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COMITE VALMY

Note du Comité Valmy

Nous relayons cette analyse de Figarovox qui a notamment le mérite d’énoncer quelques vérités à propos de François Hollande. Cependant, la question qui est posée sous forme de titre à propos de la survie de la gauche nous paraît assez surréaliste.

 

La « gauche » est depuis bien des années selon-nous, dans une sorte de coma profond, pour des raisons diverses, parmi celles-ci, la dégénérescence de la Direction du PCF et sa politique de renoncement national ont une importance cruciale.

 

Mais l’essentiel de cette léthargie de la « gauche » relève d’abord, de la responsabilité de la social-démocratie atlantiste, sioniste et belliciste et de son adhésion au néolibéralisme promu par les dirigeants étatsuniens et occidentalistes.

 

L’analyse de Monsieur Laurent Bouvet ne va pas au fond des choses lorsqu’il évoque la « refondation à gauche » qu’il semble souhaiter. Il dénonce pourtant : « La « synthèse hollandaise » a conduit le PS à ignorer l’avertissement grandeur nature du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen. » Mais cela semble rester une parenthèse qui ne serait peut-être plus d’actualité. Cette interrogation éventuellement peut rester ouverte.

 

Pour le Comité Valmy, la question sociale et la question nationale étant liées il est aujourd’hui nécessaire de regrouper les forces républicaines et patriotes autour d’un objectif prioritaire de rétablissement de la souveraineté du peuple et de la nation, du peuple-nation. Cela pourrait se faire logiquement sur la réactualisation du programme progressiste et de compromis historique, du programme du Conseil National de la Résistance. Si une recomposition de la gauche doit avoir lieu un jour, il est exclu définitivement qu’elle puisse se dérouler sur l’hystérie antinationale intrinsèque des dirigeants du Parti Socialiste trotskisants ou de ceux du PCF qui n’ont plus de racines.

CB.

 

La gauche survivra-t-elle à François Hollande ?

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Avec 4% d’opinions favorables, François Hollande chute lourdement dans les sondages. Pour Laurent Bouvet, le président de la République a précipité dans l’abîme toute la gauche française de gouvernement.

Laurent BOUVET. - Le fait que François Hollande, président de la République, soit quasiment redescendu au score dans l’opinion qui était le sien avant qu’il devienne le favori pour la présidentielle en 2011 - c’est-à-dire avant la sortie de la course de Dominique Strauss-Kahn en mai à New York - est un symbole très fort de ce qu’il a fait de la responsabilité que lui ont confié les Français. Le sentiment de gâchis, à gauche, et sans doute au-delà, est terrible. Et évidemment, il a précipité avec lui dans l’abîme, même s’il n’en est assurément pas le seul responsable, toute la gauche de gouvernement française. Il a sans doute aussi achevé le PS tel qu’il était jusqu’ici et dont il a été le premier secrétaire pendant 11 ans.

 

Le sentiment de gâchis, à gauche,
et sans doute au-delà, est terrible.

Le seul élément positif que l’on puisse dégager de ce fiasco présidentiel sans précédent, c’est que la défaite ne sera pas, comme en 1993 ou en 2002, passée par pertes et profits par ceux qui y ont conduit. Qu’il y aura sans doute, enfin, une refondation en profondeur de la gauche française qui permette de changer de casting en même temps que de clarifier les enjeux et les clivages idéologiques (sur l’Europe, sur l’économie, sur l’identité…). Et, accessoirement, qui mette fin à cette connivence généralisée entre politiques et journalistes, qui en finisse en particulier avec cette génération fascinée par les médias dont Nicolas Sarkozy comme François Hollande ont été les représentants au premier rang.

 

Bref, que cette refondation à gauche soit aussi, enfin, une nouvelle manière de lire, de comprendre et de dialoguer avec le pays.

Le livre choc Un président ne devrait pas dire ça révèle une profonde incohérence entre ce que François Hollande dit aux journalistes et ce qu’il dit aux Français, notamment à propos de l’immigration, de l’islam et de la laïcité. Cet écart de langage, voire ce déni, ne touche-t-il pas la gauche en général, victime d’un certain nombre de tabous ?

 

Apparaît dans ce livre le caractère totalement cynique du président de la République. Comme s’il n’avait absolument aucune conviction, aucune idée.

Ce qui apparaît sur ces sujets comme sur bien d’autres à travers ce livre, c’est le caractère totalement cynique du président de la République. Comme s’il n’avait absolument aucune conviction, aucune idée, sur rien, et que tout en politique n’était qu’affaire de tactique pour conquérir ou se maintenir au pouvoir. On voit d’ailleurs, au passage, où cela le mène en termes simplement d’efficacité. Il a certes conquis le pouvoir mais pour en faire quoi ? Cela confirme, si besoin en était, que la tactique pour la tactique conduit toujours à une impasse en politique.

 

Il n’y a pas plus de consensus au sein de la gauche sur les questions économiques que sur les questions liées à la laïcité et à la place de l’islam.

Sur les sujets que vous évoquez, on a pu penser, pendant longtemps, que François Hollande ne s’y intéressait pas ou qu’il était très prudent compte tenu des clivages très aigus que cela suscite à gauche. Les deux hypothèses étaient plausibles. Que ce soit par économisme et indifférence ou inconscience au regard de tels enjeux ou par ce qu’il fallait ménager, pour rassembler la gauche, des positions très différentes. Il n’y a pas plus en effet de consensus au sein de la gauche, des élus sur le terrain, de l’électorat plus encore, sur les questions économiques que sur les questions liées à la laïcité et à la place de l’islam aujourd’hui dans la société française. Le discours tenu par les responsables nationaux des partis de gauche qui visait essentiellement à nier les problèmes pendant longtemps - et qui a permis au FN de progresser - a implosé durant ce quinquennat. On peut ainsi espérer que les clivages qui apparaissent désormais nettement au sein de la gauche entre républicains et communautaristes ou multiculturalistes normatifs, entre défenseurs de la laïcité et partisans de toutes sortes d’accommodements avec l’islam, entre tenants d’un commun et promoteurs du différentialisme seront les clivages structurants de la refondation attendue, à hauteur au moins de ceux renvoyant aux questions économiques et sociales.

 

C’est aussi l’art vanté à une époque de la « synthèse hollandaise » qui implose. Le Parti socialiste peut-il se remettre de ce quinquennat ?

 

La « synthèse hollandaise » était un art de mettre sous le tapis les questions gênantes et les clivages réels à gauche.

La « synthèse hollandaise » était, bien avant le quinquennat, essentiellement un art de mettre sous le tapis les questions gênantes et les clivages réels à gauche afin de gagner une fois de plus des élections. Cela a créé une illusion que la victoire aux élections locales pendant les années 2000 puis nationales en 2012 de la gauche reposait sur un projet, un corpus idéologique construit et capable d’inspirer l’action publique. Il n’en a rien été comme chacun peut le constater désormais. On notera d’ailleurs que beaucoup de déçus aujourd’hui du hollandisme, y compris chez les « frondeurs », les écologistes, à la gauche de la gauche… y ont cru ou ont fait semblant d’y croire, espérant avec la conquête du pouvoir faire avancer leur propre agenda. C’est donc aussi leur échec.

 

La « synthèse hollandaise » a conduit le PS à ignorer l’avertissement grandeur nature du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen.

Ainsi, la « synthèse hollandaise » a-t-elle conduit le PS à ignorer l’avertissement grandeur nature du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen en prétendant réunir les partisans du « oui » et ceux du « non », et leur faire accepter celui de Lisbonne reprenant l’essentiel du TCE. Et chacun a participé à cette tartufferie en espérant que ce ne serait bientôt qu’un mauvais souvenir. On sait maintenant ce qu’il en a été. Le refus, d’entrée de jeu, en juin 2012, du président Hollande fraîchement élu de renégocier avec Angela Merkel, comme il s’y était d’ailleurs engagé pendant sa campagne le « traité budgétaire » signé par son prédécesseur, a plombé le quinquennat. Plus rien n’était possible dès l’été 2012. L’art hollandais de la synthèse n’était en fait, une fois le voile levé sur sa réalité, qu’un acte de soumission à une logique pourtant refusée explicitement par les Français en 2005 par référendum puis en 2012 par le vote pour le candidat de gauche contre Nicolas Sarkozy.

 

Hollande, un joueur de bonneteau 
qui a d’abord étourdi ses camarades
et s’est perdu dans ses tours de passe-passe.

François Hollande est comme un joueur de bonneteau qui a étourdi pendant des années tous ses camarades et adversaires au sein du PS mais qui une fois élu président s’est lui-même perdu dans ses tours de passe-passe. Le problème, c’est que l’enjeu n’était plus simplement le pouvoir au sein du PS mais le sort du pays. Et cela, c’est tout simplement impardonnable pour nos concitoyens.

 

Montebourg, Royal, Valls, Taubira, etc., une figure de la gauche pourrait-elle limiter au maximum un échec aux élections de 2017, notamment aux législatives, pour essayer ensuite de reconstruire une gauche de gouvernement ?

 

La primaire permettra malgré tout de donner une indication sur la refondation à venir, en indiquant quel est le rapport de force autour du PS.

Je ne suis pas certain qu’une des figures de la gauche qui a participé au gouvernement soit en mesure de prétendre à un tel rôle. Alors, oui, bien sûr, en cas de non-candidature de François Hollande, il faudra bien que quelqu’un représente cette gauche de gouvernement. Je pense qu’il faudra que ce représentant soit issu du PS et passe par la primaire organisée par ce parti - ce qui me paraît exclure d’emblée l’hypothèse Taubira - mais ce ne sera pas une garantie de succès ! D’autant que la candidature d’Emmanuel Macron, lui aussi issu de cette gauche de gouvernement, créera un obstacle supplémentaire pour le PS.

 

En tout cas, la primaire dans un tel cas permettra malgré tout de donner une indication sur la refondation à venir, en indiquant quel est le rapport de force autour du PS. Si, par exemple, Arnaud Montebourg et Manuel Valls étaient face à face à cette occasion, on aurait déjà une telle indication à l’issue de leur duel à la primaire.

 

Dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon progresse et atteint des scores assez haut, autour de 15% au premier tour. Peut-il fédérer les déçus du hollandisme ?

 

La gauche de la gauche n’est pas en meilleur état
que la gauche de gouvernement, 
malgré la bonne tenue de Jean-Luc Mélenchon.

Oui, une partie sans doute. Ce qui pourrait le placer plus haut qu’en 2012 sans toutefois espérer jouer les premiers rôles. La gauche de la gauche n’est pas en meilleur état que la gauche de gouvernement, malgré la bonne tenue de Jean-Luc Mélenchon qui a compris qu’il fallait sortir de la logique délétère des primaires à gauche. On remarquera d’ailleurs que les deux seules personnalités qui bénéficient d’une dynamique favorable sont Mélenchon et Macron, tous deux hors primaires.

 

Le souci pour Mélenchon, ce n’est ni son équation personnelle ni sa stratégie, excellente, de se présenter directement devant les Français, c’est toute la nébuleuse « gauche de la gauche » autour de lui. C’était son souci au Front de gauche, entre Parti communiste et groupuscules divers. Ce sera à nouveau son souci demain, dans cette présidentielle. On sait par exemple que si lui-même adopte un discours authentiquement républicain et laïque, nombre de ses alliés passés et futurs dans ce secteur de la gauche sont bien davantage enclins à un multiculturalisme accommodant voire à des complaisances assez détestables avec l’islam politique notamment. Ce sera pour Mélenchon un handicap considérable aux yeux de l’immense majorité de nos compatriotes.

 

Publié le 27/10/2016

Laurent Bouvet est professeur de Science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a publié L’Insécurité culturelle chez Fayard en 2015.

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Au fond du trou, maintenant il creuse...

Tag(s) : #Politique française

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