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Front Syndical de Classe

Occupant les antennes durant des semaines, flanqués de tous les "experts"en économie qui depuis des années martèlent que nous vivons au dessus de nos moyens et que les comptes "sont au rouge" ils ont le sentiment d'avoir remporté la bataille idéologique ouvrant la voie à la politique la plus réactionnaire infligée à notre peuple depuis des décennies.

Le pouvoir et le parti socialiste ont largement ouvert les vannes à cette contre-révolution sociale et politique : reniement des engagements, campagnes et largesses en faveur du MEDEF, campagnes contre le droit du travail et les garanties collectives (loi ElKhomri, referendum d'entreprise, répression contre les militants syndicaux engagés dans les luttes ...).

François Fillon n'a plus eu qu'à ramasser la mise et afficher sa volonté d'étendre à tout le pays jusque dans la gestion du secteur public, le type d'accord d'entreprise arraché chez Smart à Hambart, 39 heures payées 37 sous le chantage à la délocalisation et à la fermeture de l'entreprise.

Telle est en effet la conception de la droite nouvelle mouture : la dictature du capital déguisée en rempart de la faillite de leurs propres politiques de régression sociale, d'austérité pour les travailleurs en rendant responsable de ce naufrage les conquis sociaux des travailleurs depuis la Libération qu'ils n'ont jamais accepté et qu'ils croient pouvoir détricoter.

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Quelques aspects du programme "social" de Fillon :

hausse de la TVA

les 39 heures payées 37

le licenciement de 500.000 salariés de la fonction publique

 en matière de sécurité sociale, le non-remboursement de ce qu'il appelle les "petits risques" et l'ouverture aux assurances et à la capitalisation

l'allègement de la fiscalité du capital et la suppression de l'impôt sur la fortune

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Ne nous laissons pas intimider par cette offensive contre nos conquis désignés mensongèrement comme responsables du chômage de masse et de la misère qui frappe des parties importantes de notre peuple.

Ce sont leurs politiques d'austérité, la domination du patronat à la recherche du profit maximum, le capital financier avide de dividendes, la fraude fiscale massive des multinationales (des milliards d'euros tous les ans), l'Union européenne qui impose la concurrence entre peuples et travailleurs, les politiques menées par les gouvernements de droite et de "gauche" de démantèlement des services publics, de désertification des territoires ruraux ... qui sont les causes majeures de la crise actuelle!

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres!

Pas d'autre voie que le développement des luttes, la résistance farouche à leurs agressions comme par exemple ce samedi 3 décembre aux côtés des précaires et des sans emploi!

Et pas d'autre voie que la bataille des idées pour démolir les mensonges qui sous-tendent leurs objectifs.

Soyons fiers des conquis sociaux de la classe ouvrière qui loin d'être responsables du marasme actuel ont par exemple joué un important rôle protecteur au moment de la crise du système capitaliste de 2008!

Commençons par redonner dans l'espace public la place à nos grandes figures qu'ils ont toujours voulu maintenir dans l'oubli et dans l'ignorance dans la mémoire collective populaire!

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« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. » Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950.

 

 

 

 

Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale. La ville de Paris lui rend hommage, mardi, en inaugurant une place à son nom.

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. » Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l’inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au coeur de Paris [1] Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manoeuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. à treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. à dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au coeur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »

 

 

 

 

 

Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au coeur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire. En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là , mûrissent les rêves du La pl&ace Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR).

La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » à la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’oeuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage.

Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… «  Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

Michel Etiévent (*)

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale. Livres disponibles auprès de l’auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l’un + 5 euros de port l’unité)

 

Tag(s) : #Lutte de classes