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Rhône-Alpes 

Lyon : La cour d'appel réexamine l'aspect financier de l'affaire Karachi

La cour d'appel de Lyon a commencé jeudi le réexamen à huis-clos de l'épineux dossier du financement de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995, sur lequel planent des soupçons de rétrocommissions sur des ventes d'armes. Ce dossier, d'abord examiné à Paris puis renvoyé à Lyon sur décision de la Cour de cassation, est un des volets de l'affaire de l'attentat de Karachi qui avait fait 15 morts, dont 11 ouvriers français de la Direction des constructions navales (DCN), le 8 mai 2002.


L'audience, en chambre du conseil, s'est ouverte peu avant 9H30 en présence d'une quinzaine d'avocats, mais sans les mis en examen. Prévue sur deux jours, elle pourrait se prolonger jusqu'à mardi, l'arrêt étant ensuite mis en délibéré.

En juin 2014, les juges parisiens Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire avaient renvoyé six personnes en correctionnelle dans ce dossier hors-norme d'abus de biens sociaux autour de contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite dans les années 1990.

Après trois ans d'enquête internationale, les deux juges avaient acquis la conviction que 327 millions d'euros de commissions indues avaient été versés en marge des contrats à des intermédiaires, dont l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, l'un des mis en examen.

Ce réseau aurait été imposé, en fin de processus, pour enrichir ses membres et financer, via des rétrocommissions, la campagne de l'ancien Premier ministre Balladur.Les autres mis en cause dans ce scandale financier sont Nicolas Bazire, ex-directeur de campagne d'Édouard Balladur et aujourd'hui dirigeant du groupe de luxe LVMH; Renaud Donnedieu de Vabres, ex-conseiller du ministre de la Défense François Léotard;et Thierry Gaubert, alors membre du cabinet du ministre du Budget Nicolas Sarkozy. Ainsi que Dominique Castellan, ancien patron de la branche internationale de la DCN, et l'intermédiaire Abdul Rahman Al Assir. 

En 2013, Ziad Takieddine avait fini par reconnaître que, sollicité par M. Gaubert à la demande de M. Bazire, il avait financé la campagne Balladur pour 6,2 millionsde francs (moins d'un million d'euros). Nicolas Bazire et Dominique Castellan avaient toutefois contesté leur renvoi en correctionnelle. Leur pourvoi avait été rejeté en juin 2015 par la cour d'appel de Paris. Mais le 10 février, la Cour de cassation leur donnait gain de cause, estimant qu'un point de procédure n'avait pas été tranché. Elle chargeait alors la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon de procéder à un réexamen complet du dossier, étendu à tous les mis en cause.

 

 

Tag(s) : #Politique française

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