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L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis provoque un bouleversement majeur dans l'ordre du monde,   par Jean LEVY

par Jean LEVY

L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis provoque un bouleversement majeur dans l'ordre du monde. La Maison Blanche rompt brutalement avec sa stratégie du "libre échange", qui finit par pénaliser la production industrielle au sein même des  USA. Son nouveau président  décide donc l'inversion de ses priorités. Substituant à l'économie numérique, jusqu'ici jugée moteur de la grandeur américaine, Washington prône le retour à l'exploitation maximum de ses ressources naturelles,l'énergie d'abord, pour reconquérir sa puissance industrielle d'antan.

Car les Etats-Unis vont mal : usines en friches, routes, ponts, voies ferrées à l'abandon, population sans emplois stables et sans avenir, une civilisation qui croule, une élite coupée des réalités et qui vit dans une bulle, autant d'obstacles à la primauté des USA dans le monde : c'est cela que Trump veut changer. En faveur du capital, bien sûr.

Ce tête-à-queue se résume par le slogan de la campagne du candidat républicain : "America First !". Et le choix de ses futurs champions - Exxon, Ford, les mines de charbon, la métallurgie - vont supplanter Google, Facebook, Apple et la Silicon Valley, dont les patrons milliardaires, ont perdu la foi en l'avenir*.

Cette nouvelle stratégie américaine inquiète, au sein des Etats-Unis, les milieux d'affaire liés à la "nouvelle économie", et en Europe, les financiers mondialisés et leurs politiciens bien sûr, mais aussi le grand patronat allemand et sa base industrielle, devenus concurrents directs des USA.  

Pourtant alertée par le "Brexit" britannique, la volte-face américaine a donc pris de court l'oligarchie européenne et son économie du "tout financier". A Bruxelles, à Paris, à Berlin, c'est la panique, d'où le déferlement anti-Trump de "l'establishment". Le nouveau président est présenté comme un guignol, vulgaire et misogyne, qui s'amuse à briser le cadre de vie et les conventions du monde raffiné de la bobocratie.

L'Oncle Sam aurait ainsi lâché "l'Europe"...De gendarme du monde, il devient un redoutable commerçant concurrent... Et Bruxelles, Berlin et Paris d'invoquer un "patriotisme européen" pour vendre aux populations soumises, un nouvel "antiaméricanisme" de circonstance.

Et si le danger immédiat se situait maintenant en Europe même, avec une Allemagne dominatrice, tentant de reconstruire autour d'elle et sous sa coupe, un pôle concurrent, certes à celui des puissances émergentes, la Chine la Russie, mais aussi, fait nouveau, aux Etats-Unis d'Amérique ?

Si cela était, cette recomposition mondiale impliquerait, de la part de Berlin, une marche forcée vers une intégration totale des Etats de l'Union européenne avec, disons-le, la collaboration de la bourgeoisie française, sans doute prête à abandonner son siège au Conseil de Sécurité au profit de Berlin, voire sa force de frappe dans le cadre d'une "armée européenne", dont on parle tant aujourd'hui ?

Avec une sous-France réduite aux acquêts, comme elle le fut du temps de Vichy...

Il est donc temps de se poser la question : notre "logiciel"** politique guidait nos analyses depuis la défaite du camp socialiste : l'impérialisme américain était le maître du jeu, le seul leader du capital international, imposant ses vues propres et sa stratégie guerrière dans sa volonté de domination mondiale , ce logiciel n'est-il pas à reconsidérer, pour l'adapter avec aux changements opérés dans le monde ?

La Chine est parvenue aux premières marches du podium avec ses liens étroits tissés avec la Russie, le nouveau rôle politique de celle-ci dans les affaires internationales, l'émergence de forces et d'alliances nouvelles, non inféodées aux USA, tels les BRICS, une banque indépendante de Wall Street ouverte aux pays non alignés, des Etats substituant,  dans leurs échanges, le yuan au dollar, et, depuis novembre dernier, l'entrée de Donald Trump à la Maison Blanche, dictant une politique opposée à celle jusqu'ici suivie par les Etats-Unis, tous ces changements ne nous conduisent-ils pas à reconsidérer notre analyse et donc, notre stratégie ?

* Slate : Selon un article du New Yorker, "Un nombre croissant d’entrepreneurs de la Silicon Valley redoutent que le niveau extrême des inégalités déclenche une instabilité civile et se préparent à un effondrement de la loi et l’ordre», résume Quartz. Notre dépendance vis-à-vis de la technologie semble aggraver le climat d’inquiétude", note le site d’information.

** Par "logiciel", il faut entendre les conclusions auxquelles nous avons abouti à partir de l'analyse marxiste correspondant à l'époque

Lien ci-dessous avec l'article d'Emmanuel Macron

dans le "Financial Times", corroborant notre article

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/ 2017/01/quand-macron-vend-son-projet-europeen-dans-le-financial-times-il-est-temps-pour-les-europeens-de-devenir-souverains.html

Tag(s) : #Impérialisme

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