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Mélenchon assure qu'il ne veut sortir ni de l'Europe ni de l'euro.. : une déclaration qui pose problème... par Jean LEVY

Jean-Luc Mélenchon :

 "Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : 'il veut sortir de l'Europe, de l'euro' (...), allons, un peu de sérieux",

a déclaré le candidat de La France insoumise

" canempechepasnicolas" :

par Jean LEVY

Cette déclaration pose problème à de nombreux électeurs prêts à voter Mélenchon. En effet, il est clair que l'application d'une politique progressiste n'est pas compatible avec la discipline imposée aux Etats de l'Union européenne par la Commission de Bruxelles, elle-même expression de l'oligarchie financière,  maître d'oeuvre de cette forteresse de l'argent-roi.

Laisser croire au miracle d'un Juncker ou d'une Merkel permettant à un Etat comme la France de choisir une autre voie que celle dictée par les intérêts des multinationales européennes, allemandes en premier, c'est créer l'illusion mortifère qui conduirait à la démobilisation populaire, comme dans les années 80, avec l'expérience Mitterrand, ou en Grèce après la trahison de Tsipras...

Alors que faire ? Comment voter dimanche ?

Certains amis et camarades ont tranché : voter Mélenchon participe de la duperie, et pour eux point de salut hors d'un vote tranché pour Asselineau, qui le plus clairement des candidats exprime la volonté concrète de sortir de l'Union européenne en recourant,comme les Britanniques, à  l'article 50 et aux longues négociations prévues dans le cadre du traité.

Cette position a le mérite de la clarté.

Mais quelle politique poursuivre durant cette période ? Ne pas se soucier des interdits européens et nationaliser les secteurs clefs de notre économie ? Mais croit-on que les autorités de Bruxelles laissent faire et admettent la sécession française sans réagir ?

Le croire, c'est verser dans l'hypothèse Mélenchon...

Car, rompre avec l'Union européenne, c'est briser la construction mise en place par les puissances financières, c'est à dire la financiarisation de l'économie, toujours plus concentrée, à partir d'un terrain de chasse ouvert à la concurrence sans limites, débarrassé d'obstacles juridiques, de frontières, de contraintes légales, de protections sociales (lois nationales, codes du travail, droits de douanes ...)  "La libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises" n'est-ce pas  'le sens commun' de l'Union, sa bible, son horizon ?

Alors, qui peut croire que "légalement ", Berlin et sa succursale de Bruxelles laisseront sans réagir se développer le processus de dislocation de l'Union européenne ?

Peut-on penser que le capital financier globalisé va-t-il se faire harakiri ?

Ne croit-on plus à la lutte de classe, dans la phase terminale du capitalisme,  alors que cette lutte  est plus âpre que jamais, l'impérialisme luttant pour sa survie ?

Mais, pourraient dire certains amis, tout cela, on le sait, et ces considérations théoriques ne règlent pas le vote de dimanche prochain.

Certes, mais rappeler ces quelques vérités montrent que ce vote ne constitue qu'un moment de la lutte, et quel que soit le bulletin déposé dans l'urne le 23 avril 2017, il faut être conscient que le combat qui va s'engager dans les semaines et mois qui vont suivre nécessitera le rassemblement de tous ceux et celles qui, à la Présidentielle, voteront différemment. 

Ceux qui voteront Mélenchon ont en tête l'offensive que le monde de l'argent compte mener une fois élu, l'un de ses candidats, Macron ou Fillon. Le programme de ceux-ci en font foi. C'est la descente aux enfers promise pour les salariés, les chômeurs, les retraités. Cette perspective ne peut laisser indifférent aucun camarade, aucun militant.

Mais voter Mélenchon n'a qu'un intérêt : celui de capitaliser des millions de bulletins en sa faveur pour permettre de redonner confiance afin de poursuivre dans la rue et dans les entreprises le sursaut populaire indispensable, l'insurrection sociale nécessaire pour battre le Capital.

Sans cette levée en masse des salariés et des jeunes, aucun scrutin ne suffit pour infliger une véritable défaite au grand patronat et à ses porte-voix politiques. 

L'expérience de mai-juin 36 pour le positif, mai 81 dans le sens contraire, le prouve.

Telle est la morale de cette Histoire que nous vivons.

 

Le candidat de la France insoumise considère les autres pays de l'Union européenne ni comme des ennemis, ni comme des maîtres, mais comme des "partenaires".

Le candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon a assuré mardi qu'il ne souhaitait sortir ni de l'Europe ni de l'euro, enjoignant ses détracteurs à "un peu de sérieux" sur cette question, lors d'un meeting à Dijon. "Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : 'il veut sortir de l'Europe, de l'euro' (...), allons, un peu de sérieux", a déclaré le candidat de La France insoumise dont le discours est retransmis par hologramme dans six autres villes françaises.

"Sûr" de parvenir à renégocier. Il a évoqué des "enjeux immenses de savoir si nous allons nous opposer les uns aux autres en Europe ou si nous allons faire baisser les tensions qui existent entre les peuples". Attaqué par ses concurrents sur sa volonté d'appliquer immédiatement son plan B consistant à sortir des traités européens avec les pays qui souhaitent accompagner la France, Jean-Luc Mélenchon s'est dit "sûr" de parvenir à négocier une modification des traités. "Je suis sûr d'y arriver parce que jusqu'a présent personne (en France) n'a jamais dit 'non'", a-t-il argumenté devant, selon son équipe, plus de 35.000 personnes réparties en sept sites.

Il a rappelé qu'en Europe, les autres pays "ne sont pas nos ennemis mais ne sont pas aussi nos maîtres, ils sont nos partenaires et dans un partenariat on discute des problèmes pour les régler".

 

Tag(s) : #Politique française