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Portugal, 

25 avril 1974 

"canempechepasnicolas"

s'en souvient...

 

Nous sommes en 2016. 

Et, 42 ans après, ce 25 avril 74 reste accroché au cœur du peuple portugais, comme pour nous, la prise de la Bastille. Certes, tous les espoirs qui enivraient cette foule, ces jours-là, n'ont pas donné toutes leurs promesses.  Mais la soif de liberté et de progrès social ne s'est pas apaisée.

Les nombreuses mobilisations populaires, massives et déterminées, contre la misère engendrée par Bruxelles et sa Commission européenne, ont permis de chasser du pouvoir, il y a quelques mois, les politiciens de droite qui en étaient les plus serviles marionnettes. Le PCP vigilant soutient la nouvelle équipe au pouvoir, qui a dû alléger les chaînes pesant sur le peuple.


Mais la lutte continue !  

Avec une centrale syndicale de classe et de masse - la CGTP, - qui mène la lutte sociale au quotidien.

La grève du port de Lisbonne, ces jours derniers, en est la démonstration.

Aussi, le 25 avril voit, chaque année, le peuple commémorer l'évènement comme un gage de son espoir toujours vivace de libération sociale et nationale. 

 

 

Quelle nuit! Quelle joie! Quel espoir! 

Le 25 avril 1974 au matin

c'était la Révolution au Portugal !

 

Lisbonne, couverte d'oeillets rouges, se libérait de 48 années de dictature fasciste ! Le peuple portugais, les soldats et leurs capitaines en révolte fraternisaient dans les rues, les places et les boulevard de la capitale du Portugal

Tout cela avait commencé dans les casernes, tard dans la nuit : une chanson, Grandola, diffusée sur les ondes à minuit, donnait le signal.

Les chars convergeaient vers le centre et occupaient les lieux stratégiques, la population, le petit peuple en tête, couvrait d'oeillets rouges les blindés libérateurs, et offrait aux fusilliers-marins ces fleurs, qui allaient orner leurs armes.

Cette rencontre et cette entente entre le peuple et ses soldats permirent la victoire de la liberté.

Mais il faut savoir qu'une résistance populaire, animée par le Parti Communiste Portugais, et son secrétaire -général, Alvaro Cunhal, réduit à la clandestinité depuis des décennies, avait ouvert le chemin de la Révolution des Oeillets et à sa victoire.

D'un côté, cette résistance populaire et ses combattants communistes, victimes d'une féroce répression, les tortures généralisées  et les cachots de la police politique du régime, la PIDE, menaient le combat quotidien sur le plan social.

Ils se mobilisaient à l'occasion du "Premero de Maio" ,journée de lutte des travailleurs, organisant des luttes dans les entreprises, les chantiers navals, contre l'exploitation patronale.

D'autre part, ces militants héroïques combattaient les guerres coloniales sanglantes et prolongées, menées en Angola, au Mozambique et en Guinée Bissau.

'Nao a guerra colonial !", pouvait -on voir inscrit sur les murs.

C'est à partir de cette réalité que se sont retrouvés officiers subalternes et prolétariat urbain et agricole dans le combat convergeant contre le pouvoir des dictateurs, d'abord Salazar et puis  Caetano, appuyés par les pays dits "démocratiques", la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

  

 Jean LEVY :

Je m'en souviens !

 

"J'ai eu l'immense bonheur, le 30 avril 1974, de faire partie de la délégation confédérale de la CGT, invitée pour participer

au premier 1er MAI libre à Lisbonne.

En effet, depuis 1972, j'opérais la liaison avec les syndicats clandestins portugais et la CGT française, à partir de nombreux voyages à Lisbonne, en particulier avec le Syndicat des Banques, et ceux de la Métallurgie, depuis ma présence clandestine au procès de trois militants de ces organisations, condamnés à deux ans de forteresse,

après des jours et des jours de tortures par la PIDE.

Libérés, au bout de leur peine en 1973, la CGT française leur offrit un court sejour de repos en France pour leur permettre d'effacer les effets de la détention.

Depuis lors, j'ai gardé longtemps une amitié fraternelle avec ces camarades au cours de séjours renouvelés au Portugal.

Je me souviens du matin du 26 avril 1974, où à Lille en déplacement syndical, j'appris le "golpe" militaire à Lisbonne, ne sachant pas encore s'il s'agissait d'un "coup" de droite ou de gauche...jusqu'au moment où l'information fut donnée selon laquelle

c'était "Grandola" qui en avait signifié le départ.

Or, je connaissais la chanson clandestine, fort répandue dans les milieux de la résistance communiste, que je fréquentais au Portugal.

D'où ma joie sans borne... 

Je me souviens donc de mon arrivée à Lisbonne, le 30 avril 1974, dans le même avion que des réfugiés politiques, dont Alvaro Cunhal, lui-même, évadé de prison après 10 ans de détention et un exil à Prague.

Je me souviens de cette "Internationale" entonnée par tous ceux qui allaient retrouver leur patrie et leur combat, alors que la Caravelle tournait au-dessus de la capitale portugaise, avant de d'atterrir...

Je me souviens de l'accueil à la sortie de l'aéroport, du blindé sur lequel les soldats auréolés d'oeillets rouges, faisaient monter Alvaro Cunhal, au milieu d'une foule enthousiaste...

Je me souviens du meeting du Premier Mai, de la tribune où j'étais, tout près d'Alvaro (et aussi du leader socialiste, Mario Suarès, qui avait passé les dernières années de la dictature en France), face à 100.000 personnes, chantant l'hymne portugais, "l'Internationale"

 

et ..."Grandola"...

 

Couverture

 

 

         

Tag(s) : #Europe, #Europe Portugal

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