Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les journaux collabos au lendemain de la réddition de Stalingrad : "symbole de l'union européenne"
Les journaux collabos au lendemain de la réddition de Stalingrad : "symbole de l'union européenne"

Les journaux collabos au lendemain de la réddition de Stalingrad : "symbole de l'union européenne"

Ouest-France, toute l’actualité locale et internationale

L'Europe face à la force russe

Alep est tombée. Le vainqueur s'appelle Poutine, avec l'aide de l'Iran et du Hezbollah libanais, bien avant Bachar al-Assad. La chute de la ville rebelle rappelle terriblement ce qui s'était passé enTchétchénie, lors de la prise de Grozny.

Dans le conflit russo-tchétchène,déjà, le droit humanitaire et le droit de la guerre avaient été comptés pour rien. On retrouve les mêmes méthodes d'écrasement des populations piégées dans la ville, les mêmes opérations de « filtration » qui font de tout homme jeune un terroriste potentiel qu'il faut mettre hors d'état de nuire...

Mais, comme la prise de Grozny hier, celle d'Alep aujourd'hui ne répond pas seulement à un objectif local. L'une et l'autre servent à produire de l'effroi et de la sidération chez ceux que la Russie considère comme ses adversaires, chez elle ou face à elle. « Regardez où est la force, sachez où est la détermination ! Ne cherchez pas à vous y opposer, voyez à quoi vous vous exposeriez. » Autrement dit : soyez réalistes !

Quelques leçons du passé doivent être rappelées. La chute d'Alep a été amplement facilitée par le fait que les bombardiers russes et syriens avaient la voie libre. En Afghanistan, la résistance disposait de missiles sol-air, qui mirent fin à des bombardements extrêmement meurtriers. Ce fut une des clés de la défaite soviétique. Au Kurdistan irakien, l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne fut déterminante, à l'époque de Saddam Hussein, et aujourd'hui les peshmergas sont une des forces clés du combat contre Daech.

Rien de tel n'a été fait pour Alep ni pour Homs...

Extension du domaine de la lutte

Toutes les tentatives d'interventions humanitaires ont été mises en échec par ceux qui voulaient, coûte que coûte, reprendre Alep. Elles n'auraient pu que retarder l'échéance. La guerre en Bosnie-Herzégovine - avec notamment le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica - a amplement montré les limites de la diplomatie humanitaire. Il fallut, au printemps 1995, l'intervention aérienne de l'Otan - tardive hélas - et l'engagement au sol de la Force de réaction rapide voulue par Chirac pour sortir de l'impasse dans laquelle se trouvait la Forpronu.

La chute d'Alep pose aux Européens une question cruelle. Celle de l'attitude à tenir face à un pouvoir russe qui vient de montrer de quoi il est capable, non plus sur le territoire russe, non plus sur le territoire de l'ex-Union soviétique, comme en Crimée ou dans le Donbass (l'enquête sur le Boeing de la Malaysia Airlines abattu en Ukraine en 2014 a établi que cet avion transportant des civils avait été frappé par un missile BUK acheminé depuis la Russie), mais loin de ses frontières. Moscou pratique ainsi, à sa manière, « l'extension du domaine de la lutte ».

Les Européens doivent désormais réfléchir à ce qu'ils veulent comme avenir. Souhaitent-ils être, peu à peu, marginalisés et « finlandisés », subir au nom du « réalisme », reculades après reculades, l'ordre que Poutine impose par la force sur la scène internationale ? Comme les Russes ont connu pendant quatre siècles le « joug tatare », les Européens s'apprêtent-ils à s'incliner devant une force russe qui ne les protégera pas contre le terrorisme islamiste ?

Au moment où Trump nomme secrétaire d'État américain un homme qui fait des affaires avec Poutine, il est temps que l'Europe se donne les moyens de relever la tête pour montrer quelles limites véritables elle met aux ambitions du Kremlin.

Tag(s) : #Histoire

Partager cet article

Repost 1