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Quand l'Amour unit deux Etats : la Chine et la Russie

Le Saker Francophone

 

La Russie et le Heilongjiang

Le gouvernement chinois a récemment pris des mesures pour dynamiser l’économie stagnante du Heilongjiang, qui était sous occupation japonaise depuis 1931, dans le cadre de l’État japonais fantoche du Manchoukouo, jusqu’à ce que l’armée soviétique l’ait libéré en 1945. Depuis 2009, le Heilongjiang fait partie d’un programme central de revitalisation du nord-est de la Chine. Cela nécessite des investissements substantiels dans la modernisation de l’industrie et le développement d’infrastructures clés. La construction d’un réseau de routes et d’autoroutes dont le financement a été voté en 2006 est en cours. Il prévoit 38 000 kilomètres de nouvelles routes, étendant le réseau routier total du Heilongjiang à 2,3 millions de kilomètres.

Le Heilongjiang compte actuellement 60 lignes ferroviaires, s’étendant sur 5 300 kilomètres, dont une section du pont continental Asie-Europe. Le train à grande vitesse Harbin-Dalian, achevé en 2012, part de Harbin, la capitale du Heilongjiang, jusqu’à Dalian, dans la province du Liaoning au sud, en bordure de la Corée du Nord, via Changchun et Shenyang. Il est prévu de transporter 37 millions de passagers par an d’ici 2020.

Le pont sur la rivière Amour

Et l’un des domaines les plus prometteurs de la coopération économique entre la Chine et la Russie relie également le Heilongjiang à l’oblast autonome juif de Russie, traversant la longue et sinueuse rivière Amour.

 

 

 

Le projet, qui devrait se terminer en 2018, est connu sous le nom de Pont Amour. Il est toujours en construction, la longue section chinoise étant achevée et la partie russe toujours en construction, à cause de retards, depuis juillet. Lorsqu’il sera ouvert, le pont portera deux lignes ferroviaires – une de jauge standard utilisée par la Chine, de rail de 1435 mm, et une jauge russe de 1520 mm. Le pont de 2 km reliera Nizhneleninskoye dans l’oblast autonome juif à Tongjiang dans la province du Heilongjiang. La motivation pour construire le pont est d’abord d’amener le minerai de fer russe extrait de la mine à ciel ouvert Petropavlovsk à Kimkan, dans l’oblast autonome juif, vers le marché chinois. Toutefois, ce pont donnera évidemment accès aux vastes gisements de minéraux inexploités et aux autres produits de cette région de la Russie qui a longtemps été négligée économiquement pendant les années 1990, sous Eltsine.

Cette liaison relie le Heilongjiang au nord-est de la Chine à l’oblast autonome juif de Russie et ses vastes richesses minérales, y compris en or, ainsi que ses sols agricoles très riches, aujourd’hui exempts d’OGM, via le pont Amour ; cette liaison va inévitablement relier le réseau ferroviaire et portuaire en développement du projet chinois OBOR (Une Ceinture – Une Route) à la Russie dans cette région économique critique. Le chemin de fer transsibérien, achevé en 1914, parcourt l’oblast autonome juif.

Et dans une autre région chinoise, on vient d’annoncer officiellement l’ouverture, pour la fin de décembre 2016, d’un couloir ferroviaire à grande vitesse de 2 066 km de long, construit en huit ans − le corridor Shanghai-Kunming − qui transporte le fret et les passagers à des vitesses de 350 km/h reliant l’est, le centre et le sud-ouest de la Chine. Il se compose de trois sections reliant Shanghai, la plus grande ville de Chine avec ses 23 millions d’habitants, sur sa côte est, à Kunming, une ville prospère de près de 7 millions d’habitants située près du Vietnam et de la Thaïlande. Kunming est un des carrefours de l’infrastructure émergente de l’OBOR.

Des projets de construction bien conçus ont un effet papillon bien défini, envoyant d’abord de petites ondes de choc d’énergie positive qui s’amplifient au fil du temps, provoquant d’immenses transformations. Les récents développements dans la province du Heilongjiang, combinés avec les liens d’infrastructure en développement traversant l’Eurasie, de la Chine à la Russie, sont de beaux exemples de cela. Construire est beaucoup plus intéressant que le genre de destruction qui semblent, en Occident, nous obséder pathologiquement et nous pousser à mener des guerres partout, sous couvert de l’OTAN.

William Engdahl

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

 

Tag(s) : #Chine

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