Pour ce faire, il faut cependant que ce coup de com’ relaye une activité diplomatique intense autant que constructive, ce qui n’est pas le cas.

Le coup politique de Hollande

Il s’agit donc surtout d’un coup politique. François Hollande tente ainsi de flatter son électorat et d’utiliser un marqueur de gauche : le rejet des États-Unis et la répugnance par rapport à un traité libéral, voire par rapport au business. Il est bien certain que d’autres sujets lui seront plus profitables auprès de son électorat potentiel que de s’intéresser à la facilitation des échanges transatlantiques.

La réaction française fait également écho aux pressions exercées par les négociateurs américains. Les Américains savent que le TTIP doit être signé avant la fin décembre, et le terme du mandat du Président Obama, s’il veut avoir une chance de voir le jour. Hillary Clinton s’est encore récemment montrée réservée à l’égard du TTIP et Donald Trump le fustige continuellement. Or si le traité était signé, le ou la future présidente verrait sa marge de manœuvre réduite. Il faut donc aller vite. Pour autant, à moins de voir un TTIP réduit à une expression moribonde, il est impossible de le voir aboutir en moins de quatre mois.

 

 

Tag(s) : #Impérialisme

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