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A la une du Times britannique de lundi, Donald Trump loue le Brexit.

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Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, c’est une première. Un président des États-Unis affirme ne pas tenir à l’unité des Européens et considère l’Alliance atlantique comme obsolète. Pour sa première interview, à quelques jours de son investiture, Donald Trump vient de lancer un énorme pavé dans l’Atlantique. En prenant pour cible Angela Merkel, et pour modèle le Brexit.

Certes, ce ne sont pour l’instant que des mots. Mais ils émanent de l’allié historique, du garant de la paix européenne depuis 1945. Hier, les dirigeants européens étaient un peu sonnés par la vigueur de la charge. Avec des scènes ubuesques, comme ces propos du Secrétaire général de l’Otan affirmant « sa confiance absolue » dans l’engagement des États-Unis.

L’Union européenne ? « Si elle va se séparer ou rester unie, pour moi, ça n’a pas d’importance », a déclaré Trump. Le Brexit ? « Une grande chose. » Ce ne sont que des mots, des mots simples, mais des gestes sont déjà là. Trump a annoncé un accord commercial « rapide » avec le Royaume-Uni. La fameuse relation spéciale anglo-américaine renaîtrait ainsi de ses cendres irakiennes. Dans la négociation entre Londres et les Vingt-Sept, voilà un allié de poids pour les Britanniques.

L’étrange interview accordée au Times de Londres et à l’Allemand Bild était d’ailleurs menée par un certain Michael Gove, ex-journaliste et ancien ministre de David Cameron. Surtout, l’un des tenants les plus acharnés de la campagne pour le Brexit. La frontière entre le genre journalistique et la propagande, décidément, est dynamitée sciemment par le nouveau président américain.

L’Allemagne dans le viseur

Trump, et ce n’est pas totalement surprenant, est en fait avant tout un nationaliste. Il hérite de l’empire américain mais veut rompre avec l’ordre libéral au profit d’un discours nourri des concepts de frontière, d’identité, de nation. Or, depuis la Seconde Guerre mondiale, ses prédécesseurs ont tous œuvré à la création et à la consolidation de l’axe atlantique. La vision de l’Europe des présidents américains, qu’ils fussent démocrates ou républicains, reposait sur un triptyque : stratégique, économique et démocratique. Où chaque élément était indissociable des deux autres.pour préserver les intérêts américains et la paix sur le sol européen, où tant de soldats avaient perdu la vie lors du Débarquement. C’était aussi et surtout, en pleine Guerre froide, une façon d’ériger un rempart contre l’expansionnisme soviétique. L’économie, à travers les accords de Bretton Woods et un cadre de libre-échange fait sur mesure pour le dollar. La démocratie, comme expression d’un État de droit porteur de valeurs, censé favoriser la prospérité qui faisait tant défaut au monstre froid qui régnait à Moscou.

Trump encourage la désunion des Européens

Jusqu’à Obama, tous les présidents américains ont ainsi encouragé l’intégration européenne comme un facteur d’équilibre. Avec Trump, si ce qu’il dit est confirmé par des actes, le triptyque n’a plus lieu d’être en tant que tel. Et pour mieux marquer la rupture, c’est surtout contre Berlin que Trump a vociféré. En dénigrant la politique migratoire d’Angela Merkel et en menaçant directement les constructeurs automobiles allemands s’ils produisent au Mexique.

En fait, Trump mise comme Poutine sur la désunion des Européens. Il l’encourage. C’est une rupture majeure qui promet de beaux jours à l’anti-américanisme. Elle donne aux Européens une raison inespérée d’être unis. À condition d’en prendre conscience.

 
 
Tag(s) : #impérialisme, #Union européenne

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