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Le départ de Fidel Castro à ses 90 ans a été l’occasion pour les adversaires de la révolution cubaine de reprendre le mantra idéologique en faveur d’une démocratie abstraite, tout en évitant d’aborder ses acquis sociaux et de développement humain. Mais la politique étrangère de Cuba a été d’une cohérence remarquable et son impact a été salué par de nombreuses personnalités, y compris par ses ennemis. Quels sont les principes révolutionnaires qui ont motivé Fidel Castro depuis 1959 et qui restent l’objet d’un féroce acharnement médiatique ? Nous avons posé cette question et beaucoup d’autres à Piero Gleijeses (1), un expert reconnu en politique étrangère cubaine.

Piero Gleijeses, dans « The Cuban Drumbeat », votre message principal c’est que la politique étrangère cubaine sous Fidel Castro est sans équivalent. Pourquoi donc ?

C’est en raison de sa générosité. Par exemple, Cuba et Fidel Castro ont joué un rôle décisif dans le tournant historique de l’Afrique du Sud, dans la lutte contre l’apartheid. Ils ont sauvé l’Angola de l’attaque de l’Afrique du Sud sous régime d’apartheid, ils ont aidé les guérillas namibiennes, ils ont aidé les Sud-Africains sans rien demander en retour. Et quand je dis rien, cela veut vraiment dire rien du tout. Mais en plus Cuba a payé le prix fort en aidant les Africains, parce que cela amplifiait l’hostilité des États-Unis. Il y avait eu des négociations secrètes pour normaliser les relations entre Cuba et l’administration Ford. Évidemment l’envoi de troupes pour défendre l’Angola contre une agression sud-africaine, qui en réalité avait été encouragée par les USA, rompit ces négociations. En même temps, Fidel Castro défiait l’Union Soviétique, puisque le Secrétaire général Brejnev s’opposa en 1975 à l’envoi de troupes cubaines en Angola. Il était obsédé par la détente avec les États-Unis, bien davantage que l’administration Ford, et il ne voulait rien faire qui puisse l’affecter. D’un autre côté, les relations de l’URSS avec le gouvernement MPLA de la République populaire d’Angola étaient tendues, pas très bonnes. Ce fut pareil en 1987-88, lorsque Fidel Castro envoya d’importants renforts dans le sud de l’Angola pour en chasser les Sud-Africains une fois pour toutes et les obliger à accepter l’indépendance de la Namibie. Et je voudrais ajouter à ce sujet que la contribution militaire de Cuba fut absolument décisive. Mais il y a aussi un autre facteur important, c’est l’assistance humanitaire, que nous évoquerons plus tard.

Contrairement à ce que vous venez d’évoquer, on trouve dans la presse occidentale l’idée que Fidel et Cuba n’étaient que de simples pantins des Soviétiques. Comment décririez-vous la relation entre Cuba et l’URSS ?

Avant toute chose : même si en 1981 la CIA a conclu que l’envoi de 25 000 soldats cubains en Angola en 1975 avait été une décision unilatérale de Cuba prise en grande hâte … Même la CIA a reconnu qu’il s’agissait d’une décision cubaine. Et si vous lisez les Mémoires de Kissinger qui était alors secrétaire d’État, et criait sur tous les toits que Cuba était un sous-traitant de l’Union Soviétique, dans le dernier tome Kissinger fait un de ses rares mea culpa. Il reconnaît en fait qu’il avait eu tort, que c’était tout le contraire. C’est Cuba qui avait affronté l’Union Soviétique en la mettant devant un fait accompli. Il pose ensuite la question : pourquoi Fidel Castro a-t-il agi ainsi ? Et la réponse que donne Kissinger, je le cite, c’est que « Fidel Castro était sans doute le leader révolutionnaire le plus authentique alors au pouvoir ». Donc si on a la CIA disant que ce fut une décision cubaine qui n’avait rien à voir avec l’Union Soviétique, si on a Kissinger qui dit que ce fut une décision mettant l’URSS avec un fait accompli, alors seuls des idiots peuvent continuer à prétendre que Cuba agissait comme un sous-traitant de l’Union Soviétique.

Penchons-nous en détail sur ces campagnes en Afrique. Quelle était la motivation de Cuba pour mener ces campagnes africaines ? Quelle était la vision du monde de Castro à cet égard ?

Il nous faut retourner au début, dans les années 60. A ce moment-là, Cuba soutenait des guérillas en Amérique latine, et avait déjà mené quelques opérations en Afrique : en Algérie, au Congo-Brazzaville, dans l’ancien Congo Belge, en Guinée-Bissau. Pour comprendre les motivations de Cuba, de Fidel Castro, j’ai pris en compte les rapports et analyses du renseignement de la CIA et du Département d’État. Il y a beaucoup de rapports. Pas une seule fois les analystes de la CIA et de l’INR (Bureau of Intelligence and Research, Bureau des renseignements et de recherche, NdT) au Département d’État ne prétendent que Cuba serait aux ordres de l’Union Soviétique. Il affirment qu’il y avait deux motivations essentielles. L’une...

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https://www.legrandsoir.info/en-combattant-l-apartheid-cuba-a-defendu-la-plus-belle-cause-de-l-humanite.html 

Tag(s) : #Amérique latine Cuba

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