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Naufrage d’une journaliste, dérive du journalisme,  par Jacques SAPIR

RussEurope

Blog de Jacques Sapir sur la Russie et l'Europe

 

Le Monde me consacre un article dans son numéro du 12 avril 2017, sous la plume de Raphaëlle Bacqué[1]. Je ne discute pas ici le fond de cet article. Chacun a le droit d’avoir son opinion et de juger, en bien comme en mal, ma trajectoire.

Je veux par contre reprendre les erreurs factuelles de cet article, et elles sont (trop) nombreuses. Il est regrettable que l’auteure ne m’ait pas consulté sur son texte, car je les lui aurais signalé et elle aurait pu les corriger. Certaines de ses erreurs sont mineures par rapport à l’économie de l’article, mais d’autres non et déforment de manière grave la réalité. Il y a aussi des approximations qui sont gênantes par ce qu’elles pourraient induire. Mme Bacqué procède au mieux par approximations, au pire par insinuations détestables. Ce sont de telles pratiques qui ont contribué au discrédit dont souffre le journalisme, et en France tout particulièrement[2]. Je laisse donc ici le lecteur se faire une opinion:

 

  • Le chapeau de l’article donne le ton de ce dernier et annonce les inexactitudes. Je ne « côtoie » pas la nomenklatura russe car cette dernière n’existe pas. On peut parler de « l’élite » ou des oligarques mais le terme de nomenklatura, qui est employé à la fois dans le « chapeau » comme dans le corps du texte est largement inexact car il ne s’applique qu’au système soviétique. Pour qu’il y ait une « nomenklatura » il faut un parti unique à la soviétique. Je ne côtoie donc pas cette « nomenklatura » ni même « l’élite » à la Moskovskaya Shkola Ekonomiki. Cette formule est en réalité injurieuse pour cette institution qui n’est pas un club d’oligarques ou de l’élite russe mais une institution universitaire d’excellence. La MSE est un département de l’Université de Moscou (MGU) avec 350 étudiants en licence, une centaine en Master et une vingtaine dans l’aspirantura autrement dit préparant l’équivalent de l’ancienne thèse de 3ème cycle en France. Les collègues que je côtoie sont des économistes et des mathématiciens réputés, certains sont membres (à titre plein ou comme « membres-correspondants ») de l’Académie des Sciences de Russie. Je suis un ami personnel de certains comme Alexandre Nékipelov (le directeur de la MSE), que je connais depuis 1993 ou Sergey Shakin, son numéro deux. L’auteure aurait pu se donner la peine d’aller sur le site de la MSE-MGU (en russe et en anglais), et elle aurait vu que j’y côtoie aussi des collègues américains comme les professeurs James Galbraith, Mike Intriligator, ou néerlandais comme le professeur Mike Ellman.
  • Par ailleurs je n’enseigne pas « plusieurs semaines par an » à la MSE-MGU mais une semaine par an en tout et pour tout. L’auteur semble avoir confondu, en dépit de ce que je lui avait dit, le travail de recherche que je conduis avec des chercheurs de l’Académie des Sciences (et en particulier de l’INP-RAN du professeur Viktor Ivanter) et mon travail à la MSE-MGU.
  • Puisque l’auteure de ce texte parle de ma famille, elle devrait le faire avec exactitude. Je ne suis pas « ce fils d’une famille de la bourgeoisie juive », une formule qui a des relents d’antisémitisme des années 1930. Ma famille se définissait comme une famille française. Par ailleurs, je signale à l’auteure qu’un enfant (moi, en l’occurrence) a une mère et un père. Il aurait été au minimum courtois de la mentionner. Et ma mère est née à Nice (Alpes-Maritimes) d’une famille établie à Vence où son père (mon grand-père maternel) était pharmacien et sa mère (ma grand-mère maternelle) institutrice. Mon père, quant à lui,...
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  • http://russeurope.hypotheses.org/5908
Tag(s) : #Médias

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