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Les affaires Fillon : la France à fric ? par Jean LEVY
Les affaires Fillon : la France à fric ? par Jean LEVY

"canempechepasnicolas"

Selon les révélations du Journal du dimanche, reprises par L'Express, François Fillon s'est fait offrir pour près de 48 500 euros de vêtements depuis 2012, dont une partie offerte par un mystérieux "ami"....

Un ami qui vous veut du bien

"Et alors ?" a répliqué François Fillon, quand celui-ci a été interrogé sur les petits cadeaux dont il a bénéficié, et qui renforcent, c'est bien connu, l'amitié.

Deux costumes pour  17.000   euros, achetés chez l'un des tailleurs les plus chics de Paris,ce n'est pas à la portée du premier smicard venu, ni même en rapport avec les indemnités perçues par dame Pénélope à l'Assemblée Nationale.

Donc, c'est un ami qui, comme ça, a offert ce cadeau de prix au candidat des Républicains, qui trouve ce présent tout-à-fait normal : l'amitié n'a pas de prix.

Ce qui n'empêche pas le candidat François Fillon d'annoncer une pauvreté renforcée pour tous ceux qui ne s'habillent pas chez  Arnys... Tant pis si ceux-ci n'ont pas d'amis généreux pour régler l'addition. Ils ne sont pas les intimes de la France à fric, ni de la France-Afrique. Pas le moindre Roger Bourgi dans leurs relations. François Fillon, lui, est pourtant de ceux-là.

Mais qui est Roger Bourgi, et pourquoi le nom de ce cher ami, provoque de l'émotion dans le Tout-Paris ?

Lisons attentivement ce qu'en dit franceinfo...

Un acteur de la "Françafrique"

Cet avocat de formation de 71 ans – qui assure, dans Le Monde, n'avoir jamais plaidé – est un fin connaisseur de l'Afrique. Et pour cause : né à Dakar (Sénégal), ce fils d'un négociant libanais est considéré comme le fils spirituel de Jacques Foccart, le "Monsieur Afrique" de Charles de Gaulle qui "a défendu le pré carré français en Afrique" jusqu'à sa mort, rappelle Libération.

La carrière de Robert Bourgi a donc consisté à entretenir des liens privilégiés avec les dirigeants africains, comme l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo ou Omar Bongo, l'ancien président gabonais. "Je suis le seul à Paris qui peut dire à un ministre africain, sans qu’il en prenne ombrage : 'Tu m’emmerdes, sale nègre !'", résume-t-il dans Libération. En l'occurrence, il appelait plutôt "papa" Omar Bongo, à l'africaine. "Bongo était tout à la fois son client, peut-être son ami" et le parrain de sa fille. C'est d'ailleurs lui qui a annoncé la mort du dirigeant gabonais aux médias français, raconte Le Monde.

Sur 20minutes.fr, Antoine Glaser, journaliste spécialiste de la "Françafrique", détaille davantage le rôle discret de Robert Bourgi : "Bourgi était une sorte de porte-parole, il rendait compte de toutes les humeurs d’Omar Bongo. Par exemple, quand un ministre de la Coopération déplaisait au dirigeant gabonais, on en changeait." De son côté, Le Monde précise que si son influence a légèrement diminué depuis les années 1980, il entretient toujours son réseau dans "cinq ou six pays"

Un ami de la droite française

Son entregent et son carnet d'adresses fourni constituent des biens précieux pour les entreprises et les hommes politiques désireux de nouer des liens avec le continent africain. Et notamment ceux classés à droite de l'échiquier politique. Comme l'explique 20 Minutes, les liens entre Robert Bourgi et la droite française relèvent de l'héritage familial. Son père fut l'un des premiers adhérents du Rassemblement du peuple français de Charles de Gaulle et surtout "l'homme de confiance" de Jacques Foccart à Dakar.

C'est donc sans surprise que le fils se rapproche du RPR, puis du "club 89" d'Alain Juppé, créé après la victoire de François Mitterrand. Dans les années 1980, Robert Bourgi devient le conseiller Afrique de Jacques Chirac, puis de Dominique de Villepin, avant de rejoindre le camp de Nicolas Sarkozy en 2005. Ce dernier le décorera d'ailleurs de la Légion d'honneur et lui accordera le renvoi du ministre de la Coopération de l'époque. Ce dernier avait "déclaré vouloir mettre fin à la Françafrique", s'attirant les foudres d'Omar Bongo, raconte Le Monde

... et un proche de François Fillon 

Outre les valeurs politiques qu'ils partagent, l'amour des belles voitures a-t-il aussi rapproché Bourgi et Fillon ? L'avocat parisien – qui roule en Maserati – connaît en tout cas le Sarthois depuis longtemps. Selon Le Monde, l'amitié s'est consolidée en 2012. Robert Bourgi avait alors ouvert son carnet d'adresses à François Fillon, alors député de Paris, devenant son conseiller de l'ombre sur les questions africaines.

"En novembre 2013, il avait notamment contribué à l'organisation de son voyage au Sénégal, puis en Côte d'Ivoire, où il entretient les meilleures relations", raconte le quotidien du soir. Il a aussi essayé de réconcilier Nicolas Sarkozy et l'ancien Premier ministre. "En vain", note le journal.

Non content de fournir de précieux conseils, l'avocat semble aussi vouloir soigner l'image de son ami, à coups d'achats conséquents. Le 7 décembre dernier, soit neuf jours après la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, il a ainsi passé commande de deux costumes sur mesure qu'il lui a ensuite offerts. En attendant d'être éventuellement entendu par les enquêteurs, il a assuré à l'AFP l'avoir fait de bon cœur, sans "conflit d'intérêts ni trafic d'influence"....

Puisqu'on vous le dit...

Dernière minute : François Fillon est toujours candidat

 

Tag(s) : #Politique française