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Quand le chroniqueur économique ultra-libéral  Jean-Marc Sylvestre et le blog proche du Medef, "Atlantico"  font l'éloge de Laurent Berger, le leader de la CFDT...

Atlantico, un vent nouveau sur l'info

Laurent Berger, l’homme qui peut créer la surprise en 2017.

Et arbitrer le duel qui s’annonce entre Fillon et Macron.

Trois hommes vont s’emparer du mois de janvier: 

François Fillon veut s’imposer dans les medias. Pour la gauche en primaire, il sera l’homme à abattre. Pour la droite, il veut être l’homme de la réconciliation;

Emmanuel Macron veut s’imposer dans l’opinion comme l’homme nouveau capable de transformer la gauche contre les archaïsmes du parti. Il veut, en janvier, devenir incontournable pour se retrouver face à Fillon lors du deuxième tour de la présidentielle;

Et le troisième homme auquel on n'échappera pas en janvier est sans doute Laurent Berger, le patron de la CFDT, qui va devenir l’arbitre des décisions politiques.

 
 

La victoire de la CFDT va en faire l’homme clef des reformes à venir. Parce que Fillon comme Macron vont en avoir besoin.

Laurent Berger, c’est évidemment l’homme qu‘on n’attendait pas dans le débat de ce début d’année. Discret mais déterminé. Les élections qui permettent aux salaries des PME de designer des délégués syndicaux vont hisser la CFDT au premier rang du paysage syndical et sacrer son Secrétaire général, Laurent Berger, comme désormais l’homme fort de l’année 2017.

L’année 2016 a été dominée sur le front syndical par l’omniprésence du Premier secrétaire de la CGT, Philippe Martinez.

Fort en gueule et fort d’une organisation très présente dans les services publics, c’est lui qui a envoyé les troupes de la CGT organiser le blocage de la loi El Khomeri. C’est lui qui a poursuivi la lutte alors que le gouvernement avait décidé de passer en force. C’est lui qui a boosté ses partisans les plus jeunes dans le mouvement Nuit debout ... C’est encore lui qui a fait le travail de sape et de harcèlement du gouvernement Valls quand les députés frondeurs se sont rendus compte qu’ils devenaient inopérants au Parlement. C’est lui qui a pourri la vie de François Hollande dans la dernière année, mais le président s’y était tellement mal pris.

L’action de la CGT, avec sa force de blocage, a été déterminante dans la dégradation de l‘autorité de la gouvernance française. Ceci dit, sur le terrain des entreprises, la CGT a très souvent eu des attitudes et des positions beaucoup moins radicales. Les grèves ont été peu suivies dans les entreprises privées. Plus grave encore pour la centrale, on a vu des représentations syndicales de la CGT s’abstenir ou même signer des accords de compétitivité. Jamais il n’y a eu d'oppositions frontales et conflictuelles. Dans l’automobile, par exemple, Renault et Psa Peugeot-Citroën se sont redressés en partie grâce à des gains de compétitivité rendus possible par des accords de modération salariale. La contrepartie est que les emplois ont été protégés.

Le sens profond de tous ces évènements est que le fossé entre les salariés et la principale centrale syndicale s’est creusé. Paradoxalement, la CFDT en a profité: elle a gagné les élections intermédiaires, elle s’est installée très fortement dans les secteurs marchands. Avec l'obligation faite aux PME de désigner des délégués syndicaux, elle peut, en janvier, en sortir comme le premier syndical de France et peser sur le climat social et politique.

Cette mutation, la CFDT la doit à sa pratique près du terrain, sa présence dans les entreprises privées, et surtout à sa culture du compromis.

Depuis ses origines, la CFDT s’est positionnée comme le syndicat qui refuse de considérer que la lutte des classes est une fin en soi, qui considère que l’économie de marché est un état de fait, tout comme la mondialisation. La CFDT, contrairement aux autres centrales syndicales issues de la culture très marxiste comme la CGT, estime que son obligation est de s’adapter aux mutations et à la réalité du monde, en protégeant au maximum les intérêts des salariés sans remettre en cause le système capitaliste.

La CFDT ne pourra jamais accepter tout et n’importe quoi, mais elle sera intraitable sur les mécanismes de régulation du marché.

Contrairement à ce que prônent les mouvement radicaux (qui virent très souvent au populisme) la CFDT a fortifié son implantation et son offre de négociations fondées sur le compromis, et elle a ainsi répondu à un nombre grandissant de salariés qui lui font désormais confiance.

Si la CFDT sort des élections syndicales comme la première force syndicale française, il est évident que le rapport de force et le climat social peuvent changer. Les conditions de gouvernance politique également.

La CGT de Philippe Martinez peut, certes, continuer à tenter des bras de fer avec le gouvernement, mais la CFDT sera plus légitime et plus puissante pour imposer sa propre culture.

 

Jean-Marc Sylvestre

 

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il fait également entendre sa voix sur France-Inter...



 

Tag(s) : #Médias

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