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NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

NEW YORK, NY – 5 Avril – L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nations Nikki montre des photos des victimes de l’attaque chimique. (Photo by Drew Angerer/Getty Images)

Les Crises - Des images pour comprendre

Scott Ritter est un ancien officier de renseignement et ancien inspecteur en armement de l’ONU en Irak de 1991 à 1998.

Source: The Huffington Post, le 09/04/2017

La responsabilité de l’attaque aux armes chimiques à Khan Cheikhoun est toujours source d’interrogations.

Il fut un temps où Donald Trump, l’« homme d’affaires new-yorkais devenu président », vociférait en septembre 2013 contre le président Barack Obama à propos de la non intervention militaire américaine contre la Syrie. À cette époque, les États-Unis envisageaient l’utilisation de la force contre la Syrie en riposte aux allégations (désormais largement contestées) que le régime du président Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques contre des civils de la Ghouta, dans la banlieue de Damas. Trump tweetait alors « avertissement à notre leader très stupide, n’attaquez pas la Syrie, si vous le faites il n’en résultera que du mauvais et les É-U ne retireront rien de ce combat ! »

Le président Obama, en dépit de ses déclarations publiques affirmant qu’il déclencherait une action militaire américaine si la « ligne rouge » de l’utilisation des armes chimiques était franchie, renonça finalement à lancer une offensive. Ce recul était largement fondé sur les avertissements de James Clapper, Directeur du renseignement national, indiquant que les responsabilités de l’utilisation des armes chimiques lors de l’attaque de la Ghouta ne pouvaient être clairement établies.

Le président Obama, lors d’un entretien en 2016 avec The Atlantic, observait : « il y a un manuel à Washington que les présidents sont sensés suivre. C’est un manuel écrit par l’establishment de la diplomatie. Et le manuel prévoit des solutions pour différents événements, et ces solutions tendent à être des solutions militarisées. » Pour Obama, si le « manuel de Washington » peut être utile en temps de crise, il peut également devenir « un piège qui peut mener à des décisions néfastes. »

Sa « ligne rouge » concernant l’utilisation des armes chimiques, combinée avec les discours enflammés de ses plus proches conseillers, dont le secrétaire d’État John Kerry, faisant allusion à une réponse militaire, était l’un de ces pièges. Finalement, le président Obama choisit de reculer, au motif que « larguer des bombes uniquement pour démontrer que l’on est prêt à larguer des bombes est tout simplement la pire raison d’utiliser la force. » Les médias, les Républicains et même des membres de son parti ont condamné Obama pour cette décision.

Toutefois, en novembre 2016, Donald Trump, alors président-élu, renchérissait sur la reculade d’Obama par rapport au « manuel de Washington ». La situation sur le terrain en Syrie a fondamentalement changé depuis 2013. L’État islamique en Irak et en Syrie avait pris le contrôle de larges territoires en Irak et en Syrie, établissant une « capitale » à Raqqa, en Syrie, et proclamant la création d’un califat islamique. Les tentatives américaines pour que le président syrien Assad quitte le pouvoir commençaient à porter leurs fruits, forçant la Russie à intervenir en septembre 2015 afin de prêter main forte au président assailli.

Trump, en rupture avec les positions dominantes de la plupart des acteurs politiques américains, Républicains comme Démocrates, déclara que les États Unis devaient s’attacher à combattre et vaincre l’État islamique (ÉI) plutôt que de viser à un changement de régime en Syrie. « Pour moi, » déclarait Trump, « on combat la Syrie, alors que la Syrie combat l’ÉI, et il faut se débarrasser de l’ÉI. La Russie est maintenant totalement alignée avec la Syrie, et il y a aussi l’Iran, devenu plus puissant à cause de nous, qui est aussi aligné avec la Syrie… Maintenant nous soutenons les rebelles contre le gouvernement syrien, alors que nous n’avons aucune idée de qui ils sont vraiment. » En outre, pour Trump, compte tenu de la forte présence russe en Syrie, si les États-Unis s’attaquaient à Assad, « nous finirions par combattre les Russes en combattant la Syrie. »

Durant plus de deux mois, la nouvelle administration Trump propageait l’idée que Donald Trump avait, comme son prédécesseur avant lui, balancé le “manuel de Washington” par la fenêtre en ce qui concernait la politique syrienne. Après avoir lancé une série d’ordres de nouveaux déploiements militaires en Syrie et en Irak visant spécifiquement le combat contre l’ÉI, l’administration Trump commença à communiquer sur un changement majeur de politique vis-à-vis du président syrien.

En août 2011, le président Obama déclarait que le changement de régime à Damas était un pré-requis pour l’arrêt de la guerre civile qui faisait rage depuis avril 2011. Pour la première fois depuis cette prise de position, des représentants officiels du gouvernement américain déclaraient que ce n’était plus le cas. “On choisit ses combats,” affirmait Nikki Haley, ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, à des journalistes le 30 mars 2017. “C’est-à-dire que l’on change de priorités et notre priorité n’est plus de se focaliser sur l’éviction d’Assad.” Les déclarations d’Haley étaient relayées le même jour par le secrétaire d’État Rex Tillerson en visite officielle en Turquie, “Je pense que… l’avenir à long terme du Président Assad sera décidé par le peuple syrien.”

Ce nouvel axe politique a duré à peine cinq jours. En début d’après-midi le 4 avril 2017, des images et clips vidéo alarmants commençaient à être diffusés depuis la province syrienne d’Idleb par des activistes anti-gouvernement, dont des membres des “Casques Blancs”, une équipe de secouristes bénévoles dont le travail a été filmé dans un documentaire éponyme récompensé par un Oscar. Les images montrent des victimes à divers stades, y compris décédées, victimes selon les activistes d’une exposition à des armes chimiques larguées par les forces aériennes syriennes sur la ville de Khan Cheikhoun le matin même.

Les images de ces morts tragiques ont immédiatement été diffusées par les médias américains, commentés par des experts dénonçant l’horreur et l’atrocité de l’attaque chimique, qui a été presque unanimement attribuée au gouvernement syrien, bien que l’unique preuve fournie provenait d’images et témoignages d’activistes anti-Assad, lesquels dénonçaient le revirement de la politique américaine vis à vis du changement de régime en Syrie quelques jours auparavant. Le président Trump a vu ces images...

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http://www.les-crises.fr/des-hommes-dinfluence-al-qaida-aurait-il-manipule-donald-trump-et-les-medias-americains-par-scott-ritter/

Tag(s) : #Etats-Unis