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Alain Guérin est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris à l’âge de 85 ans. Journaliste, historien, écrivain, poète, Alain était un personnage atypique. Les hommages de José Fort, Roland Leroy et Patrick Le Hyaric. 

L'hommage de José Fort, journaliste

Alain Guérin avait été « repéré » par Louis Aragon et avait démarré sa carrière journalistique à « Ce Soir », à l’âge de 18 ans, parcourant un peu toutes les rubriques du sport à la rubrique des faits divers. A « l’Humanité », deux ans plus tard, il débutera au service judiciaire.

Très rapidement, à la demande de la direction  du journal, en pleine guerre colonialiste française en Algérie, il avait été chargé d’enquêtes délicates puis avait consacré reportages et analyses à l’OAS, l’organisation terroriste responsable de nombreux attentats des deux côtés de la Méditerranée.

Plus tard, il consacrera des articles et des livres au monde de l’espionnage comme «  Camarade Sorge » (avec Nicole Chatel), «  Qu’est-ce que la CIA », « Les commandos de la guerre froide » ou encore «  Le diable est-il bulgare ». Pendant des années, Alain a travaillé sur le thème de la Résistance avec pour résultat six volumes vendus à des milliers d’exemplaires. Une œuvre magistrale. Il a publié plusieurs recueils de poésie obtenant en 2003 le Prix Paul Verlaine de l’Académie française. Son premier poème a été publié dans « Les Lettres Françaises ». Il avait 16 ans.

J’ai bien connu Alain Guerin lorsque je dirigeais la rubrique internationale de « l’Humanité ». Il était rigoureux avec lui-même. Il demandait le même comportement à ceux avec qui il travaillait. Mais combien il était difficile de lui arracher une coupe dans un « papier ». Il fallait négocier dur avant de finir autour d’un verre. J’ai eu le plaisir aussi de partager sa table dans son appartement des Lilas où on rencontrait avocats, écrivains, poètes, journalistes et responsables politiques. Les débats étaient toujours vifs mais combien enrichissants. Une grande signature de « l’Humanité » vient de disparaître et toute notre affection va à Monique, sa femme.

L'hommage de Roland Leroy, directeur de l'Humanité de 1974 à 1994

« La mort d'Alain Guérin est lourde à supporter. L'ampleur et la finesse de ses connaissances historiques et politiques faisaient de cet homme un historien profondément humain. Son talent fit de lui, dès son adolescence, un poète sensible. 

Très vite, Louis Aragon le remarqua, le protégea, l'aida, et "l'adopta" - il n'est pas exagéré de le dire - comme un pilier des "Lettres Françaises". Je me souviens que, lors de la malheureuse disparition des "Lettres Françaises", Alain était le seul journaliste de la rédaction qu'Aragon exigeat qu'il soit intégré à  la rédaction de "l'Humanité".

En 2003, il reçut le "prix Paul Verlaine de l'Académie Française". Il devint rapidement un pivot original mais essentiel de la rédaction. Il demeure la grande richesse de l'écriture inégalée d'Alain Guérin. »

Les amis du poète et journaliste se réuniront à la maison funéraire de Montreuil; 32 av. Jean Moulin, mercredi 25 janvier à 14h. L'inhumation aura lieu à 16h au cimetière parisien de la Chapelle; 38 av du Pdt Wilson à Saint-Denis.

 

 

Tag(s) : #Communisme

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