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Oliver Stone en juillet 2016.

Oliver Stone en juillet 2016.

Les Crises - Des images pour comprendre

Alors que 2016 touche à sa fin, notre nation se trouve dans une situation profondément instable. Nous sommes incapables de tracer les grandes lignes de notre intérêt national. Est-ce que c’est l’emploi et l’économie, est-ce que c’est la sécurité nationale, ou bien est-ce d’assurer la sécurité mondiale, en d’autres termes d’agir en tant que gendarmes du monde ?

Le New York Times “défaillant” (pour citer Trump) dégénère en une organisation style Washington Post avec sa vision stagnante de Guerre froide d’un monde des années 50 où l’on blâme les Russes à propos de presque tout : l’échec d’Hillary, la plupart des agressions et des désordres dans le monde, le désir de déstabiliser l’Europe, etc.

En plus, le Times a introduit le problème des “fausses nouvelles” pour réaffirmer son rôle problématique en tant que voix dominante de l’establishment de Washington. Cela est certainement vrai pour le cas du “piratage” par la Russie dans l’élection de 2016 et pour l’installation de son “candidat mandchou” Donald Trump. Apparemment la CIA (à travers divers fonctionnaires du renseignement restés anonymes), le FBI , la NSA, le Directeur du Renseignement National James Clapper (qui a menti notoirement au Congrès sur l’affaire Snowden), le Président Obama, le DNC (Comité national démocrate), Hillary Clinton, et le Congrès s’accordent tous à dire que la Russie, et principalement M. Poutine, est responsable.

Le Sénateur John McCain, psychotique et amoureux de la guerre, est certainement derrière ces patriotes, désignant le Président Poutine comme “un voyou, une brute et un meurtrier et tous ceux qui le décrivent comme autre chose sont des menteurs.” Il a réellement dit ceci – l’homme qui a sciemment choisi Sarah Palin comme vice-présidente en 2008. Et le Times suit en publiant l’histoire dans toute sa splendeur en page une, clairement en accord avec le point de vue de McCain.

Je ne me souviens pas des présidents Eisenhower, Nixon, ou Reagan, dans les jours les plus sombres des années 50 à 80, ayant jamais pointé du doigt un président russe comme cela. Les invectives visaient le régime russe, mais jamais Khrouchtchev ou Brejnev ne reçurent un tel jet de fiel. Je suppose que c’est une nouvelle forme de diplomatie américaine. Si un jeune noir dans nos cités était tué ou si toute une noce pakistanaise était assassinée par nos drones, est-ce que le président Obama serait désigné comme un meurtrier, une brute, un voyou ? Une telle personnalisation est le signe que notre pensée est malade et se situe bien en dessous de ce que devraient être nos standards.

L’association des vétérans du renseignement US met en doute les allégations de piratage par la Russie (voir le lien en fin du présent article : “US Intel Vets Dispute Russia Hacking Claims”). Cette association comprend l’ex-réformateur de la NSA Bill Binney, un génie des maths qui a inspiré le personnage joué par Nick Cage dans “Snowden”). Il parle là de ce que signifie vraiment “piratage”, par opposition à “fuite”.

Le Times et d’autres médias dominants ont curieusement éludé tout élément contraire à leur théorie, comme ceux présentés par Craig Murray, ex-ambassadeur et porte-parole de Wikileaks, qui dit qu’il a reçu l’information dans un parc de Washington par une personne du parti démocrate qui était dégoutée du comportement du DNC ; Murray l’a ensuite passée à Wikileaks.

C’était une “fuite”, pas un “piratage”, et cela me paraît toujours être la source probable de ce scandale (comme je pense que l’était aussi la fuite “Sony” faussement attribuée à la Corée du Nord, mais c’est une autre question). Et s’il devait y avoir une véritable enquête, elle pourrait très bien mener à la découverte d’un “moment Nixon” d’Hillary Clinton. Les bureaux du DNC n’y étaient manifestement pour rien de bon. Ironiquement, Mme Clinton s’est d’abord fait un nom comme enquêteuse sur le Watergate. Regardez l’article de Mark Ames, “Le Site Derrière la Liste Noire maccarthyste”, traquant cette malhonnêteté jusqu’au journaliste du Washington Post Craig Timber.

Je me souviens bien des années 50, quand les Russes étaient supposés être dans nos écoles, au Congrès, au Département d’État : selon beaucoup de supporters de Eisenhower/Nixon, ils étaient sur le point d’envahir notre pays sans sérieuse opposition (et on me dit paranoïaque !). Ce furent ces mêmes médias qui insistèrent sur notre nécessité d’aller au Vietnam défendre nos libertés contre les communistes, à plus de 9000 kms. Et après que la Peur Rouge eut finalement disparu pour de bon en 1991, rappelons-nous que cela ne s’est jamais terminé.

Cela devint Hussein en Irak, avec ses armes de destruction massive, et le discours sur le “champignon atomique”. Cela devint le Démon, aussi vrai que le procès des sorcières de Salem. Cela fut Kadhafi en Lybie, et puis Assad en Syrie. En d’autres termes, comme une prophétie orwellienne, c’est sans fin, et je vous garantis que cela ne finira jamais – à moins que nous, le peuple, nous qui pensons encore par nous-mêmes dans cette question essentielle, puissions dire “Assez” de cette diabolisation. “Assez, partez,” et que nous puissions leur rire au nez.

Bien sûr, le noyau dur NYT/WaPo publie rarement nos sérieuses contestations et donc nous trouvons refuge dans les médias alternatifs comme The Nation, Consortiumnews, The Intercept, Naked Capitalism, Counterpunch, Zero Hedge, Antiwar.com, Truthdig, Common Dreams, etc. Je pense alors que nous avons été tout-à-fait choqués (mais pas surpris) quand nous avons vu récemment 200 sites web listés comme outils du Kremlin (WaPo, 24 novembre, “L’effort de propagande russe a aidé à répandre des “fausses nouvelles” durant les élections”).

Mon dieu, le fantôme d’Izzy Stone est de retour depuis les années 50 [Izzy Stone était un journaliste américain des années 50 connu pour sa rigueur et son professionnalisme, NdT] et aussi celui de Tom Clancy depuis les années 80 ! De faux thrillers sont maintenant écrits sur les Russes piratant les élections. Ça fera du fric et des séries TV.

Je n’avais jamais lu de telles saletés hystériques dans le New York Times (appelez ça “fausses nouvelles”), dans lequel les éditoriaux sont devenus de dangereuses diatribes sur les supposés crimes russes, beaucoup d’eux supposément écrits par Serge Schmemann, un de ces idéologues qui cherchent encore des russes sous son lit la nuit ; on les appelait “les Russes blancs” dans le temps et comme les Cubains de droite à Miami, ils étaient incapables de vivre sans ces vieilles rancœurs. Schmemann est de toute évidence au sommet du bureau d’édition du NYT. Ce type de pensée a clairement influencé le Pentagone et beaucoup de déclarations de nos généraux, puis a envahi les reportages des MSM [Mainstream Medias, médias dominants, NdT].

Quand une pensée de groupe unique contrôle le débat national, cela devient vraiment dangereux. Dans cet esprit, je donne des liens vers un nouveau groupe de textes cruciaux et de qualité, qui démontrent bien la médiocrité actuelle des médias dominants.

Autant je peux être en désaccord avec Donald Trump (et je le suis), autant il est désormais la cible numéro un de la propagande des médias dominants – jusqu’à ce qu’il se jette sur la piste anti-Kremlin à cause de faux renseignements ou de malentendus concoctés par la CIA. Puis je crains qu’il commence à se battre contre les Russes avec son impétuosité habituelle, et il ne faudrait pas longtemps avant qu’une situation de guerre contre la Russie soit déclarée.

Je n’ai alors aucun doute que notre armée sur-financée (10$ investis pour 1 seul en Russie) n’aura AUCUN sens contre un pays qui croit maintenant (avec le plus grand arsenal de l’OTAN à ses frontières depuis Hitler et la Seconde Guerre mondiale) que les États-Unis sont assez fous pour préparer une attaque préventive.

Dans son analyse intitulée “Le Besoin de Tenir l’Arabie saoudite Responsable”, Robert Parry souligne que ce conflit a ironiquement débuté au cours des années 1980 avec les néoconservateurs qui ont défini l’Iran comme le premier parrain du terrorisme mondial. La manière dont cela nous a conduits au chaos présent est une analyse brillante qui est inconnue du public américain.

Tag(s) : #Etats-Unis

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