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Le (peut-être) candidat des communistes ? Arnaud Montebourg aux Assises du Produire en France, à Reims, le 9 septembre 2016. - François NASCIMBENI / AFP

Le (peut-être) candidat des communistes ? Arnaud Montebourg aux Assises du Produire en France, à Reims, le 9 septembre 2016. - François NASCIMBENI / AFP

PCF Cap Corse

Thibaut Le Gal

Ils ont dit non. Non à Mélenchon. Le Parti communiste français a voté samedi contre un ralliement au candidat de la France insoumise pour la présidentielle. Sur les 519 votants de la conférence nationale du PCF, 274 ont choisi l'option d'une candidature communiste. La voie d’un soutien à l’ancien leader du Front de gauche, pourtant portée par le secrétaire national Pierre Laurent, a été rejetée.

« Malheureusement, je pense qu’il y a une exaspération d’une partie des communistes », a constaté dimanche le patron du PCF sur France Inter. Mais pourquoi donc, les communistes sont-ils exaspérés par leur candidat de 2012?

1. La carte Montebourg

 

Et si derrière ce « non » à Mélenchon se cachait un « oui » à la candidature Montebourg ? « On ne sait pas encore ce que répondront les militants. Les communistes veulent attendre, se donner du temps vis-à-vis de la primaire PS même si Pierre Laurent s’en défend », remarque Romain Ducoulombier, auteur d’une Histoire du communisme (Que sais-je ?).

« Plusieurs cadres du PCF comme Olivier Dartigolles pensent que la victoire de Montebourg à la primaire PS serait un camouflet pour la politique de Hollande et changerait la donne pour 2017 », poursuit l’historien Roger Martelli, ancien adhérent du Parti communiste français. Mais le co-directeur de la revue Regardsest sceptique sur cet éventuel soutien. « Montebourg a soutenu Royal en 2007, préféré Hollande à Aubry en 2011, a tout fait pour installer Valls à Matignon. Cela fait lourd dans la musette ».

2. Le problème des législatives

Jean-Luc Mélenchon a prévenu : il y aura des candidats de la « France insoumise » dans « les 577 circonscriptions » et « tous ceux qui veulent participer » au processus d’investiture pourront le faire, assure le candidat. Mais les élus communistes ont vu d’un mauvais œil la charte d'alignement, contraignant la liberté de vote des députés, que devraient signer les futurs candidats. « Mélenchon veut un retour au fonctionnement de la IIIe Internationale, avec un chef qui dicte la décision », a ironisé le député André Chassaigne au Figaro.

« En une décennie, le PCF a perdu entre un quart et un tiers de ses élus, même dans la période Front de gauche. Pour les communistes, l’élection clé n’est pas la présidentielle mais les législatives, d’autant que le résultat conditionne la contribution de l’Etat aux financements des partis », insiste Roger Martelli. « L’ancrage électoral du parti reste une de ses forces. Si les communistes ne soutiennent pas Mélenchon, ils risquent d’avoir à affronter ses candidats. Reste à savoir si l'alliance avec Montebourg suffira alors à sauver les sièges».

3. La position « au-delà des partis » de Mélenchon

Il le dit et le répète : sa campagne se fera « hors cadre des partis ». Jean-Luc Mélenchon n’a d’ailleurs demandé « la permission à personne » lorsqu’il s’est lancé en février dernier. Au risque de vexer ses amis communistes. « Mélenchon est dans une stratégie catch all : attraper tout ce qui passe, des rouges, des verts et des roses foncés. Il a pris de court le PCF car sa candidature semble être la plus rationnelle en termes de rapport de force », avance Romain Ducoulombier. « Mais ce choix suppose de s’éloigner du parti, et pourrait s’apparenter à une forme de suicide pour l’appareil communiste. Chez certains, il y a des doutes sur les réelles intentions de Jean-Luc Mélenchon ».

Roger Martelli nuance : « Le PCF veut assurer sa survie. Le parti a toujours considéré qu’au sein de la gauche de la gauche, la seule position qui vaille était la sienne, les autres pouvant menacer sa place. Mais ce n’est pas un hasard si Marie-George Buffet, qui a fait l’amère expérience d’une candidature communiste seule [1.93 %], soutient Mélenchon ».

 

Sur le plateau de LCP, l’ancienne candidate s’agaçait lundi contre le choix de ses camarades. « Je ne peux pas penser qu’on va mettre l’intérêt partisan devant notre idéal, qui est de changer la vie, changer les choses… Il a fait une connerie en partant tout seul, d’accord, allez on va l’acter, une fois pour toutes ! Parlons ! Discutons ! Ne tuons pas l’espoir, beaucoup de gens attendent ». Ce sera aux 50 000 adhérents revendiqués de trancher, lors d’un vote, du 24 au 26 novembre prochain.

 

 

Tag(s) : #Politique française

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