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Viva Venezuela
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

par Javier Calderón Castillo

CELAG, 23 janvier 2017

 

L'année a débuté au Venezuela avec une activité gouvernementale frénétique qui indique que le président Nicolás Maduro est déterminé à jouer un rôle actif en cette année électorale 2017. Les annonces qu'il a faites concernent tout un paquet de mesures destinées à améliorer la situation économique, principale préoccupation de la population, selon tous les sondages, et à faire face aux manœuvres de déstabilisation politique orchestrées par la majorité d'opposition à l'Assemblée Nationale.

 

  1. Les remaniements ministériels

 

Au Venezuela, il y a traditionnellement un remaniement ministériel au début de chaque année. Le plus significatif, cette année, est la nomination de Tareck El Aissami, jusqu'à présent gouverneur de l'Etat d'Aragua à la vice-présidence exécutive à la place d'Aristóbulo Istúriz. Malgré sa jeunesse (42 ans), El Aissami a une longue expérience politique. En effet, déjà lorsqu'il milite à l'université de Mérida, Hugo Chávez a confiance en lui. De 2009 à 2012, il fut ministre de l'Intérieur, un poste sensible dans un pays traumatisé depuis des siècles par l'insécurité. Son principal héritage a été la création de la Police Nationale Bolivarienne pour remplacer les corps de police municipaux et régionaux qui agissaient comme des gardes prétoriennes des hommes forts de leur zone et la conception d'une stratégie de lutte contre le trafic de drogues loin des directives de l'agence états-unienne DEA.

 

 

El Aissami a une tâche énorme devant lui. Les fronts sont multiples, de l'économie à l'insécurité ou à l'arrêt des tentatives anti-démocratiques de l'opposition. Ce qui est prévisible, c'est que son action dans différents domaines de l'action du Gouvernement permette à Maduro de se concentrer sur les sujets économiques.

 

 

Pour sa part, Istúriz, dirigeant historique de la gauche vénézuélienne, se chargera du Ministère des Communes et des Mouvements Sociaux, un ministère très important pour l'approfondissement de l'Etat des Communes, objectif ultime du processus bolivarien selon la Constitution de 1999 et comme Chávez le répétait souvent. Cette charge a acquis de l'importance à cause de son rôle dans le fonctionnement des Conseils Locaux d'alimentation et de Production (CLAP), une des réponses du Gouvernement aux pénuries.

 

 

L'autre nomination importante est celle de Ramón Lobo au ministère de l'Economie, des Finances, de la Banque Publique, de l'Industrie et du Commerce. Il n'est pas inutile d’écrire le nom complet de ce ministère. Tous les domaines de l'économie qui auparavant étaient dispersés dans différents ministères y sont réunis. Avec cette centralisation, on cherche à obtenir plus de souplesse et de coordination au moment de prendre des décisions. Lobo apportera ses connaissances théoriques en tant qu'économiste et spécialiste en gestion d'entreprises ainsi que son expérience en politique obtenue dans différentes charges, de maire à député.

 

 

Enfin, il faut souligner le retour d'Elías Jaua, un dirigeant historique des cabinets ministériels d'Hugo Chávez après qu'il ait été député. Jaua, à la tête de la vice-présidence du Développement du Territoire, s'est toujours distingué par une solide pensée politique de gauche qui prend une importance particulière en ce moment de tentatives de restauration du néolibéralisme sur tout le continent latino-américain.

 

 

Avec ce nouveau cabinet, Nicolás Maduro fait passer 3 messages de forte portée politique :

 

 

Les synergies entre le PSUV et le Gouvernement persistent. Le binôme parti-exécutif continue à être fructueux au moment de fournir des cadres qui ont la capacité de gouverner et de diriger.

 

 

Ainsi, Nicolás Maduro réaffirme ce qui est évident : qu'il n'a abandonné son poste d'aucune façon comme le claironne la majorité de l'Assemblée Nationale. Le président vénézuélien fixe un ordre du jour économique de longue portée, c'est à dire annonce implicitement qu'il va finir son mandat (2019) malgré les attaques de la droite.

 

  1. La droite dans son labyrinthe

 

Lundi dernier, la majorité de droite de l'Assemblée Nationale a déclaré « l'abandon de poste » de Nicolás Maduro et, en conséquence, sa destitution en tant que président de la République et l'organisation d'élections. Pour justifier sa décision, le groupe de droite argue la « dévastation économique », la « rupture de l'ordre constitutionnel » et la « violation des droits des Vénézuéliens. » Immédiatement, le Tribunal Suprême de Justice a rappelé aux parlementaires qu'ils n'avaient pas la capacité de destituer le président du Venezuela. L’avertissement n'était pas nécessaire. Les députés de droite en étaient déjà conscients. Henry Ramos Allup, président du Parlement l'année dernière, (la présidence tourne entre les partis qui composent la fragile coalition d'opposition) l'a reconnu avec son ironie habituelle : « Nous ne sommes pas des débiles mentaux. Nous savons qu'il ne va pas y avoir d'élections. »

 

 

Qu'est-ce qui conduit l'opposition à réaliser des actions comme celle-là qui, en plus de ne pas être légales, provoquent une frustration croissante parmi ses électeurs ? Souvenez-vous qu'en novembre dernier, la droite a annoncé l'ouverture d’un procès politique contre Maduro et une marche vers le Palais de Miraflores pour lui signifier sa destitution. Le procès politique n'a jamais été mené à bien étant donné qu'il n'était même pas prévu par l'opposition comme ont dû finalement le reconnaître de célèbres dirigeants de l'opposition comme Capriles ou Torrealba. La manifestation vers Miraflores, évidemment, est tombée dans l'oubli. L'indignation parmi ses partisans a atteint des sommets jamais vus, avec même des huées lors de cérémonies publiques.

 

 

La droite vénézuélienne est perdue dans un labyrinthe qu'elle a construit elle-même. Elle est arrivée à l'Assemblée Nationale en promettant qu'elle améliorerait la situation économique et on ne connaît aucune initiative dans ce sens. Elle a aussi promis que Maduro serait chassé du pouvoir en 6 mois. Plus d'un an a passé et le dirigeant bolivarien continue d'être à son poste. Ils lancent des clins d'oeil à leurs partisans les plus radicaux, ceux qui défendent un renversement violent mais ils oublient que la majorité du peuple, ce qu'elle veut, c'est des solutions aux problèmes quotidiens et non une déstabilisation par la rue. En conséquence, les gens font de moins en moins attention au Parlement et ses tentatives pour attirer l'attention avec des mesures qui n'ont aucune possibilité d'avancer sont plus importantes. Les clins d'oeil du nouveau président, Julio Borges à l'armées sont prises pour ce qu'elles sont : des incitations à un coup d'Etat que le haut commandement militaire lui-même s'est empressé de condamner en affirmant sa loyauté envers l'ordre constitutionnel...

 

 

La seule sortie raisonnable de ce labyrinthe dans lequel la droite est perdue est une date : décembre 2018, le moment où devraient avoir lieu les élections présidentielles. Mais on a l'impression que l'opposition n'est pas sûre d'affronter ce processus avec des garanties étant donné que son action pendant ces années lui a valu un rejet unanime du peuple vénézuélien. A cause de cela, il est très probable que tout ce temps soit jalonné d'initiatives de cette sorte qui, en définitive, les renferment sur eux-mêmes.

 

 

III C'est l'économie...

 

 

Le principal défi du Gouvernement est de gagner la bataille économique. Le président Maduro a été la clef de la construction du consensus de l'Organisation des Pays Producteurs de Pétrole (OPEP) pour réduire le quota mondial de production de barils de brut qui a aidé à stabiliser les prix à un peu plus de 50 $ US le baril, un indicateur décisif pour garantir le budget de la nation et l'approvisionnement alimentaire contre la spéculation, l'accaparement et les pénuries qui en découlent.

 

 

Sur cette même voie, le Gouvernement a pris le pouls de la situation de distorsion provoquée par la contrebande et le change illégal de la monnaie sur la longue frontière avec la Colombie. A l'exclusion de la circulation du billet de 100 bolivars forts s'est ajoutée la création de bureaux de change officiels sur la frontière qui vendront et achèteront les devises à leur valeur légale en luttant contre les célèbres mafias postées du côté colombien et protégées par la résolution 8 de l'an 2000 qui permet le double taux de change de la monnaie vénézuélienne qui est, au taux payé par la Banque de la République de Colombie, de 1 bolivar fort pour 294,66 pesos colombiens alors que les agents de change donnent 1 peso pour 1 bolivar fort.

 

 

Le Gouvernement a aussi établi la vente d'essence en pesos colombiens sur le territoire vénézuélien, une mesure destinée à faire entrer plus de devises et à contrôler la contrebande de combustible. Il faut rappeler que l'essence dans les stations service est la moins chère du monde (0,03 dollars le litre), ce qui en fait un bien susceptible d'être victime de la contrebande pour être vendue en Colombie où elle coûte en moyenne 1 dollar le litre.

 

 

On espère que les mesures économiques dont nous venons de parler plus l'augmentation du salaire de 50% décrétée le 8 janvier dernier, le renforcement des CLAP et la lutte contre la spéculation arriveront à améliorer la situation économique des familles vénézuéliennes. Il est évident que le Gouvernement du Venezuela prend des mesures hétérodoxes pour garantir, dans une situation de conflit, la consommation des principaux biens de première nécessité et maintenir ainsi les conditions sociales de dignité qu'il a atteintes en ces années de transformations.

 

 

Cet article a été publié dans CELAG

 

Publié le par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/opinion/Informe-Maduro-a-la-ofensiva-20170123-0024.html

 

 

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/01/venezuela-maduro-a-l-offensive.html

 
Tag(s) : #Amérique latine Venezuela

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