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Et si Mélenchon avait une chance de gagner ?   par Gilles Questiaux

Note technique de Canempechepasnicolas

par Jean Lévy

Pour figurer au second tour, il est nécessaire d'arriver premier ou second au premier. Tous les sondages annoncent  Marine Le Pen première. Reste la question : qui sera le deuxième ?

Avec les nombreux candidats potentiels annoncés au premier tour, plusieurs d'entre eux vont se retrouver  avec un score tenant dans un mouchoir de poche. Juppé - peut-être face à Sarkozy - Montebourg, au nom du PS (ou en outsider), Macron, sans oublier Hollande (qui sait ?) ou Valls,  Asselineau de l'UPR, deux candidats trotskystes, sans doute un Vert et, bien sûr, Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci peut donc se placer dans le peloton de tête, et avec 0,2% de plus que le troisième, se retrouver au second tour, face à Marine Le Pen...

C'est ainsi qu'en 2002, Le Pen père s'est qualifié pour le second tour, avec moins de 18% des suffrages, tout juste devant Jospin.

Des camarades parient sur cette possibilité et ne veulent pas louper l'occasion, si minime soit-elle...de la belle affiche Mélenchon contre Marine Le Pen !

Cela dit, la révolution ne naît jamais au fond des urnes.

Même Jean-Luc Président, rien ne serait gagné sans lutte, sans le peuple dans la rue. Côté illusions, on a déjà donné. 1981 n'est pas si loin. 

Le 4 novembre 2016

 

Réveil Communiste

 

Dans les discussions en ce moment on note que des communistes membres du PCF ou non sont très remontés contre Mélenchon et sa candidature. Cela n’a pas beaucoup d’importance parce qu’à notre grande honte le courant communiste français est d’une insigne faiblesse. Et d’ailleurs les uns finiront toujours par faire ce que la direction leur demande, c'est-à-dire par voter pour le PS, et les autres continueront à « reconstruire le parti » si c’est bien cela qu’ils font.

Je crois que ces réactions tablent sur l’ignorance délibérée ou non du fait que Mélenchon a une certaine chance de qualifier pour le deuxième tour, et donc s'il est opposé à Marine Le Pen de gagner l’élection présidentielle. Gagner, effectivement ce n’est plus trop dans nos habitudes, depuis la mort de Joseph Staline. Ce qui ne résoudrait évidemment pas tous les problèmes, mais apporterait certainement du nouveau.

A la base Mélenchon n’est pas à distinguer des cas politiques de Corbyn, Sanders, Iglesias, Tsipras avant sa trahison. Un politicien social-démocrate parait radical et dans une certaine mesure l’est effectivement dans un monde capitaliste qui rejette avec mépris les propositions sociale-démocrates, dans un ordre politique dirigé par une oligarchie intégrée qui se croit triomphante et qui ne veut plus rien lâcher, qui au contraire veut mettre le monde à sac. Mais l’obstination, la rigidité, la démesure et la bêtise du camp capitaliste et impérialiste, et des intellectuels qui orientent sa stratégie sont telles qu’ils sont bien capables de provoquer une révolution par leurs réactions hystériques et maladroites à la victoire électorale d’un de ces politiciens.

Notre base arrière réside dans les contradictions de nos adversaires.

Fondamentalement ces camarades qui répugnent à voter Mélenchon se trompent, non en ce qu’ils auraient tort de se méfier de lui, mais en ce qu’ils refusent de prendre le moindre risque politique. Il se trouve que Mélenchon peut devenir un Tsipras-bis. Mais il ne le deviendra pas forcément non plus. Il peut aussi devenir un Chavez.

Ces camarades, quand ils sont au PCF, veulent soutenir une candidature communiste. La candidature estampillée communiste, sachant qu’elle ne peut pas venir des rangs clairsemés des militants qui relèvent de l’opposition interne marxiste vaudra-telle mieux que celle de Mélenchon ? Chassaigne voudra-t-il sortir de l’OTAN ? Laurent voudra-t-il suspendre les traités européens ? Pas sûr pas sûr ! Mais au moins, elle offre la garantie de ne pas figurer au deuxième tour !

Quand ils en sont sortis, ils veulent reconstruire le parti. Qu’attendent-ils alors pour le faire ? Et en quoi la candidature Mélenchon les en empêcherait-elle ?

Ce ne sont que faux-fuyants qui servent à justifier l'absence d'action. Mélenchon offre dans le champ électoral une occasion qui est qualitativement meilleure que tout ce qui s'est présenté depuis longtemps, et si le peuple s’en saisit, l’apprenti sorcier devra s’accrocher ferme pour ne pas être dépassé par la situation qu’il aura lui-même contribué à créer. Dans de telles circonstances l’attitude de splendide isolement (celle du KKE grec) est certainement la plus mauvaise de toutes qu’un communiste pourrait choisir. Je veux dire un communiste réellement agissant, et non un identitaire qui ne fait que jouer avec les mots en petit comité.

Si les communistes "purs et durs" qui rechignent à voter pour un "trotskyste", et un "mitterandien" avaient le moindre succès à leur actif depuis trente ans on pourrait écouter leurs arguments. Mais en réalité tout ce qu'on veut c'est rester bien tranquille dans son coin pour pouvoir dire après la bataille "je l'avais bien dit!". Comme d'habitude.

Excusez-moi chers camarades mais Staline aurait su quoi faire de vous.

Gilles Questiaux, 22 octobre 2016

Tag(s) : #Politique française

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