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Benoît Hamon et son cousin Germain

"canempechepasnicolas"

avec des éléments d'information apportés par François Cocq

Benoît Hamon s'oppose à la rupture avec le quinquennat de François Hollande et veut réaliser "l'union de la gauche" avec Manuel Valls et Myriam Khomery

Benoît Hamon et son cousin Germain

La nomination de Jean-Marc Germain comme co-directeur de campagne de Benoît Hamonest un symbole fort envoyé en la matière :

Jean-Marc Germain a ainsi été l’un des précurseurs de la politique de casse sociale durant le quinquennat Hollande. Qui ne se souvient pas qu’il fût dès 2013 rien moins que le rapporteur du texte sur le projet de loi pour l’Accord national interprofessionnel (ANI), texte qui détricote le droit du travail, facilite les licenciements économiques, impose la mobilité interne, installe les accords « compétitivité-emploi », réduit les protections des salariés…

C’est lui qui a sauvé la loi El Khomri en refusant d’apporter au dernier moment son soutien au dépôt d’une motion de censure. Le 11 mai 2016, alors que Manuel Valls avait dégainé le 49-3 pour faire passer le texte, 56 signatures sur les 58 nécessaires avaient été rassemblées pour déposer une motion de censure qui aurait permis de faire tomber le texte. 

Jean-Marc Germain est le mari d'Anne Hidalgo, la maire de Paris, tous deux se sont connus au cabinet de Martine Aubry, alors Ministre de l'Emploi et de la Solidarité

Benoît Hamon sait bien s'entourer de fidèles de la rue Solférino, ce qui explique son zèle PS, tout "frondeur" qu'il voulait paraître, et son refus du programme de Jean-Luc Mélenchon...

Les électeurs jugeront...

 

Un "européen convaincu"

Par francoiscocq

François Hollande était déroutant, Benoît Hamon est fuyant. Là où l’actuel locataire de l’Elysée répondait en 2012 à la campagne de Jean-Luc Mélenchon par un « Mon ennemi c’est la finance » qui s’avèrera comme on pouvait s’en douter mensonger, son dauphin socialiste se lance lui dans une fuite en avant éperdue.

Depuis le Portugal, Benoît Hamon a en effet divulgué les quatre axes de sa « stratégie de relance de la construction européenne » comme autant de portes dérobées. L’occasion pour lui d’essayer d’échapper à l’interpellation de clarification que lui a adressée Jean-Luc Mélenchon au prix d’un approfondissement des vieilles recettes européennes et d’un recyclage des propositions du PS en la matière.

Benoît Hamon ne s’en cache pas : il entend encore « changer l’Europe de l’intérieur » et pour cela « forger une alliance interétatique, politique, et sociétale ». Pour répondre aux vieux objectifs, il reprend donc les vieilles recettes rhabillées en axes de travestissement à défaut de rupture : une relance de l’investissement d’abord, sur le modèle de celle proposée en 2014 par Jean-Claude Juncker mais cette fois-ci « plus efficace ».

Nous voilà rassurés !

Un plan européen pour la transition énergétique ensuite, sur le modèle assumé de la communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), autrement dit la version colorisée de vert du film de 1951, prélude qui déboucha 6 ans après sur la CEE dont Pierre Mendès France jugeait dès 1957 lors de son installation qu’elle consistait en une « abdication de la démocratie ». La mise en place d’une « nouvelle défense européenne » également, là encore en référence à la Communauté européenne de défense (CED) comme en 1952. Mais pour se défendre contre qui aujourd’hui ? La construction de la paix sur le continent européen ne peut plus, comme c’était le cas hier, prendre la forme d’un projet de défense dès lors qu’il  n’y a pas un ennemi identifié… sauf à en faire artificiellement émerger un comme ce fut encore récemment le cas avec la Russie et avec tous les risques de déstabilisation que cela engendre. La fuite en avant européiste par le recyclage des recettes qui ont échoué est conduite à s’enfermer pareillement dans une impasse.

Mais c’est le quatrième axe présenté par Benoît Hamon qui surprend plus encore sur la forme et sur le fond. Le candidat du PS propose en effet la signature d’un nouveau traité budgétaire européen et la mise en place d’une Assemblée de la zone euro composée de députés nationaux en proportion de la population de chaque pays. Sur le fond, on s’interroge encore sur la mise en œuvre pratique d’une telle proposition et la représentation de deuxième degré qu’elle engage : sur quelle base la représentation de la Nation toute entière contenue en chaque député peut-elle être découplée pour que certains, sur la base du même mandat, prennent part à une autre assemblée supranationale ?

La France se réduirait-elle à un village au sein d’une « intercommunalité » européenne en acceptant le principe de proportionnalité de sa souveraineté, quand bien même celle-ci ne fait sens que par son unité ?

Sur la forme, on s’étonne que Benoît Hamon vienne ce samedi apporter un tel contrefeu dans le débat au lendemain de l’interpellation de Jean-Luc Mélenchon qui demandait à ce que des garanties soient données avec notamment « l’arrêt immédiat de l’application des directives européennes mettant en cause les services publics de notre pays et passage au plan B en cas d’échec des discussions avec nos partenaires européens pour mettre fin à la politique des traités budgétaires et des semestres européens ».

Est-ce à dire que Benoît Hamon apporte une fin de non-recevoir sur ces questions, en refusant a priori de poser les conditions du rapport de force comme il le reconnait lui-même lorsqu’il juge que le traité qu’il envisage fera l’objet d’un « dialogue compliqué avec l’Allemagne » ?

Faut-il d’ailleurs voir sa référence à la CED comme un nouveau point d’achoppement revendiqué avec Jean-Luc Mélenchon, lui qui a réaffirmé lors des débats de la primaire du PS son refus de la sortie OTAN et qui sait pertinemment que la CED était rien moins qu’un projet de création d’une armée européenne, avec des institutions supranationales, placées sous la supervision d’un commandant en chef de l’OTAN, quand le candidat de la France Insoumise demande la « garantie de l’indépendance de notre pays vis-à-vis de l’OTAN avec la sortie de cette alliance militaire » ?

Cette pierre jetée par Benoît Hamon dans le jardin de l’unité à l’heure où une démarche de cohérence et de clarification a été engagée par Jean-Luc Mélenchon ressemble plus à une échappatoire pour qui n’est pas capable de les assumer devant les siens.

Car l’ombre du PS fait encore plus que planer au-dessus de Benoît Hamon. La proposition d’assemblée de la zone euro figurait déjà en bonne place dans la résolution PS sur la gouvernance de la zone euro adoptée le 3 janvier 2016. Que ne l’ont-ils portée au niveau européen depuis un an alors même que le PS était aux affaires ?

Pour en mesurer le caractère « subversif », il faut se souvenir que le rapporteur en était à l’époque Christophe Caresche, membre des dits « réformateurs » du PS qui le 31 janvier signaient un appel pour se « mettre en retrait » de la campagne de Benoît Hamon. Sans doute le voilà lui rassuré par le gage donné et la fuite en avant de Benoît Hamon pour rassembler tout ce que le PS compte de chapelles.

Reprise des expériences européennes du passé, portage des solutions du PS canal hollando-historique, contrefeux au dialogue initié par Jean-Luc Mélenchon… Benoît Hamon fait campagne comme s’il cherchait à échapper à une situation qui le rattrape.

A se défiler devant les interrogations légitimes des citoyens appelés à décider de l’avenir du pays, Benoît Hamon assèche le débat démocratique. Celles et ceux qui ont eux un projet cohérent d’humanisme radical émancipateur à proposer à la France ne sauraient encore longtemps courir derrière celui qui n’a finalement que la fuite en avant pour échappatoire.

Tag(s) : #Politique française

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